lundi 1 juin 2026

POURQUOI LA GAUCHE AIME LES RAVES ILLÉGALES ET DÉTESTE LES BANQUETS FRANÇAIS ? ( BALBINO KATZ )

 

 


TRIBUNE LIBRE !

dimanche, 31 mai 2026

Pourquoi la gauche aime les raves illégales et déteste les banquets français ?

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Balbino Katz
Chroniqueur des vents et des marées

À la pointe de Lechiagat, ce matin-là, le vent venait du large avec cette franchise rude qui ne demande l’avis de personne. 

La mer, grise et dure, montait par nappes sous le ciel bas. 

Au bout des rochers, quelques goélands tenaient tête aux rafales comme de vieux douaniers du littoral, indifférents aux agitations de Paris, aux fureurs de plateaux, aux circulaires ministérielles, aux petites terreurs morales qui traversent notre époque avec l’air d’avoir inventé la vertu.

Je m’étais arrêté là, face à l’eau, avant de lire coup sur coup deux textes qui, mis ensemble, disent plus sur notre temps que cent colloques sur la liberté. 

 D’un côté, un long plaidoyer de Libération en faveur des free parties, de leurs sound systems, de leurs teknivals, de leurs « teufeurs » persécutés, de leur prétendu modèle égalitaire et autogestionnaire. 

De l’autre, les enquêtes du Figaro sur les banquets du Canon français, ces repas populaires où l’on mange, boit, chante, parle de terroir, de patrimoine, de vin, de cochonnailles, de pays charnel et de France familière. 

Dans un cas, l’illégalité devient poésie sociale.

 Dans l’autre, la convivialité autorisée devient suspecte.

 

Il y a là un paradoxe apparent.

 Apparent seulement.

La gauche contemporaine, celle qui a toujours le mot liberté à la bouche et l’interdiction au bout des doigts, se mobilise pour défendre les fêtes musicales illégales, les rassemblements clandestins, les sonos dressées dans la nuit, les foules anonymes piétinant des terrains qui ne leur appartiennent pas toujours. 

Elle dénonce aussitôt la répression, les violences policières, l’État sécuritaire, l’acharnement préfectoral. 

Le raveur devient une sorte de maquisard des basses fréquences, un insurgé du caisson, un Gavroche électronique les pieds dans la boue et la tête dans les enceintes.

La même gauche, en revanche, déchaîne ses anathèmes dès qu’un banquet enraciné se tient quelque part. Banquet du Canon français, fête du cochon, repas de terroir, chants à boire, bérets, bretelles, vin du pays, cochonnailles, Marseillaise ou Sardou repris en chœur, aussitôt le soupçon surgit.

 On cherche l’arrière-pensée. On guette le geste. 

On extrait quatre secondes de vidéo. 

On scrute un bras levé dans une foule comme l’inquisiteur d’autrefois inspectait une virgule suspecte dans un missel. 

Puis l’on demande l’annulation, l’interdiction, la déprogrammation, le boycottage.

Au nom du bien, naturellement. Toujours au nom du bien.

 

Cette manie d’interdire est l’une des pathologies les plus constantes de la gauche morale. 

Elle ne dit jamais franchement : « Je veux faire taire ce que je hais. » Elle dit : « Je protège. » 

Elle protège la jeunesse, la République, la diversité, le vivre-ensemble, la dignité, l’espace public, la sensibilité des minorités, la planète, les femmes, les faibles, les lendemains. 

Sous ce dais de belles paroles, elle avance avec ses ciseaux. 

Elle coupe, elle censure, elle ferme, elle dénonce, elle harcèle, elle fait pression sur les propriétaires de salles, les maires, les préfets, les assureurs, les employeurs, les annonceurs. 

La liberté ne l’intéresse que lorsqu’elle sert à désarmer ses adversaires.

 

Pourquoi cette indulgence pour les raves et cette haine contre les banquets ?

La réponse tient en peu de mots.

 Les raves ne menacent pas la gauche.  Les banquets enracinés, si.

Dans une rave, telle que la célèbre l’imaginaire progressiste, il y a des individus. 

Beaucoup d’individus. 

Des corps anonymes, brassés par le son, interchangeables, sans généalogie apparente, sans table, sans place assignée, sans conversation véritable, sans mémoire commune. 

On ne s’y transmet rien, sinon une vibration.

 On n’y célèbre aucune lignée, aucun métier, aucun village, aucun saint patron, aucune fidélité. 

On y gigote devant un mur de sons.

 On y dissout l’individu dans une masse provisoire, nomade, nocturne, égalitaire par épuisement des formes. 

C’est l’humanité rêvée par la gauche tardive : mobile, déliée, désaffiliée, sans père, sans clocher, sans héritage, sans épaisseur.

Cette foule-là lui convient.

 Elle peut la baptiser « autogestionnaire ». Elle peut y voir une avant-garde. 

Elle peut y projeter ses songes d’horizontalité, de refus de l’autorité, de transgression douce, de fraternité sans racines.

 Le raveur ne lui demande pas de défendre une patrie. 

Il ne lui demande pas de respecter une coutume. 

Il ne lui rappelle pas la vieille France, ni la vieille Bretagne, ni la vieille Europe.

 Il ne lui présente pas une table dressée, des anciens, des enfants, des chansons, des gestes transmis.

 Il est une silhouette dans la poussière sonore

. On comprend qu’elle l’aime.

 

Le banquet, lui, est d’une tout autre nature.

 À table, les hommes cessent d’être des particules. Ils deviennent des convives. 

Le mot est magnifique. 

Il vient du latin convivium, le repas pris ensemble, ce moment où manger et boire ne servent pas seulement à nourrir le corps, mais à faire tenir une communauté.

 Le banquet, dans notre histoire, n’est pas une fantaisie de beaufs attardés. 

Il est l’une des grandes formes de la sociabilité européenne.

 On y scelle des alliances. On y honore les morts. On y reçoit les nouveaux mariés.

 On y célèbre la moisson, le saint patron, la corporation, le régiment, la commune, la victoire, le retour, la promesse.

 

La France, de ce point de vue, est un pays de tables. 

Tables de village, tables de famille, tables de conscrits, tables d’anciens combattants, tables de pardons, tables de sociétés de secours, tables de maires, tables de vignerons, tables de chasse, tables d’ouvriers, tables de paysans, tables de notables et tables de pauvres où l’on partageait peu, mais où l’on partageait tout de même.

 Le Figaro rappelait justement que les banquets traversent toute notre histoire, du Moyen Âge aux grandes agapes républicaines, de la tapisserie de Bayeux aux banquets politiques du XIXe siècle, jusqu’aux repas collectifs de la société civile. 

La gauche, autrefois, le savait. 

La campagne des banquets contribua même à faire trembler la monarchie de Juillet.

 

Ce que la gauche ne supporte plus aujourd’hui, ce n’est pas le banquet en lui-même.

 C’est le banquet qui lui échappe. 

Elle adore les grandes tablées lorsqu’elles chantent ses chansons, servent ses causes, recyclent ses éléments de langage, célèbrent ses icônes et portent ses rubans.

 Elle les exècre lorsqu’elles rassemblent des gens qui n’ont pas honte d’être ce qu’ils sont. 

Voilà le crime réel du Canon français et des fêtes du cochon. 

Non pas manger trop gras, boire trop fort ou chanter trop faux. 

Leur crime est de montrer des Français, souvent jeunes, qui ne demandent pas pardon d’aimer la France charnelle.

 

C’est cela qui rend fou le petit clergé progressiste. 

Des jeunes qui ne rêvent pas seulement de Berlin, de festivals subventionnés, de playlists mondialisées et de slogans climatiques en anglais.

 Des jeunes qui reviennent au vin, au cochon, au fromage, au chant, au drapeau, au village, au patrimoine, aux vieux mots, au rire sonore, au goût de la ripaille. 

Des jeunes qui trouvent quelque chose à aimer dans ce que l’on avait passé cinquante ans à leur présenter comme ringard, coupable, suspect ou nauséabond.

 

La gauche liberticide a bien compris le danger. Un individu isolé se gouverne facilement. Une foule sonore se disperse au matin. Un consommateur de fête nocturne rentre chez lui sans avoir fondé grand-chose.

 Un banquet, en revanche, peut laisser une mémoire. On s’y rencontre. On s’y reconnaît. On y découvre que l’on n’est pas seul.

 On y voit que d’autres partagent le même dégoût du mensonge, la même fatigue devant l’avilissement, le même désir de continuité. Entre deux verres et trois chansons, un peuple se souvient qu’il existe.

Voilà ce qu’il faut empêcher.

 

Les attaques contre les banquets ne relèvent donc pas seulement de l’antifascisme de pacotille. 

Celui-ci fournit la rhétorique, les mots qui tuent, les étiquettes infamantes, les procès par insinuation. 

