lundi 30 mars 2026

LECTURE : LA LIBERTÉ D' EXPRESSION EST MENACÉE ! ( GEORGES FENECH )

TRIBUNE LIBRE !


 

[LIVRE] 

« La liberté d’expression est menacée » : le cri d’alarme de Georges Fenech

Dans son dernier livre, le célèbre chroniqueur de CNews revient sur son parcours et alerte sur le débat public.

Il y a des livres qui racontent un parcours.

 Et puis il y a ceux qui sonnent comme un avertissement.

 Avec Ne dites pas à mère que je suis chroniqueur à CNews, elle me croit toujours juge à Hazebrouck, publié aux Éditions Fayard, Georges Fenech, ancien magistrat et député, aujourd'hui chroniqueur à CNews et Europe 1, livre un texte à la fois personnel et profondément politique. 

 

Un récit traversé par une inquiétude centrale : celle d’une liberté d’expression qu’il juge désormais menacée.

« C’est un cri d’alerte, d’alarme sur cette menace qui pèse aujourd’hui sur la liberté d’expression », confie-t-il à BV. Le ton est donné.

 Dès les premières pages, dans cette scène de TGV où l’auteur hésite à écrire librement, Fenech décrit une société où « le soupir devient soupçon », où l’on s’autocensure presque instinctivement.

Justice et politique : les impasses du système

Le livre revient d’abord sur ses années de magistrat, marquées par une certaine idée de la justice : ferme, protectrice, au service de la société. 

À rebours de ce qu’il décrit comme une dérive idéologique, Fenech dénonce une « culture de l’excuse » qui, selon lui, a progressivement affaibli l’institution judiciaire.

 Son combat contre le Syndicat de la magistrature, les pressions subies, les entraves à sa carrière : autant d’épisodes qui nourrissent la vision critique d’une Justice qu’il juge politisée.

 

Georges Fenech s'est confié à Boulevard Voltaire. Retrouvez son entretien sur YouTube :

 

Le passage par la vie politique n’apparaît pas comme une solution.

 Bien au contraire.

 À l’Assemblée, Georges Fenech découvre un pouvoir contraint, parfois impuissant, dominé par l’exécutif. 

Là encore, le constat est sévère : la décision publique semble freinée, diluée, entravée.

 

 De cette double expérience émerge une conviction simple : « On peut agir avec intégrité, avec honneur. Il faut juste le vouloir. » 

Mais encore faut-il que cette volonté existe réellement dans les sphères de pouvoir.

CNews ou la reconquête de la parole

C’est dans ce contexte qu’intervient son basculement vers les médias. 

Et c’est sans doute le cœur du livre. 

Sur CNews, Georges Fenech dit avoir retrouvé ce qu’il avait perdu : une parole.

 Une capacité à intervenir dans le débat public, à porter des idées qu’il estime partagées par une partie des Français.

 « CNews, c’est une bouffée d’oxygène dans le paysage audiovisuel », affirme-t-il. 

Une formule qui résume sa vision d’une chaîne devenue, selon lui, un espace d’expression alternatif, face à des médias qu’il juge plus contraints.

Il insiste également sur l’adhésion du public : « Les Français se sont approprié cette chaîne. C’est la leur et on ne doit pas y toucher. »

 Mais cette liberté revendiquée s’accompagne d’une pression constante.

 Régulateurs, critiques médiatiques, accusations politiques : Georges Fenech décrit dans son livre un environnement hostile où la parole reste possible, mais sous surveillance.

 

 Une « épée de Damoclès » permanente qui nourrit, selon lui, un climat d’autocensure.

Au fil des pages, une autre dimension affleure : plus intime, presque existentielle. 

Celle d’un homme confronté à la perte de sa parole publique après 2017, puis à sa reconquête par les médias.

 « Cette parole publique, pour moi, elle est très précieuse », explique-t-il encore.

 Ce n’est plus seulement un témoignage, mais un engagement. 

Celui d’un homme qui entend continuer à « agir par la parole ».

 

Enfin, le livre se referme sur une réflexion plus large, presque civilisationnelle. 

À travers la citation d’Ernest Renan - « Une patrie n'existe que si chacun consent à l'habiter » - où Georges Fenech interroge ce qui fait encore nation. 

Son combat, dit-il, n’est pas abstrait. 

Il est concret, presque familial : transmettre une société encore vivable « à ses enfants et petits-enfants ».

On pourra discuter ses analyses, contester ses positions, mais une chose est certaine : ce livre n’est pas neutre. 

Il est écrit depuis un point de tension, là où l’expérience personnelle rencontre le débat public.

 

Et dans une époque où la parole devient suspecte, Georges Fenech, dans son ouvrage, pose une question simple : qui, demain, osera encore parler librement ?

 

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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I
 Le réél finit toujours par s'imposer I 
Suivez-moi sur X : @YannMontero
 
 
ET AUSSI 

Vincent Reynouard, condamné à de la prison ferme : Où sont les défenseurs de la liberté d’expression ?

Où sont-ils ? Où sont les défenseurs attitrés de la liberté d’expression, ceux qui signent des tribunes enflammées à tour de bras, dès qu’un romancier reçoit une mauvaise critique jugée intimidante ? 

 

Où sont les habitués des plateaux, les pourfendeurs de la cancel culture, les éditorialistes qui nous expliquent chaque semaine que la liberté d’expression est le thermomètre de la démocratie ?

 

L’écrivain révisionniste Vincent Reynouard vient d’être condamné à deux ans de prison sous bracelet électronique. 

Avant cela : plusieurs incarcérations, une extradition d’Écosse, des comptes bancaires fermés sur pression associative, des contrats d’enseignement rompus, des plateformes de financement coupées une à une. 

L’homme, qui conteste certains aspects de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, vit dans les locaux d’un journal, se déplace à vélo, donne des cours particuliers pour survivre.

Le silence, donc. Assourdissant. Chirurgical.

 

Deux modèles, une seule question

Nous sommes face à un choix de civilisation que personne n’ose nommer clairement.

 D’un côté, le modèle américain : la liberté d’expression comme principe quasi-absolu, protégée par le Premier Amendement. 

 Même les discours les plus odieux y sont tolérés, car la vérité est censée émerger du « marché des idées ».

 De l’autre, le modèle européen : la liberté d’expression avec des limites pour protéger la dignité humaine et prévenir l’incitation à la haine.

Les deux modèles sont cohérents sur le plan philosophique. 

Le premier fait le pari de la raison et de la transparence absolue. 

Le second fait celui de la protection et de la mémoire.

 Ce n’est pas un débat entre « bien » et « mal », mais entre deux conceptions de la démocratie.

Sauf que nos défenseurs médiatiques de la liberté d’expression ne choisissent jamais vraiment. Ils sont pour le modèle américain quand il s’agit de Charlie Hebdo ou de Salman Rushdie. 

Ils redeviennent subitement européens — voire carrément autoritaires — quand il s’agit de Reynouard. 

Ce n’est pas une position philosophique. C’est un réflexe de confort social.

 

Analyse médiatique

Si ses thèses sont fausses, pourquoi faut-il l’enfermer ?

On n’emprisonne pas un homme qui prétend que la Terre est plate ou que les Américains n’ont jamais marché sur la Lune.

 On le laisse parler, on le réfute éventuellement, on passe à autre chose. 

 

Pourquoi ? Parce que la vérité scientifique n’a pas besoin de la prison pour se défendre.

Si elle en a besoin, quelque chose ne tourne pas rond.

Reynouard soutient des thèses que l’immense majorité des historiens rejettent catégoriquement.  Soit. 

 Mais depuis quand enferme-t-on quelqu’un pour avoir tort sur un point d’histoire ?

Un fou, on l’enferme à l’asile. Un menteur, on le réfute publiquement. Un criminel, on le juge pour ses actes. 

Mais un homme qui parle, qui écrit, qui publie des vidéos — et dont les « victimes » sont des associations bien dotées en avocats et en argent — voilà un cas plus délicat. 

