lundi 18 mai 2026

CINÉMA D' AUTEUR : LA SEULE QUI PEUT EN PARLER EST CHEYENNE CARON RÉALISATRICE FRANÇAISE !

 

 REVUE DE PRESSE !

 

Cinéma. Cheyenne Carron, l’anti-Binoche à 

la voix discordante : « Les seuls à m’avoir

 respectée, c’est Canal+ et M. Bolloré »

Pendant que 600 professionnels du cinéma français, parmi les plus titrés et les mieux subventionnés, signaient dans Libération une tribune dénonçant « l’emprise grandissante » de Vincent Bolloré sur le septième art — déclenchant la riposte de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui a annoncé ne plus vouloir travailler avec les signataires —, une voix très différente s’est élevée.

 Celle d’une réalisatrice française presque cinquantenaire, qui n’a jamais foulé le tapis rouge de Cannes en compétition, n’a jamais reçu de César, et que l’on ne verra jamais saluée dans les pages culture du Monde ou de Libération :   Cheyenne Carron.

 

Son texte, publié sur ses réseaux, prend l’exact contrepied du chœur dominant.

 Elle y explique avoir commencé le cinéma à 23 ans, avoir aujourd’hui presque 50 ans, et avoir essuyé pendant toute sa carrière les refus du Centre national du cinéma (CNC) et des collectivités territoriales

À force de portes fermées, elle a parfois douté de son travail et même envisagé d’abandonner. 

Et puis, il y a cinq ans, Canal+ — et donc, indirectement, Vincent Bolloré — l’ont soutenue. 

C’est grâce à cet appui, écrit-elle, qu’elle a pu continuer à tourner.

 Elle dit avoir trouvé chez la chaîne cryptée des interlocuteurs respectueux d’un cinéma d’auteur, artisanal et exigeant, sans qu’on lui demande de se renier. 

Sa conclusion est sans détour : les seuls à avoir réellement soutenu et respecté son travail ces dernières années, ce sont Canal+ et l’actionnaire que tout le milieu vilipende.

 

Une cinéaste invisible pour le milieu, prolifique en réalité

Pour qui découvre son nom, le décalage entre la discrétion médiatique de Cheyenne Carron et l’ampleur de son œuvre a de quoi surprendre.

 Née en 1976 à Valence, abandonnée à trois mois par ses géniteurs kabyles, adoptée à l’âge de vingt ans par une famille catholique et socialiste de la Drôme, elle a choisi le prénom de Cheyenne en hommage à son frère cadet adopté du Guatemala.

 Après un simple CAP de secrétariat, elle décide à 18 ans qu’elle sera cinéaste.

 Elle a tenu parole.

 

Sa filmographie compte aujourd’hui une vingtaine de longs métrages, dont elle assure systématiquement la réalisation, l’écriture et la production. Écorchés (2005), Extase (2010), La Fille publique (2013), L’Apôtre (2014), Patries (2015), La Morsure des dieux (2017), Jeunesse aux cœurs ardents (2018), Le Corps sauvage (2019), Le Fils d’un roi (2019), Le Soleil reviendra (2020), La Beauté du monde (2021), Je m’abandonne à toi (2023), Que notre joie demeure (2024), L’Agneau (2025), L’Eden (2025), Il était une fois le printemps (2026)… 

Une cadence de travail à laquelle peu de réalisateurs hexagonaux peuvent prétendre.

BANDE ANNONCE  L'APOTRE

Ses sujets, eux, expliquent largement le silence du milieu et la pluie de refus institutionnels qu’elle évoque. 

L’Apôtre (2014) racontait la conversion au christianisme d’un jeune musulman destiné à devenir imam.

 À la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, deux projections du film à Neuilly et Nantes avaient été déprogrammées sur demande de la DGSI, par crainte d’attentats.

 Patries (2015) traitait du racisme anti-Blanc — et a malgré tout reçu le grand prix Kilimandjaro au festival Africlap de Toulouse en 2016. 

 

Sa série militaire (Jeunesse aux cœurs ardentsLe Soleil reviendraLa Beauté du monde) suit successivement un jeune engagé volontaire, les épouses et veuves de soldats, puis un militaire frappé du syndrome de stress post-traumatique après une opération au Mali.

 

 Son triptyque suivant met en scène la figure du prêtre catholique, avec en pivot Que notre joie demeure (2024), biopic du père Jacques Hamel, prêtre égorgé en 2016 dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray par un assaillant se réclamant du djihad.

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L’Eden : un film salué par l’Église, ignoré par les médias culturels

Son dernier film en date, L’Eden (sorti en salles le 15 avril 2026), achève cette série consacrée au prêtre.

 L’œuvre, tournée avec peu de moyens dans l’arrière-pays varois mais censée se dérouler au Liban, met en scène Joseph, trentenaire qui entretient une chapelle bâtie par son père dans les collines, harcelé par un colon, surveillé par l’armée israélienne, en contact avec des religieuses d’un dispensaire et croisant des combattants islamistes.

 Sans céder à la fraternité facile ni au renvoi dos à dos, sans imposer d’images de violence, le film aborde frontalement l’affrontement entre Israël et le peuple libanais à travers le silence et la prière.

 

L’Observatoire Foi et Culture, organe de la Conférence des évêques de France, en a publié une recension élogieuse signée du père Denis Dupont-Fauville le 29 mars 2026, saluant un film court (74 minutes) mais d’une rare profondeur spirituelle, accessible et porteur d’espérance.

 Une reconnaissance ecclésiale qui contraste, là encore, avec l’absence quasi totale de couverture dans la presse cinéphile généraliste.

 

Un cas qui démonte la rhétorique des 600

Le témoignage de Cheyenne Carron tombe avec une efficacité chirurgicale au cœur du discours dominant.

 Les pétitionnaires anti-Bolloré dénoncent une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif » et redoutent que demain le cinéma français ne soit financé par des films de propagande au service d’une idéologie.

 

 Sauf que la réalité, livrée par une professionnelle de terrain, dessine un tableau exactement inverse : c’est précisément hors du financement Bolloré, dans le périmètre du CNC et des aides régionales — c’est-à-dire dans le système porté aux nues par les signataires — que certaines sensibilités, certains sujets, certaines lectures du réel sont systématiquement écartés.

Cheyenne Carron n’est ni la seule, ni la plus exposée des cinéastes français à se trouver dans cette situation.

 Mais son cas illustre une mécanique connue de tous ceux qui produisent en dehors du consensus parisien : un cinéma traitant de la conversion religieuse, de l’armée française, du racisme anti-Blanc, de la figure du prêtre catholique ou du Liban chrétien n’est pas refusé pour des motifs artistiques.

 Il est refusé parce qu’il existe une orthodoxie culturelle implicite que les commissions d’attribution finissent par intégrer comme un réflexe — et que les médias culturels, ensuite, valident en passant sous silence des pans entiers de la création cinématographique nationale.

Que des comédiens, réalisateurs et producteurs comblés de subventions publiques, d’avances sur recettes, de crédits d’impôt et de campagnes promotionnelles dans la presse subventionnée s’inquiètent aujourd’hui d’un actionnaire qui finance autrement et autre chose qu’eux n’a rien d’étonnant. 

 Ce qui est étonnant — et inédit — c’est qu’une réalisatrice indépendante, qui aurait toutes les raisons amères de se taire ou de cracher à son tour, choisisse au contraire de dire publiquement merci. 

 Le geste vaut, à lui seul, manifeste

Par YV

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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