Derrière cette mécanique, il y a une peur plus profonde : la peur de voir revenir des formes de sociabilité qui ne doivent rien à la gauche, aux subventions publiques, aux associations agréées, aux officines morales, aux médiateurs culturels, aux sociologues de préfecture.

 Une table d’hommes libres, même imparfaite, même bruyante, même triviale, même chargée de mauvais goût, est plus dangereuse pour le régime des interdictions qu’une nuit entière de techno dans la boue.

Il faut regarder les images. 

D’un côté, les rave parties offrent le spectacle de corps juvéniles battus par la cadence, tournés vers les caissons comme vers des idoles noires.

 La parole s’y dissout. L’oreille s’y soumet. La foule ne chante pas, elle reçoit.

 

 De l’autre, les banquets montrent des visages, des tables, des voisins, des verres levés, des chants imparfaits, parfois lourds, parfois admirables, peu importe. 

Il y a là quelque chose de plus ancien que la politique : la reconnaissance mutuelle.

 

Or la gauche contemporaine déteste ce qui précède la politique. 

Elle déteste la famille lorsqu’elle n’est pas recomposée selon ses normes.

 Elle déteste la nation lorsqu’elle n’est pas réduite à une procédure administrative.

 Elle déteste la religion lorsqu’elle n’est pas dissoute en vague spiritualité humanitaire. 

Elle déteste le peuple lorsqu’il vote mal, boit mal, mange mal, chante mal, rit mal. 

Elle déteste l’enracinement parce qu’il fait obstacle à son vieux rêve : refaire l’homme.

C’est ici que l’on retrouve la grande querelle que Carl Schmitt avait saisie mieux que beaucoup d’autres : toute politique véritable suppose une distinction, un choix, une ligne de partage.

 La gauche prétend abolir ces lignes au nom de l’humanité, puis elle en trace de nouvelles, plus dures, plus sournoises, plus implacables.

 Elle ne dit plus ami et ennemi. 

Elle dit inclusif et réactionnaire, festif et fascisant, émancipateur et nauséabond, populaire et populiste, liberté et haine.

 La rave est du bon côté parce qu’elle défait. 

Le banquet est du mauvais parce qu’il relie.

 

En Bretagne, nous connaissons depuis longtemps cette manie de vouloir nous dire quelles fêtes sont admissibles.

 Le pardon est pittoresque s’il devient folklore. Il devient suspect s’il redevient foi. 

La langue bretonne est charmante lorsqu’elle sert à vendre des galettes dans une vitrine touristique.

 Elle devient inquiétante lorsqu’elle porte une volonté politique.

 Le cochon est acceptable dans les livres de recettes.

 Il devient scandaleux lorsqu’il devient signe de continuité populaire. 

Les mêmes qui parlent sans cesse de diversité ne supportent les différences que neutralisées, empaillées, consommables, vidées de leur puissance.

 

À la pointe de Lechiagat, le vent ne connaît pas ces précautions. 

Il passe sur les maisons, les ports, les barques, les chapelles, les cafés, les vieilles pierres.

 Il rappelle qu’un pays n’est pas une addition d’individus disponibles pour toutes les modes. 

Un pays est une mémoire attachée à des lieux. 

Il y faut des tombes, des tables, des métiers, des paysages, des saisons, des nourritures, des fêtes, des querelles, des fidélités. 

Ceux qui ne comprennent pas cela ne comprennent rien à la liberté.

 

La vraie liberté n’est pas seulement le droit de danser dans un champ jusqu’à l’aube. 

C’est aussi le droit de se réunir paisiblement autour d’un repas sans que des commissaires politiques viennent vous examiner l’âme, la fourchette et le bulletin de vote. 

C’est le droit de chanter faux sans être immédiatement soupçonné de préparer le retour des heures sombres.

 C’est le droit de boire un verre à une table française sans devoir prouver que l’on n’est pas un monstre. C’est le droit de rire avec les siens.

 

La gauche a remplacé la liberté par l’autorisation morale. 

Tout ce qu’elle aime doit être protégé, même quand c’est illégal. Tout ce qu’elle hait doit être interdit, même quand c’est autorisé. 

Voilà sa jurisprudence réelle. La loi ne compte que lorsqu’elle sert ses passions.

 L’ordre public devient fasciste lorsqu’il s’applique aux siens. 

Il devient nécessité républicaine lorsqu’il frappe les autres. 

Ce deux poids deux mesures n’est pas un accident. Il est son régime ordinaire.

