[SANTÉ]
Cette violence faite aux femmes que taisent nos féministes
« À l’époque, j’ai 26 ans, je suis amoureuse et heureuse de découvrir un test de grossesse positif, même si ce n’est pas le moment.
Mon conjoint est totalement paniqué face à cette nouvelle inattendue et il me somme d’avorter. Je lui réponds que je n’avorterai pas. »
Ce témoignage bouleversant, c’est celui de Charlène qui a été auditionnée par une commission du Parlement européen ce mardi 23 juin.
Elle raconte aux députés européens comment, au Planning familial, elle pensait s’adresser à une psychologue, alors que face à elle se tenait une idéologue.
Charlène annonce vouloir garder son bébé, la femme lui répond que « ce n’est qu’un tas de cellules » et prend les rendez-vous devant mener à l’avortement « au cas où ».
Malgré les « harcèlements et les pressions psychologiques insoutenables » de son conjoint, la jeune femme résiste.
Mais un soir, ce dernier lui enfonce la pilule abortive dans la bouche.
Un geste d'une violence inouïe qui a laissé en elle « des traces indélébiles ».
« On ne garantit pas le vrai choix des femmes »
Contactée par nos soins, Charlène nous présente la pétition qu’elle a lancée, demandant au Parlement européen de garantir qu’aucune femme ne soit contrainte de faire un choix motivé par l’isolement, la violence, le jugement moral ou la précarité.
« Je constate que le Planning familial dispose de ressources importantes, tandis qu'en revanche, les associations qui tentent d'aider les femmes enceintes sont réduites à peau de chagrin et sont très peu soutenues, voire parfois dénoncées, souligne-t-elle.
En France en tout cas, on ne garantit pas le vrai choix des femmes, et on n'écoute pas tous les choix des femmes et toutes les voix des femmes, mais plutôt celles qui veulent avorter. »
Effectivement, on aimerait entendre les féministes adeptes du mantra « mon corps mon choix » se prononcer sur ce libre choix de ne pas avorter.
Sa pétition a été jugée recevable au point d’être auditionnée devant les eurodéputés qui l’ont écoutée avec beaucoup de dignité, las, la France a encore brillé par sa perspicacité !
Et de fait, Charlène raconte que seule l’élue française a mal accueilli son discours : « Elle m'a accusée de remettre en cause le droit à l'avortement. »
Sans surprise donc, il s’agit d’une socialiste, Murielle Laurent qui, alors que Charlène témoignait d’une expérience extrêmement douloureuse qui l’a meurtrie, n’a pas trouvé mieux que de répondre avec idéologie : « Le droit à l'avortement n'empêche personne de mener une grossesse désirée à terme.
Lutter contre l'avortement, c'est lutter contre le droit des femmes.
Sous couvert de neutralité, cette pétitionnaire se présentant comme apolitique est en fait liée à des groupes d'extrême droite. Instrumentaliser la santé des femmes, y compris des plus vulnérables, à des fins idéologiques, est inadmissible.
C'est pourquoi nous souhaitons que cette pétition soit clôturée. »
Où Charlène a-t-elle donc bien pu « instrumentaliser la santé des femmes », alors qu'elle demande simplement que l'avortement ne soit plus « la seule option que la société offre aux femmes enceintes vulnérables » ?
Mais dans un pays qui a gravé dans le marbre de sa Constitution le droit à l’avortement, il semble impossible d’argumenter ou d'entendre ce type de violence faite aux femmes.
« J'ai le sentiment que ces femmes qui se battent de manière hystérique pour défendre un droit qui n'est pas menacé, le droit à l'avortement, ont vraiment en horreur la maternité qu'elles considèrent comme une aliénation », se désole la pétitionnaire.
Un nouveau rapport de l'ONU
Dans le même temps, à l’ONU cette fois, c’est dans un silence assourdissant que le rapporteur spécial sur la violence faite aux femmes publiait le 10 juin, un nouveau rapport sur « la violence à l'égard des mères », dénonçant l'avortement pour cause économique et l'avortement sous contrainte.
Ne cherchez pas l’information dans la presse, vous ne la trouverez pas !
Pourtant, selon une enquête IFOP (Institut français d’opinion publique) réalisée pour le Planning familial en septembre 2024, 29 % des femmes ayant eu recours à une interruption volontaire de grossesse déclarent avoir ressenti une forme de pression en faveur de cette décision lors de leurs échanges avec un professionnel de santé.
Un rapport « qui ne crée pas d’obligation juridique » détaille auprès de BV Nicolas Bauer, juriste au Centre européen pour le droit et la justice, mais qui a au moins le mérite d’aborder ce sujet si sensible de manière pragmatique.
Quant à l'affaire de Charlène, celui-ci décrypte la suite de son audition : « La commission des pétitions a décidé de poursuivre l’examen de la pétition.
Il est probable qu’elle sera transmise à la commission des libertés civiles ainsi qu’à celle des droits des femmes.
Ces commissions pourront décider de lui donner une suite politique, législative ou budgétaire. »
Les femmes qui souhaitent garder leur bébé demain seront-elles mieux accompagnées ou quasi systématiquement aiguillées vers l’avortement ?
Le simple fait de s’interroger vous expose déjà à être privé de débat. Il y a des sujets auxquels on ne touche pas...........



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