jeudi 21 mai 2026

MÉDIAS : LA COMMISSION D' ENQUÊTE A FAVORISÉ LA REMISE EN QUESTION DU SERVICE PUBLIC !

 

 



Revue de presse !

Floutage au JT de France 2 : un détail qui alimente les soupçons sur l’audiovisuel public

La chaine s'est excusée. 
Pour Aymeric Durox, la commission d’enquête a favorisé la remise en question du service public.
Capture d'écran.
Capture d'écran.

Il n’a pas fallu longtemps pour que des téléspectateurs du JT de 20 heures sur France 2 rappellent à l’ordre la chaîne après la diffusion d’un reportage qui en a interpellé plus d’un. 

Mardi 19 mai, à l’occasion d’un sujet sur l’inflation normative, le constitutionnaliste Benjamin Morel était interviewé dans le jardin de Weiden, à Issy-les-Moulineaux. 

En fond, une statue de marbre blanc difficilement identifiable. 

Et pour cause : l’œuvre d’art a été entièrement floutée pendant ses 13 secondes d’apparition à l’écran.

Un floutage qui suscite l'indignation

La statue en question, c’est le Baiser, du sculpteur Louis Demaille. 

Elle représente un homme et une femme, dévêtus et s’enlaçant, prêts à se donner un baiser, comme l’indique son nom.

 La rédaction de France Télévisions encourait-elle un risque juridique à diffuser l’image de cette œuvre d’art ?

Créée en 1894, la statue est pourtant une propriété publique

Il n’y avait donc pas de raison de craindre des retombées juridiques pour la maison de télévision, qui ne s’empresse pas, d’ailleurs, habituellement, de flouter tous les objets d’art apparaissant dans ses reportages.

 

Sans explication pendant près de 24 heures, les téléspectateurs n’ont pas manqué de se faire leur propre avis. 

Sur X, où l’incident a été particulièrement remarqué, beaucoup y ont d’abord vu une forme de censure face à la nudité des protagonistes de marbre.

 Un reportage « charia-compatible », en somme, et la victoire des islamistes sur nos représentations culturelles dans l’audiovisuel public, ont aussi dénoncé certains élus de droite.

La chaîne assume une « erreur »

Face aux inquiétudes de ces nombreux Français, France Télévisions a fini par rectifier le tir, ce mercredi, en fin de journée, en présentant ses excuses aux téléspectateurs pour cette « erreur » commise à l’occasion d’une « initiative individuelle » qui « n’avait pas lieu d’être ».

 

Si la réponse, que l’on croit honnête, rassure, il n’en reste pas moins que cette crainte exprimée par beaucoup révèle un vif manque de confiance de la population à l’égard de la chaîne publique.

Il faut comprendre ceux qui déploraient que, sur cette dernière, le présentateur du jeu télévisé Chacun son tour, Bruno Guillon, ironisait sur l’expression « chemin de croix », en la déclinant aux religions israélite et musulmane, dans un esprit d’inclusion probablement.

Le sénateur RN de Seine-et-Marne Aymeric Durox, qui avait déclaré son intention de saisir l’Arcom pour lever le voile, confie à Boulevard Voltaire ne pas s’étonner « que les gens, chauffés à blanc à cause de l’islamisme, puissent penser ça ».

 

De fait, rappelle le président du groupe RN au conseil régional d’Île-de-France, « on voit de plus en plus, sur les réseaux sociaux, de community managers de sensibilité islamiste prendre des initiatives au détriment de l’image de marque de leur entreprise », au nom d’une décence ou de règles morales qui leur sont très personnelles.

 Pour le parlementaire, « ce n’était donc pas impossible » que dans la chaîne du reportage, un individu juge immorale la représentation de la statue.

Une remise en cause des pratiques internes

Mais le doute a été balayé lorsque le sénateur a été contacté par une haute responsable de France Télévisions, lui indiquant vouloir opérer un changement dans la transparence et la communication sur ce genre de sujets. 

Le but serait qu’une véritable évolution se mette en place, plus à l’écoute des téléspectateurs.

Preuve, relève le parlementaire, de l’efficacité de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui permet cette remise en question des méthodes jusque-là utilisées par le service public et qui aurait permis, ici, qu’un tel floutage soit réalisé au montage sans avis préalable de la direction, pour des raisons d’ordre visuel, comme l’affirme cette responsable.

 

Preuve, aussi, ajoute Aymeric Durox, qu’« une démocratie peut fonctionner de manière sereine et apaisée » quand les parlementaires alertent et que le service public rend des comptes.

 

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Par Alienor de Pompignan
Journaliste
 
 ET AUSSI
 

L’audiovisuel public entre dans la danse anti-Bolloré

Sur les réseaux sociaux, l'INA et France Culture ont ressorti deux reportages 
fort à propos ...
Capture d'écran
Capture d'écran

Les médias publics seraient-ils en train d’emboîter le pas dans la fronde anti-Bolloré qui gronde depuis le festival de Cannes ?

 Difficile de ne pas le croire, quand l’INA et France Culture décident presque simultanément de ressortir du placard, respectivement, un vieux reportage et une vieille figure de la presse d'extrême droite française sur les réseaux sociaux pour vilipender celui qui s’est rendu coupable de ne pas jouer le jeu de la gauche culturelle.

 

Une neutralité de gauche

Sur X, l’Institut national de l’audiovisuel, cet « organisme appartenant au secteur audiovisuel public […] placé sous la tutelle du ministère de la Culture [dont la] stratégie et [le] financement sont définis par un contrat d'objectifs et de moyens qu’il signe périodiquement avec l’État », a trouvé pertinent de poster, le mardi 19 mai, l'extrait d’une émission datant de 2024 montrant un Pierre Lescure, « l’une des figures de la création de Canal+ », jugeant la transformation du groupe depuis l’arrivée de Bolloré. 

Ce n’est sans doute qu’une coïncidence si cet extrait arrive au milieu de la tempête « Zapper Bolloré ». 

La vidéo commence avec un extrait de Complément d’enquête montrant Vincent Bolloré en conférence, sous le regard circonspect d’un docte Pierre Lescure, puis continue avec un homme qui explique avoir « un petit problème en termes de journalisme, c’est que l’information et Bolloré, apparemment, ça fait deux.

 Pour le reste, il peut faire une chaîne avec une information manipulée ou censurée ou pas en faire du tout, il aura quand même une chaîne de télé. »

 Pour se terminer avec le jugement du grand sachant suprême, Pierre Lescure : « Vincent Bolloré, en tant que financier, est sans doute l’un des plus efficaces, des plus intelligents, des plus tenaces et des plussuccessfull

 

Sa seule créativité aura été financière, c’est mon point de vue. 

Dans dix ans d’ici, la famille Bolloré sera très riche, je voudrais bien savoir ce qu’il restera des marques. »

Sur X, les internautes ne s’y trompent pas : difficile de ne pas trouver un peu louche le choix de publier un tel extrait alors que le monde du cinéma et de la culture dans son ensemble s’embrase depuis la Croisette.

 « L’INA, payé par nos impôts, qui en remet une couche sur la moraline et ce qu’il faut penser », s’énerve, par exemple, un commentateur. 

 « Quelle neutralité ! 

Bravo, vous êtes exemplaires comme l’ensemble du service public de l’audiovisuel. Une vraie neutralité de gauche… », s’exaspère un autre.

Honni soit qui mal y pense !

Sur Instagram, France Culture, cette fois, ressort une vieille figure de l’extrême droite française, François Coty (à ne pas confondre avec René Coty, deuxième président de la République de la IVe !), sur lequel la radio publique avait déjà fait un reportage orienté en 2021.

À l’époque, le parfumeur et homme de presse des années 20-30 avait été ressorti de la naphtaline pour expliquer qu’« il plaçait sa fortune sur la destruction de la Troisième République qu'il jugeait malade, pour ne pas dire pire. 

Il en appelait à un pouvoir fort qui se serait appuyé sur le référendum », une explication qui se poursuivait tout à fait innocemment avec la question : « Ah ! Que ne fait-on de référendum sur l'immigration ? » 

Cette fois, ce 20 mai, la question qui ouvre le petit documentaire est : « Un entrepreneur milliardaire qui rachète des médias dans le but de diffuser ses obsessions : les racines chrétiennes de la France, la gestion défaillante de l’État, le déclin de la civilisation occidentale. Ça vous rappelle quelque chose ? »

 Là encore, les commentateurs ne sont pas dupes : « Oui, tout à fait, mais je me rappelle que vous devenez juge et partie, commente une internaute, qui continue : 

 Vous utilisez votre puissance médiatique payée par les contribuables pour refuser les évolutions. »

 

L'éléphant et ses gros sabots

C’est qu’il devient difficile de ne pas voir l’éléphant au milieu de la pièce : France Culture a chaussé ses plus gros sabots pour suggérer le plus de liens possible entre le magnat d’extrême droite, grand financier des ligues des années 30, et Vincent Bolloré.

 Ainsi, François Coty est présenté comme un grand capitaine d’industrie dont la fortune considérable est mise « au service de ses idées », notamment en devenant un magnat de la presse parce que « les journaux sont pour lui un moyen de se faire connaître et d’accéder au pouvoir ».

 Alors, par exemple, « au début des années 20, il achète Le Figaro, il y opère une droitisation de la ligne éditoriale, vante les bienfaits du fascisme italien, embauche un futur ministre sous Vichy », et puis, s’étant fait évincer du Figaro, il crée, en 1928, son propre journal « qui va très très bien marcher » - L’Ami du peuple - et « la promesse de ce journal : dire la vérité aux Français ». 

Évidemment, honni soit qui mal y pense ! 

D'ailleurs, un commentateur demande innocemment et ironiquement si c'est Pigasse ou Saadé qu'il faut se rappeler.

« Une chaîne du service public qui a un parti pris et qui fait des raccourcis historiques nauséabonds pour diffuser sa propagande, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? », interroge, sous la vidéo, un commentateur sarcastique. 

Il faut croire que l’hégémonie culturelle de la gauche est à ce point fissurée qu’il faille sortir l’artillerie lourde pour tenter d’en colmater les brèches.

 

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Victoire Riquetti
Journaliste
 
Source et publications :    https://www.bvoltaire.fr/laudiovisuel-public

 


 


 
 
 

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