 

Les banquets du Canon français, les fêtes du cochon, les repas de terroir, toutes ces manifestations pacifiques et parfaitement autorisées disent quelque chose que la gauche ne veut plus entendre : les peuples ne vivent pas seulement d’idées générales. 

Ils vivent de signes. Ils vivent de goûts. Ils vivent d’odeurs. Ils vivent de tables où l’on se souvient ensemble.

 Le pain, le vin, le cochon, les chansons, les lieux, les vieux mots ne sont pas des détails folkloriques.

 Ce sont les amarres d’un monde.

 

Dans une société déracinée, celui qui tient encore une amarre paraît dangereux. 

On lui demandera de la lâcher.

 On lui expliquera que son rire exclut, que son repas offense, que son vin inquiète, que son cochon provoque, que sa chanson rappelle de mauvais souvenirs, que son drapeau divise, que son béret cache peut-être une menace. 

Tout sera bon pour l’obliger à rejoindre la grande plage anonyme où chacun gesticule devant les mêmes caissons, dans la même nuit, sous la même langue mondiale, avec les mêmes slogans d’émancipation.

 

Je préfère, pour ma part, une table imparfaite à une foule sans visage.

 Je préfère un chant rugueux à une vibration mécanique. 

Je préfère le banquet où l’on se parle à la rave où l’on s’absorbe. 

Je préfère les convives aux particules.

 Je préfère le peuple enraciné à la clientèle mobile des idéologues. 

Ce n’est pas une question de goût seulement. 

C’est une question de civilisation.

 

Un pays qui ne sait plus banqueter ne sait plus faire alliance.

 Un peuple qui ne sait plus s’asseoir à table ne sait plus se reconnaître. Une Bretagne qui oublierait ses repas, ses pardons, ses cochonnailles, ses chants, ses cafés, ses fêtes et ses tables longues finirait par devenir ce que l’époque attend d’elle : une région décorative, traversée de touristes, administrée par des normes, visitée par des festivals, commentée par des experts, vidée de sa force.

 

La gauche liberticide ne s’attaque donc pas aux banquets par hasard.

 Elle sent que quelque chose s’y relève.

 Quelque chose de fruste, peut-être. 

De bruyant, sûrement. D’imparfait, sans aucun doute. 

 

Quelque chose de vivant. 

Et ce vivant-là, parce qu’il n’entre pas dans son catéchisme, elle veut le faire taire.

Qu’elle défende ses raves, si cela lui chante.

 Qu’elle laisse au moins les autres s’asseoir à table.

 

Source Breizh info cliquez ici

 

 

00:46 Publié dans Balbino Katz


                                      FÊTE DU COCHON EN BRETAGNE 2021



L' ENSAUVAGEMENT C' EST MAINTENANT ! ( CHARLES ROJMAN )

 REVUE DE PRESSE !

L’ensauvagement c’est maintenant

La victoire du PSG et les ennemis du vivre ensemble


L’ensauvagement c’est maintenant
La foule fuit la police qui charge après des débordements, alors que le parc des Princes explose aux couleurs du club PSG, à Paris, le 30 mai 2026 © BENLEULMI ELIAS NEIL/SIPA

Autour de la porte Maillot, de la porte d’Auteuil et dans plusieurs quartiers de Paris, mais aussi dans certaines villes de province, la racaille décérébrée a sorti les mortiers ou commis des violences contre les forces de l’ordre ainsi que des dégradations visant vitrines et mobilier urbain dès le début du match du Paris Saint-Germain, samedi.


Les voitures brûlaient tandis que les joueurs du PSG soulevaient la Coupe. 

Les écrans diffusaient simultanément les images du triomphe et celles des pillages. 

D’un côté, des footballeurs célébrés comme des héros nationaux. 

De l’autre, des commerces dévastés, des vitrines brisées, des policiers attaqués, des rues transformées en terrain d’affrontement.

La soirée s’est soldée par un lourd bilan: un mort circulant en deux-roues sur le périphérique envahi par la foule, 219 blessés, dont huit grièvement, et 780 personnes interpellées par la police. 

Recevant les joueurs à l’Élysée, le président Macron s’est borné hier à déplorer «des scènes de violences inacceptables», sans qu’il soit certain que d’autres émeutes ne se produiront pas lors de la Coupe du monde qui débute dans une dizaine de jours et alors que rien ne permet d’affirmer que les casseurs seront effectivement sévèrement réprimés par la justice.

 

La France des émeutes intermittentes

Les commentateurs ont parlé de débordements. Mais le mot est faible.

Car ce qui s’est produit à Paris et dans plusieurs villes françaises après la victoire du PSG ne relève plus de l’accident. 