Voilà un cas qui mérite qu’on s’arrête.

Ses adversaires ont tout fait pour le réduire au silence. 

Résultat : il n’a jamais eu autant d’audience. Ses vidéos circulent.

 Ses livres se vendent. 

Sa condamnation est commentée dans des cercles qui l’ignoraient il y a cinq ans.

 C’est le paradoxe éternel de la censure, que Voltaire aurait reconnu, que Tocqueville aurait analysé, et que nos contemporains semblent avoir oublié dans leur précipitation à frapper.

On fabrique des martyrs en voulant fabriquer des coupables.

 

La liberté d’expression ne vaut que pour ceux qu’on aime ?

Nos grands défenseurs de la liberté d’expression ont un tropisme curieux : ils s’indignent pour les causes qui leur ressemblent, pour les gens qui fréquentent les mêmes dîners qu’eux. Ils ont défilé pour Charlie. 

Mais Reynouard ?  Trop compromettant. 

Trop éloigné de leur carte de visite.

Ce faisant, ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils prétendent s’asseoir. 

Car le principe qu’ils refusent d’appliquer ici, leurs adversaires le leur refuseront demain, avec la même bonne conscience. 

Le silence de la presse — y compris dite alternative — sur cette affaire n’est pas un oubli. 

C’est un choix confortable, un choix sans risque, un choix qui évite d’avoir à penser.

Assumons la question : où placer le curseur entre liberté et protection ? 

 Les Européens ont fait le choix, après la Seconde Guerre mondiale, d’interdire certains discours pour protéger la dignité des victimes et prévenir la résurgence du nazisme – et du communisme dans d’autres pays. 

C’est un choix fait par des sociétés qui ont vu les conséquences du totalitarisme.

Mais ce choix a un prix : celui de décider quelles vérités peuvent être questionnées et lesquelles ne le peuvent pas. 

Qui décide ? Les tribunaux ? Les associations ? L’État ?

 Et jusqu’où va cette logique ?

 Aujourd’hui Reynouard, demain qui ?

Les Américains ont fait un autre choix : tout peut être dit, même l’ignoble, car la censure est plus dangereuse que le mensonge. 

Eux aussi paient un prix : celui de devoir supporter TOUS les discours, avec l’espoir que la vérité finira par l’emporter.

Aucun des deux systèmes n’est parfait. 

Mais au moins, les Américains sont cohérents.

 

L’hypocrisie française

En France, nous voulons le beurre et l’argent du beurre. 

Certains voudraient pouvoir insulter des prophètes au nom de la liberté d’expression, moquer des religions qui touchent des milliards de fidèles sur notre planète, mais envoyer en prison celui qui conteste les chambres à gaz.

 Nous voulons être Voltaire quand ça nous arrange, et Robespierre quand ça nous protège.

Cette schizophrénie n’est pas tenable. 

Soit nous assumons le modèle européen jusqu’au bout — avec ses interdictions, ses lois mémorielles, ses limites — et nous acceptons que d’autres groupes, demain, réclament les mêmes protections (et ils le font déjà).

 Soit nous basculons vers le modèle américain et nous acceptons que tout puisse être dit, y compris ce qui nous révulse.

Mais cette position intermédiaire, où l’on défend la liberté d’expression pour ses amis et la censure pour ses ennemis, c’est de l’opportunisme déguisé en principe.

Penser, c’est accepter l’inconfort

Penser ici, c’est accepter un inconfort : celui de défendre le droit à la parole d’un homme dont on ne partage ni les thèses ni les conclusions. 

C’est le seul test qui vaille. 

Et manifestement, nous ne le passons pas.

Une démocratie qui condamne des mots dans le silence de ceux qui ont pométier de veiller est une démocratie qui a décidé de se faire confiance à elle-même un peu moins. 

C’est une mauvaise décision. 

Et le silence qui l’entoure est une lâcheté

.La question n’est pas de savoir si Vincent Reynouard a raison ou tort.

 La question est de savoir si une démocratie saine enferme les gens parce qu’on estime qu’ils ont tort.

YV

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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