REVUE DE PRESSE !
[UNE PROF EN FRANCE]
De l’argent ?
On en trouve pour financer des projets à l’étranger
On en trouve pour financer des projets à l’étranger

Quo usque abuteris, Macro, patientia nostra ?
Jusqu’à quand supporterons-nous la gabegie scandaleuse d’un État devenu fou ?
Avez-vous eu la curiosité d’aller flâner du côté d’Expertise France, l’agence française de coopération technique internationale ?
On ne peut pas payer des AESH pour accompagner nos élèves en difficulté, mais on donne un million pour « la préservation et la valorisation du patrimoine mauricien ».
On ne peut pas équiper correctement nos classes en ordinateurs, mais on participe aux 18,8 millions du projet Agustine, qui « vise à renforcer les opportunités éducatives et d’inclusion pour les adolescents et les jeunes en situation de vulnérabilité au Salvador » et aux 4,2 millions du « Africa connect digital campus », qui doit « accélérer la transformation numérique de l'enseignement supérieur et de la recherche au Bénin, en Côte d'Ivoire et au Togo ».
On n’a pas de budget pour apprendre le français aux élèves allophones qu’on intègre dans nos classes, à n’importe quel moment de l’année, ni même d’ailleurs pour apprendre un français correct à nos enfants, mais on a 14 millions pour « renforcer les compétences en langues de scolarisation (arabe et français) » des élèves tunisiens.
On n’enseigne plus l’histoire de notre pays à nos jeunes, mais on débloque 2 millions pour le projet « Horizons partagés » afin de contribuer « au travail sur les mémoires et les perspectives communes au sein de l’UE auprès de la jeunesse en Europe du Sud-Est (Albanie, Bosnie-et-Herzégovine, Kosovo, Macédoine du Nord, Monténégro, Serbie) ».
Un rapport de l’Assemblée nationale publié en décembre 2023 indique que 10 % du parc scolaire français (donc 6 000 établissements) présenteraient un état de vétusté important, apprécié selon des critères de sécurité, de salubrité, d’hygiène et d’état de l’enveloppe des bâtiments, mais on donne 3,2 millions pour « créer le musée de l’épopée des Amazones et des Rois du Danhomè et [...] valoriser le site palatial pour réaffirmer le patrimoine national et l’attractivité touristique » du Bénin et on a aussi donné 4,3 millions pour la restauration du palais national d’Addis-Abeba en Éthiopie, et 1 million pour la modernisation du musée national du Cambodge.
On a coupé, puis remis, puis recoupé les budgets du Pass Culture, ce qui a entraîné l’annulation de nombreuses sorties et activités culturelles pour nos élèves, mais le ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères a trouvé 1 million d’euros pour le projet Iraqi Cinematheque, qui « vise à former des professionnels irakiens au diagnostic, à l'inventaire, à la restauration et à la numérisation des archives films irakiennes dans l'optique de valoriser la mémoire culturelle du pays ».
On a dû attendre quatre ans pour que la mairie place devant le collège quelques barrières pour sécuriser la place par rapport aux cars et aux voitures, mais on a 50 millions pour la « transformation urbaine de la ville de Boma », au Congo.
Mon collègue de musique a un budget de 200 euros par an pour couvrir tous ses projets, j’ai financé sur fonds propres la pièce de théâtre que nous avons montée ensemble avec nos élèves, ma collègue d’arts plastiques a elle aussi un royal budget annuel de 200 euros, que l’on compte au centime près, mais on a 500 000 euros pour l’expansion de l’industrie musicale ghanéenne, et autant pour un projet de structuration de l’industrie musicale palestinienne.
Dans mon établissement, on n’a presque aucun équipement sportif.
Mes collègues, dévoués, font ce qu’ils peuvent avec des bouts de ficelle, quelques ballons, des cerceaux, des dossards qui leur ont été offerts par le Rotary Club, mais l’Agence française de développement a débloqué 10 millions en 2 ans pour utiliser « le sport et la culture comme leviers pour réduire les inégalités de genre en faveur de la jeunesse congolaise et des femmes en particulier ».
Et vous, vous n’avez pas un projet à faire financer ?
Pour cela il faut qu’il soit un peu farfelu, que son utilité ne saute pas immédiatement aux yeux, et surtout qu’il concerne des gens qui habitent loin, bien loin.
[VOS COMMENTAIRES] « Tous ces gueux sont trop ignares »…

La France, cette semaine, célébrait sa fête nationale, mais il a été difficile pour les lecteurs de BV de trouver des motifs de se réjouir…
QR code ou pas QR code, telle est la question
D’abord parce que ce fameux 14 juillet, le dernier sous la présidence d’Emmanuel Macron, laisse à nos commentateurs un goût amer…
Pour JPG, en effet, notre président « aura bien profité de la fonction et partira plein d’orgueil toujours aussi persuadé qu’il aura été le meilleur président qui ait jamais conduit le système républicain ». En effet, ajoute-t-il sarcastique, « après tout, les meilleurs compliments ne sont-ils pas ceux qu’on se fait à soi-même ? »
Philippe Pierre 69 se demande, lui, si ce défilé serait bien « l’un des derniers actes de la mauvaise pièce de théâtre à l’affiche depuis bientôt dix ans ». Il faut avouer que ladite cérémonie a tourné à la mauvaise comédie : QR code ou pas QR code, telle était la question…
Quand la justice l’a annulé, d’ailleurs, Di Cluz y a vu « une parfaite démonstration de la démocratie à la Française : il existe un "Truc" pour contrer un autre "Truc". Mais on ne demande jamais l’avis du peuple directement car tous ces "gueux" sont trop ignares. »
Pour Anne-Marie Castin c’était un beau « paradoxe français : les illégaux entrent facilement en France mais il faut un QR code pour qu’un Français puisse assister à la commémoration de la révolution de 1789 ! »
PHN1250 n’a pas manqué non plus de relever le comique de la situation en la comparant à l’immigration irrégulière en France qui voit arriver des clandestins repartir avec une prime : c’est que, dit-il, « on rentre comme on veut en France, sauf le jour de la fête nationale sur les Champs où il faut une carte d’identité et un QR code » !
Sans compter, en plus, que, même si le gouvernement se félicite, les violence urbaines, elles, ont bien perduré pendant le 14 juillet…
Alors, interroge Did29, « peu importe l'autosatisfaction gouvernementale, quel pays au monde doit mobiliser en proportion 70 000 membres des forces de l'ordre pour empêcher des émeutes et pillages le soir de sa fête nationale ? »
Et notre commentateur se demande bien aussi « quelle est la partie de la population qui profite de tout événement d'ampleur pour casser et mettre à sac ».
Un feu d’artifice de bêtises
Il faut dire que cette semaine, nos politiques aussi ont participé à la fête avec un véritable feu d’artifice qui, loin de ravir nos lecteurs, les a plutôt affligés.
À Ivry-sur-Seine, par exemple, la mairie PC se voyait bien subventionner le Mali comme si la France n’avait pas déjà assez donné…
Pour Duriez, pourtant, « subventionner un pays qui nous a jetés dehors, du délire et une ineptie ». Aussi, continue-t-il, « il est urgent d’interdire aux collectivités locales de subventionner des actions qui se déroulent hors de leur circonscription, sauf exception accordée par le préfet ».
Santabou relève que « si la mairie distribue de l’argent au Mali c’est qu’elle n’en a pas besoin [et qu’]il faut donc impérativement que l’État lui baisse ses dotations annuelles car d’autres mairies en feront certainement meilleur usage ».
Pour Jacques62, « ce devrait tout simplement être interdit [et] les budgets municipaux ne devraient servir qu’à des actions communales et pas à de la politique internationale [puisque] le Quai d’Orsay est là pour cela. »
Mais la mairie d’Ivry n’est pas la seule à avoir affligé les lecteurs de BV : apprendre que Villepin kiffe le rap ne leur a pas beaucoup plu non plus …
Pour Cash, « le clientélisme de ce monsieur est immonde », tout simplement. Ray1349, lui, ironise : « il y avait l’homme qui parlait à l’oreille des chevaux. Maintenant il y a les racailles qui parlent à l’oreille des vieux canassons... »
Le verdict de Jean-pierre dermagne n’est pas plus tendre et s’il remarque que « nombreux naguère lui trouvaient de la classe, aujourd’hui il sombre dans la démagogie.
Il veut jouer du violon pour gagner des voix. Mais l’instrument est assez peu compatible avec le rap. »
On se demande quand même si dans les candidats en lice pour 2027, le pire est vraiment Villepin.
En apprenant que le parti de Gabriel Attal attaquait celui de Marine Le Pen pour contrefaçon sur le mot « Renaissance », Jean-Pierre dermagne lui fait assez justement remarquer que « le mot "renaissance" n’est la propriété de personne en particulier [mais qu’] il appartient à la langue française » et, notre lecteur, ne manquant pas une occasion si belle de tacler Monsieur Attal, ajoute que si ce dernier « a débuté sa campagne en indiquant qu’il avait une "petite idée" sur la manière de gouverner la France, on aurait préféré qu’il en ait une grande [et], il semble bien qu’il dispose également d’idées très étroites sur la langue française ».
Faut-il lui jeter la pierre ? Ce n’est pas sûr, tant cette semaine certains ont donné l’impression de jouer aux concours de la sortie la plus absurde.
Ainsi, en apprenant que Mélenchon fustige la stupidité du capitalisme et la désigne comme responsable des incendies, CMP trouve quand même que « dans le cas des incendies, [c’est] curieux que Mélenchon et ses séides, ainsi que l’hypercentre, n’aient pas eu l’idée d’incriminer le RN, "le parti à la flamme" ! »
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