Ces scènes se répètent après les matchs, les fêtes nationales, le Nouvel An ou le moindre prétexte susceptible de rassembler les foules.

 Elles sont devenues un phénomène social à part entière.

Depuis des décennies, les gouvernements de gauche, rejoints souvent par une partie de la droite, ainsi que les organisations militantes comme SOS Racisme, ont promu l’idée selon laquelle il suffirait de proclamer le vivre ensemble pour le faire exister.

Ils ont oublié une évidence : le vivre ensemble ne se décrète pas.

 Il résulte d’une volonté partagée. 

Il suppose que des individus différents acceptent librement de respecter les mêmes règles, les mêmes institutions et les mêmes limites. 

Or une partie croissante de la population manifeste depuis longtemps son refus de cette exigence.

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Depuis des années, il est devenu évident que la dénonciation permanente du racisme supposé de la société française alimentait paradoxalement les logiques de séparation. 

À force d’expliquer à certains groupes qu’ils vivent dans un pays fondamentalement hostile, on nourrit moins l’intégration que le ressentiment. 

On fabrique des adversaires là où l’on prétend créer des citoyens.

Une partie des descendants de l’immigration maghrébine, rejoints aujourd’hui par certains groupes issus d’autres immigrations plus récentes, exprime ce rejet sous des formes diverses : violences gratuites, trafics, agressions, refus de l’autorité, attaques contre les représentants de l’État, émeutes périodiques et parfois terrorisme. 

Pendant longtemps, ces phénomènes ont été minimisés. 

On les a présentés comme des faits divers. 

On les a expliqués par la pauvreté, l’exclusion ou les discriminations. 

Toute analyse plus profonde devenait aussitôt suspecte. 

Pourtant, les faits s’accumulent.

Ce que révèlent les violences qui accompagnent désormais tant de célébrations publiques, ce n’est pas seulement un problème de sécurité. 

C’est l’existence de groupes pour lesquels les institutions, les symboles nationaux et les biens communs ne constituent plus un patrimoine à protéger mais une réalité étrangère, parfois hostile.

 On ne détruit pas ce que l’on considère comme sien. 

On ne saccage pas ce à quoi l’on appartient. 

La question devient alors inévitable : comment une société produit-elle ses propres ennemis ?

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Contrairement à ce que prétendent les discours simplistes, l’islam ne suffit pas à expliquer ce phénomène.

 L’histoire est remplie de mouvements violents qui n’avaient rien de musulman : révolutionnaires chinois, nazis, fascistes, communistes, génocidaires rwandais ou khmers rouges.

 En Amérique latine, la violence est endémique.

Partout, on retrouve les mêmes mécanismes : le ressentiment, la jalousie, la haine sociale, le désir de domination, la victimisation permanente et, presque toujours, la désignation d’un ennemi supposé responsable de tous les malheurs. 

Mais dans l’Europe contemporaine, l’islamisme fournit à ces passions un langage, une justification et une promesse.

 

Nouvelle France

L’immigration massive a favorisé la constitution de territoires où d’autres normes, d’autres autorités et parfois d’autres fidélités concurrencent celles de la nation. 

Les caïds, les trafiquants et les prédicateurs y exercent souvent davantage d’influence que les représentants de l’État. 

Les différences de genre, de génération, de couleurs de peau ne sont pas le problème. 

Le problème est la violence. Le problème est le refus des règles communes. 

Le problème est l’apparition d’individus ou de groupes qui ne souhaitent pas réellement participer à la société mais la transformer en champ de bataille symbolique où se règlent des comptes historiques, sociaux ou identitaires.

 

Les prochaines échéances électorales tourneront largement autour de cette question. 

Car les classes populaires, françaises de toutes origines, vivent quotidiennement les conséquences de cette évolution. 

Elles n’ont pas la possibilité de s’en abstraire. 

Les élites, elles, demeurent largement protégées. 

Elles vivent dans des quartiers préservés, fréquentent des établissements sélectifs et disposent des ressources nécessaires pour échapper aux réalités qu’elles analysent ensuite à distance.

La nuit qui a suivi la victoire du PSG n’était donc pas seulement une nuit d’émeute. 

Elle fut une démonstration. 

La démonstration qu’aucune société ne peut survivre longtemps lorsque ceux qui refusent les règles communes deviennent plus déterminés que ceux qui sont chargés de les défendre.

 Source et Publication :  https://www.causeur.fr/psg-casseurs-finale-coupe-deurope

La société malade

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