L’onde de choc du meurtre de Quentin Deranque n’en finit pas de frapper haut, loin et fort dans le monde médiatique et politique.
Chacun est sommé de prendre parti. Il y a ceux qui trouvent que c’est bien mérité (les profs de Sciences Po Lyon sur leur groupe WhatsApp, comme l'a révélé Le Figaro) ; il y a ceux qui ont un soupçon de décence (Clémentine Autain) et ceux qui ignorent jusqu’au sens de ce mot (Aurélien Taché, dont nous parlions tout dernièrement) ; il y a aussi ceux qui tiennent à rappeler que tout ça, c’est bien triste, mais que le vrai combat est l’antifascisme.
C’est le cas de L’Humanité, un journal qui, décidément, n’a jamais vraiment su porter son nom et dont les généreuses subventions du contribuable maintiennent l’ignominie à flot.
Et puis… et puis il y a Emmanuel Macron.
C’est qu’il est président de la République, après tout, Président de tous les Français, de toutes-et-tous, de chacune-et-chacun, en responsabilité.
Il pourrait en profiter pour faire l’union nationale autour d’un meurtre particulièrement lâche et odieux, un meurtre emblématique. L’a-t-il fait ? Bien sûr que non…
« Les partis politiques quels qu’ils soient... »
Ce samedi, Emmanuel Macron était au Salon de l’agriculture – un salon sans vaches, à cause de la fameuse dermatose nodulaire.
Ça aussi, c’est emblématique, d’ailleurs. Le Président a profité de ce passage obligé pour dire un petit mot sur le meurtre de Quentin : « C’est un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué », a-t-il dit.
Il n’avait pas eu tant de circonspection lors de la mort de Nahel, puisqu’il avait condamné par avance la police nationale dans un tweet aussi lapidaire qu’injuste.
Notre bon maître annonce par ailleurs qu’une réunion extraordinaire, qu’il convoque pour la semaine prochaine, « doit faire un point complet sur les groupes d’action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques quels qu’ils soient ».
Ça, pour le coup, ça ne manque pas de culot.
Le coup de l'OAS...
On lit très bien entre les lignes du discours présidentiel : l’extrême gauche et l’extrême droite seraient aussi fautives l’une que l’autre dans la persistance de groupes politiques violents.
Les gauchistes vont pouvoir nous refaire le coup des Camelots du roi, de l'OAS (ça, c'est fait...), du SAC et du GUD, de l’extrême droite qui tue, etc.
Seulement, il y a maintenant un hic : l’Action française ne se bat plus dans les rues, le SAC n’a pas été remplacé depuis la terrible tuerie d’Auriol, le GUD a depuis longtemps été publiquement désavoué par le RN et, dans le monde politique, les « fachos » au sens large se sont détachés depuis un bon moment des mouvements dits nationalistes et identitaires.
Marion Maréchal a dit tout son mépris pour le Comité du 9 mai, Jordan Bardella et Marine Le Pen ont dit qu’ils dissoudraient toutes les organisations extrémistes de gauche comme de droite…
Eux, au moins, ne font pas mystère de leur métamorphose.
À gauche, en revanche, c’est moins clair.
On semble avoir besoin d’une cible et, au besoin, on se réfugie dans la légitime défense (Mélenchon et Raphaël Arnault appellent ça « l'autodéfense populaire »), généralement en surnombre, contre quelqu’un qui a le tort de ne pas être de gauche.
En souhaitant ménager la chèvre et le chou, avec cet art méphistophélique de l’en-même-temps qui demeurera son seul héritage, Emmanuel Macron, une fois de plus, est loin d’être « à la hauteur des enjeux », selon la formule consacrée.
Il faut dire qu’il doit ses deux mandats au report des voix d’extrême gauche lors du second tour.
On ne le savait pas si reconnaissant.

Arnaud Florac
Chroniqueur à BV https://www.bvoltaire.fr/point-de-vue-quentin-macron-
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire