REVUE DE PRESSE
Emmaüs entre en campagne contre l’extrême droite : quand le caritatif se mue en militant (en partie aux frais des contribuables)
Soixante-douze ans plus tard, l’association qu’il a créée vient de voter lors de son assemblée générale annuelle une motion faisant de la lutte contre l’extrême droite « une priorité absolue des prochains mois » — une première dans l’histoire du mouvement.
Le tout à moins d’un an de l’élection présidentielle.
Un virage politique assumé et revendiqué
Le communiqué d’Emmaüs France ne laisse aucune ambiguïté sur la nature de l’engagement.
Les 300 structures et 40 000 acteurs du mouvement s’engagent à inciter aux inscriptions sur les listes électorales, à « dénoncer l’imposture sociale de l’extrême droite », à publier un journal dystopique imaginant la France sous un gouvernement d’extrême droite, à nouer des alliances avec d’autres organisations partageant « ce combat », et à exercer une veille sur les « dérives locales de l’extrême droite » assortie de recours juridiques si nécessaire.
Bruno Morel, président d’Emmaüs France, assume pleinement le tournant : « Il était primordial qu’un mouvement de solidarité tel qu’Emmaüs se positionne et participe à la bataille culturelle.
» La bataille culturelle.
L’expression, empruntée au vocabulaire gramscien et longtemps associée à la droite identitaire, est désormais revendiquée par le président d’une association caritative reconnue d’utilité publique.
Un écosystème complexe, massivement financé par l’État
Pour comprendre ce que représente la prise de position politique d’Emmaüs, il faut distinguer les différentes entités qui composent ce mouvement — car elles n’ont ni la même taille ni le même rapport aux fonds publics
Emmaüs Solidarité est une tout autre affaire.
Cette entité distincte, qui gère les centres d’hébergement d’urgence en Île-de-France via des conventions avec le SAMU Social et la Ville de Paris, est elle massivement financée par la puissance publique.
Selon son rapport d’activité 2021, les subventions représentaient la quasi-totalité de ses ressources — et c’est à cette entité que se rapporte le chiffre de près de 70 millions d’euros de subventions publiques annuelles, État et collectivités confondus, régulièrement cité.
En 2024, Emmaüs Solidarité gérait 58 centres d’hébergement et accompagnait plus de 9 200 personnes.
Plus largement, une donnée issue du rapport d’activité d’Emmaüs remontant à 2017 est éclairante : à cette époque, les subventions publiques représentaient déjà 78 % des produits de l’ensemble du mouvement, les dons ne pesant que 2 % et la participation financière des hébergés 3,7 %.
En d’autres termes, sans le contribuable, cette structure ne fonctionnerait pas.
Une orientation migratoire documentée, aux frais de tous
Cette dépendance aux fonds publics prend un relief particulier quand on examine à qui profite concrètement l’argent.
En 2021, Emmaüs Solidarité consacrait 79 % de ses places en centres d’hébergement à des ressortissants de pays hors Union européenne, contre 14 % seulement à des Français.
L’association fondée pour aider « les plus pauvres » orientait donc massivement ses ressources — issues des deniers publics — vers des populations étrangères, souvent en situation irrégulière, pendant que des compatriotes dans le besoin passaient après.
Cette orientation n’est pas accidentelle.
Emmaüs s’est engagée de longue date contre toute loi de contrôle de l’immigration, qu’elle juge contraire aux droits des personnes exilées.
Elle a soutenu Cédric Herrou, condamné pour aide à l’entrée irrégulière de migrants, dans la création d’une communauté dans la vallée de la Roya.
Elle recrute dans ses structures des personnes en situation irrégulière, empêchant de fait leur expulsion.
Elle avait déjà appelé à voter contre Marine Le Pen en 2022.
En 2023, une ombre supplémentaire est venue ternir l’image du mouvement : le parquet de Lille a ouvert une enquête préliminaire pour « traite d’êtres humains » et « travail dissimulé » visant une antenne locale, après que des sans-papiers employés par l’association l’ont accusée de les avoir fait travailler dans des conditions intenables en leur faisant miroiter une régularisation.
L’association qui donne des leçons de solidarité à la France entière était soupçonnée d’exploiter les gens qu’elle était censée protéger.
Pourquoi les dons s’effondrent — et les subventions augmentent
Il ne faudra pas s’étonner, dans ce contexte, qu’Emmaüs, comme les Restos du Cœur et d’autres grandes structures caritatives françaises, connaisse une érosion de ses dons spontanés et une dépendance croissante aux financements publics. Le phénomène est logique et mécanique.
Quand une association caritative se positionne ouvertement dans le débat politique, quand elle désigne publiquement une partie de l’électorat français — qui représente selon les sondages entre 30 et 40 % des intentions de vote — comme une menace à combattre, elle se coupe de facto d’une fraction importante de ses donateurs potentiels et de ses bénévoles.
Le Français qui vote pour un parti qualifié d’extrême droite, ou qui partage certaines préoccupations sur l’immigration ou la sécurité, n’a aucune raison de mettre la main à la poche pour financer une organisation qui le désigne comme un ennemi.
C’est humain. C’est rationnel.
Le résultat est une spirale prévisible : moins de dons privés, plus de dépendance aux subventions publiques, ce qui rend l’association encore moins comptable de ses orientations devant ceux qui la financent — puisqu’elle ne dépend plus directement d’eux.
Et plus elle s’éloigne de sa mission première, plus elle a besoin de l’État pour compenser la désaffection populaire.
Un cercle vicieux qui transforme progressivement une œuvre de solidarité en appendice subventionné d’une certaine sensibilité politique.
L’abbé Pierre, lui, tendait la main à tout le monde.
Sans demander à qui ils votaient.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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