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« Fantasme d’extrême droite » : pour Mathilde Panot, vos ancêtres n’ont pas existé

Dans un entretien accordé à la chaîne YouTube d’extrême gauche Le Média, Mathilde Panot qualifie la France blanche et chrétienne de « fantasme d’extrême droite » et célèbre, au contraire, « la nouvelle France ».
Ces propos marquent-ils un tournant dans le discours de LFI ?
« L'extrême droite fantasme sur une France blanche chrétienne qui n'a jamais existé », déclare Mathilde Panot. pic.twitter.com/WFV27F0fkO
— Surmulot (@SurmulotsNews) May 26, 2026
Il faut citer précisément ses mots : « Les fantasmes d’extrême droite ne sont pas la réalité de ce que les gens vivent. »
Puis : « La nouvelle France est pour nous un concept très puissant. »
Plus loin, encore : « Une France blanche, une France chrétienne […] c’est un fantasme complet sur ce qu’est le pays. »
Avant d’ajouter, sans voir la contradiction : « On a un peuple qui a profondément changé depuis 1958 », notamment parce qu’« un Français sur trois » aurait désormais un grand-parent étranger (contre un sur dix, alors).
Sur le simple plan logique, cela ne tient pas.
Si la France blanche et chrétienne n’a « jamais existé », comment peut-il y avoir une « nouvelle France » ?
Nouvelle par rapport à quoi ?
Reconnaître qu’un peuple a « profondément changé », c’est admettre qu’il existait auparavant sous une autre forme.
La contradiction saute aux yeux.
En réalité, cette rhétorique révèle quelque chose de plus profond : l’obsession identitaire de LFI.
Désormais, aucun entretien d’un cadre insoumis ne semble pouvoir se dérouler sans référence à la couleur de peau.
Tout y ramène.
Et l’on retrouve toujours la même association : « blanc » et « chrétien ».
Comme si une religion était une pigmentation.
Ce raisonnement est emprunté à d'autres latitudes.
En Afrique subsaharienne ou au Moyen-Orient, les islamistes assimilent souvent les chrétiens aux « Blancs » ou aux complices de l’Occident.
Au Nigeria, où des massacres de chrétiens continuent dans une indifférence presque totale de la gauche française, des prêtres expliquent que les catholiques sont suspectés d’être culturellement occidentaux, bien qu’ils soient noirs.
Mais le plus intrigant est le glissement du discours vers l'effacement assumé d'un fait historique, culturel et patrimonial.
Que cette réalité ait reculé est une chose.
Prétendre qu’elle n’a jamais existé en est une autre.
Pendant des années, la gauche radicale dénonçait la « France rance », mais elle ne niait pas son existence.
Puis vint le temps où le « Grand Remplacement » était présenté comme un fantasme : « Vous ne voyez pas ce que vous voyez. »
Désormais, une étape supplémentaire est franchie : ce fantasme, ce serait vous.
Vos ancêtres, vos villages, vos églises, vos tableaux, vos photos, vos livres d’histoire.
À écouter Mathilde Panot - que l'on savait déjà mauvaise en géographie, on la découvre aussi nulle en histoire ! -, les calvaires aux carrefours, les églises dans chaque commune, les milliers de villages portant des noms de saints seraient des illusions d’optique.
Pourtant, la France compte environ 50.000 lieux de culte chrétiens et plus de 4.500 communes portant un nom de saint.
Rien qu’en Bretagne, on recense plus de 20.000 croix.
Le moine Raoul Glaber écrivait déjà, vers l’an mil, que l’Europe s’était couverte d’un « blanc manteau d’églises ».
Violence du discours
Et c’est là toute la violence de ce discours.
Il ne consiste plus à dire « Nous voulons transformer la France » mais à effacer l’héritage antérieur comme s’il n’avait jamais existé.
Faire table rase : la vieille tentation révolutionnaire inscrite dans les paroles de l'Internationale.
On connaît ces méthodes.
Les plus zélés pour les mettre en œuvre, les plus obséquieux sont souvent ceux qui ont des gages à donner : on se souvient de sa mine déconfite lorsqu'à ses côtés, Rima Hassan avait claironné que le temps du porte-parolat était révolu.
Son prénom de reine médiévale, mère du fondateur du Saint Empire germanique et sainte patronne des mères de famille nombreuse, la rattache plus à la France-blanche-et-chrétienne-qui-n'existe-que-dans-les-fantasmes-de-l'extrême-droite qu'à la nouvelle France qu'elle appelle de ses vœux.
On cherche désespérément ses quartiers de diversité.
Gare, en voulant faire le grand ménage, de ne pas partir avec l'eau du seau à serpillière.
Sous des airs souriants et faussement débonnaires, Mathilde Panot a des propos d’une brutalité rare.
Ce ne sont pas les premiers.
On se souvient déjà de sa phrase sur Némésis : « Sinon, ça va mal finir. »
Que voulait-elle dire, au juste ?
Certains balaient ces déclarations d’un revers de main au motif que tout ce qui est excessif serait insignifiant. Ils ont tort. Mathilde Panot pèse (encore) lourd dans le parti : co-fondatrice de LFI, elle en préside le groupe à l’Assemblée nationale.
Or, aujourd'hui, dans un sondage Odoxa, Jean-Luc Mélenchon talonne Édouard Philippe pour l'accession au second tour de la présidentielle.
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