mardi 3 mars 2026

MACRON VOULAIT " SA " GUERRE " ! IL A L' OCCASION DE SE SATISFAIRE !

 


 

 REVUE DE PRESSE

Discours d’Emmanuel Macron : il a dit « dissuasion avancée »

Une fois encore, le Président use de l’ambiguïté avec une délectation orphique. 
 
Capture d'écran X
Capture d'écran X

Pour une fois, il aura fait plutôt court. Emmanuel Macron était aujourd’hui à l’île Longue, dans cette base sous-marine ultra-protégée située à l’extrême pointe de notre territoire et, partant, du continent européen. 

Sa prise de parole, prévue de longue date, tombe au moment où le Moyen-Orient est plongé dans le chaos. 

Autant dire que les observateurs (selon la formule consacrée) attendaient beaucoup de ce discours qui, pour une fois, mettait en jeu des principes vitaux, en l’occurrence celui de notre autonomie stratégique.

 

Le dossier fourni à la presse, qui rappelait que la décision ultime (le « bouton nucléaire ») restait du ressort exclusif du président de la République, se voulait rassurant.

 Il fallait toutefois aller dans le détail, puisque Macron avait négligemment évoqué l’idée de partager la souveraineté nucléaire avec d’autres pays d’Europe, dont l’Allemagne.

 Énième preuve que la France, dans le couple franco-allemand, rame à essayer de conquérir une Germanie indifférente qui a envers notre exécutif la froideur dédaigneuse de Marlene Dietrich sous sa capeline.

 

Pour mettre tout le monde à l’aise, le Président a commencé par des annonces martiales. 

Il aime bien ça, les annonces martiales. 

Avec le temps, ça lui va de mieux en mieux. Exit, l’adolescent à la voix traînante qui martelait « Je suis votre chef » comme un délégué de classe : le visage de Macron s’est creusé, il a travaillé sa voix des jours austères, c’est son côté Maître de Santiago, comme dans la pièce de Montherlant.

 Ou Tartuffe, on hésite. 

Bref, nous allons avoir un nouveau sous-marin nucléaire lanceur d’engins.

 Il sortira des chantiers navals en 2036 et s’appellera l’Invincible

C’est chouette, ça : un nouveau bâtiment de pointe, qui lance des missiles nucléaires et porte un nom qui sonne bien, ça fait très Trente Glorieuses.

 L’époque où on écoutait la voix de la France et où son ministre des Affaires étrangères, contrairement à Jean-Noël Barrot, connaissait suffisamment ses dossiers pour ne pas prononcer « Owan » au lieu d’« Oman », en conférence de presse…

Ensuite, nous allons avoir davantage de têtes nucléaires. Combien ?

 C’est un secret, et c’est bien normal.  Bon. 

Et cette « dissuasion avancée », alors ? Emmanuel Macron fait un peu le mystérieux.

 Huit pays seraient intéressés par ce concept, qui consisterait pour la France à déployer ses capacités de frappe dans d’autres pays que le nôtre, mais aussi à conduire des exercices interalliés et même à faire visiter ses installations. 

Ah, tout de même. 

Faire visiter des installations qui sont probablement classées « Secret spécial France », n’est-ce pas le début d’une forme d’abandon ? 

 

Le Rassemblement national avait prévenu : si Macron partageait la dissuasion nucléaire française, le RN déposerait une motion de destitution.

 La haute trahison, alors, aurait été caractérisée.

 

Une fois encore, Macron use de l’ambiguïté avec une délectation orphique.

 On est souverains, mais on utilise les installations des Alliés, qui nous les donnent en échange de rien, évidemment.

 On est indépendants, mais on fait visiter nos installations secrètes. 

Et on ne communique pas sur nos intérêts vitaux, mais l’endroit où nous positionnerons nos forces risque tout de même d’en donner une petite idée. 

Si le but de cette manœuvre est d’ériger la France en protectrice de l’Europe, il est un peu tard pour être aussi léonin.

Une fois encore, on peut comprendre ce que l’on veut des propos du chef de l’État. 

C’est peut-être - c’est sans doute - le but recherché. 

 Les souverainistes comprendront que nous allons nous appuyer sur les infrastructures de nos voisins pour projeter notre puissance. 

Les européistes y verront le premier pas vers un abandon plus large - une « coopération », disent-ils. 

Tout dépendra peut-être d’une éventuelle candidature de Macron à la succession d’Ursula von der Leyen. 

 

Quand il parle de l’Invincible, n’est-il pas, une fois de plus, en train de penser à lui ?

 Picture of Arnaud Florac

Arnaud Florac
Chroniqueur à BV      https://www.bvoltaire.fr/discours-demmanuel-macron

 


 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire