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Et pour Israël des sanctions ?, par Jacques Frantz
dans Etats-Unis / International / Iran / Israël / Palestine /
par Jacques Frantz — 15 juin 2025
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par Jacques Frantz
« Je m’étonne de la mansuétude des États et de leurs médias à la suite des frappes d’Israël contre l’Iran. »
Souvenez-vous ! C’était le 24 février 2022.
La Russie débutait ce qu’elle appelait son « opération militaire spéciale ».
Les pays occidentaux n’ont pas hésité à surenchérir tant dans le verbe que dans le geste.
Dans le verbe, on a immédiatement parlé d’agression.
Dans le geste, des sanctions sans précédent ont été prises contre la Russie.
Enfin, quand je dis « sanctions », il faut tout de même nuancer.
Parce qu’aucune instance judiciaire ou d’arbitrage international seuls habilités à prononcer des « sanctions » n’ont statué. Pour le cas où d’aucuns l’auraient oublié, rappelons que la Russie est intervenue pour mettre fin aux exactions perpétrées contre des populations aux seuls motifs qu’elles étaient russophones et qu’elles étaient attachées à l’Église orthodoxe liée à Moscou, ce qui est leur droit et, partant, ne justifie pas une telle répression.
À cela, il convient d’ajouter que la Russie avait fixé des conditions claires et raisonnables qui auraient évité son intervention.
Pour faire bonne mesure, on rappellera également que tout a été fait pour faire capoter un accord de paix pratiquement conclu.
C’est pourquoi, je m’étonne de la mansuétude des États et de leurs médias à la suite des frappes d’Israël contre l’Iran.
Tout ce beau monde serait-il devenu raisonnable ?
Serait-on tout d’un coup devenu nuancé ?
En effet, pourquoi lorsque la Russie envoie des soldats en Ukraine c’est une agression, alors que quand Netanyahou envoie des bombes sur un pays qui ne lui a strictement rien fait on parle de « frappes préventives ».
Qu’en termes choisis ces choses-là sont dites.
Les bombes des Hébreux seraient-elles plus douces que celles de Poutine ?
Certains m’objecteront que, quand même, l’Iran était sur le point d’avoir l’arme nucléaire (dixit entre autres les Israéliens et les Américains qui ont l’arme nucléaire).
J’ai envie de dire « et alors » ?
L’Iran est un État souverain qui a le droit de s’armer comme il l’entend et de se procurer les outils de dissuasion qui bons lui semblent.
Y aurait-il des États moins souverains que d’autres ?
C’est que… l’Iran est une république islamique (des deux vocables je ne sais d’ailleurs pas lequel est le pire).
Par conséquent, il serait dangereux que l’Iran possède une bombinette atomique.
J’entends bien que les mollahs à la tête de l’Iran ne sont pas des saints.
Je n’ai pas oublié non plus les tentatives odieuses de déstabilisation au Liban et en Europe.
On peut citer de mémoire les attentats à Paris en 1986, l’assassinat de Chapour Bakhtiar, les méfaits d’Anis Naccache, j’en passe et des meilleures.
À cela il faut répondre que d’une part c’était il y a 40 ans et qu’à l’époque les Français ont été très mesurés dans les sanctions pénales au nom de la raison d’État.
Rappelons aussi que sans la CIA et sans la France (c’est peu ou prou la même chose), il n’y aurait pas de république islamique.
Bref, tout ça pour dire qu’avant de donner des leçons et, le cas échéant, de punir, il convient de se regarder dans une glace.
Par conséquent, on attend avec impatience que les mêmes sanctions soient appliquées à Israël avec la même rigueur qu’elles l’ont été à la Russie.
On attend donc avec impatience et gourmandise la déconnexion du système bancaire israélien afin d’empêcher toute transaction internationale en provenance et à destination de ce pays ; l’interdiction de survol de l’espace aérien américain et européen par l’aviation civile et bien sûr militaire de l’État d’Israël ; le gel des avoirs à l’étranger de tous les investisseurs détenteurs de la nationalité israélienne ; la confiscation desdits avoirs pour financer la reconstruction et les réparations des dommages causés en Iran agressé…
La liste n’est pas exhaustive mais je suis certains que l’imagination d’Ursula, de Macron et des autres complètera la liste mieux que je n’aurais pu le faire.
Quand nous en serons là, alors, on pourra commencer à prendre au sérieux les donneurs de leçons.
J’ajoute pour conclure que la possession de l’arme nucléaire est hélas devenu le seul gage de paix et de stabilité pour un pays.
J’en veux pour preuve la Corée du Nord certes inlassablement vilipendée par les pharisiens de la démocratie, mais à qui on fout une paix royale au seul motif qu’elle dispose d’une arme de dissuasion.
Qu’on se le dise !
Par Jacques Frantz
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Israël dernier rempart contre les mollahs iraniens

Source : https://ripostelaique.com/
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Israël-Iran : la logique de l'abîme
Thomas Joly, président du Parti de la France
L’attaque spectaculaire menée cette nuit par Israël contre l’Iran — avec la mort confirmée du chef des gardiens de la Révolution islamique et du chef d’état-major iranien, ainsi que la destruction de plusieurs sites stratégiques — marque un tournant historique d’une gravité extrême pour le Moyen-Orient.
En frappant le cœur même du pouvoir iranien, Israël prétend agir de manière préventive, pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.
Mais une telle logique de frappe préventive, toujours discutable sur le plan du droit international, devient terriblement dangereuse lorsqu’elle est menée par un État comme Israël, dont l’arsenal nucléaire existe déjà mais n’a jamais été officiellement reconnu.
Peut-on vraiment justifier l’un au nom de l’autre ?
L’Iran,
certes, paie aujourd’hui le prix de son double jeu permanent : soutien
armé et financier au Hamas, rhétorique belliqueuse envers l’État hébreu,
rôle opaque dans les événements sanglants du 7 octobre.
Mais cela ne saurait excuser un tel embrasement.
Ce n’est pas seulement une escalade ; c’est une conflagration en germe.
En agissant seul, sans concertation
avec son principal allié, Israël prend le risque de fracturer encore
davantage l’ordre international et de compromettre durablement la paix
dans la région.
Donald
Trump, que l’on dit prévenu à l’avance et opposé à cette opération, a
vu son avertissement superbement ignoré.
Il est temps qu’il rappelle à
Tel-Aviv une vérité géopolitique simple : sans l’ombrelle militaire et
diplomatique américaine, Israël serait aujourd’hui à la merci de ses
ennemis.
Cette
attaque n’annonce rien de bon.`
Ni pour la stabilité régionale, ni pour les relations transatlantiques, ni pour l’avenir de la dissuasion nucléaire.
Le Moyen-Orient entre une fois encore dans la zone rouge.
Article publié sur le blog politique de Thomas Joly, le 13 juin. Cliquez ici.
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