mercredi 27 mai 2026

SOCIÉTÉ : TU SERAS GAMER, MON FILS ! LA FRANCE N' EN FINIT PAS DE SACRIFIER SA JEUNESSE !


Tu seras gamer, mon fils

Jouez, il n’y a rien à voir


Tu seras gamer, mon fils
DaXe (à droite), joueur star esport du PSG, est le champion du monde en titre et grand favori de la compétition lors de la phase finale du tournoi esport France FIFA17 qui s'est déroulé à l'Olympia de Paris, le mardi 20 décembre 2016. © Tristan Reynaud/SIPA

L’inscription de l’esport, le «jeu vidéo compétitif», dans le cursus scolaire à la rentrée prochaine fait bondir l’enseignante et essayiste Lisa Hirsig. À juste titre. 

La France n’en finit pas de sacrifier sa jeunesse.


Le gouvernement affiche bruyamment sa croisade contre l’addiction des adolescents aux écrans.

 Mais en même temps, Matignon a validé en catimini la stratégie nationale « Esport 2026-2030 » qui prévoit d’intégrer le jeu vidéo de compétition dans les parcours scolaires !

 Le 8 avril dernier, les huiles qui nous gouvernent ont décidé d’un plan quinquennal en vue d’aménager des horaires pour les jeunes gamers à l’école.

Depuis des mois, des campagnes point gouv nous exhortent à « faire bouger nos ados », rappelant que l’obésité et la sédentarité sont des fléaux et les professeurs de sport s’alarment du fait que la moitié des élèves de sixième soient incapables de courir plus de cinq minutes.

 Comment expliquer alors que le ministère de l’Éducation nationale valide cette promotion de l’esport – qui n’a de sportif que le nom puisqu’il s’agit de tournois en ligne – au cœur de nos écoles ? 

Accès de schizophrénie ou calcul cynique ?

 

Dirigisme et marchandisation de l’école

Sous couvert de développement économique de l’industrie numérique, ce plan déploie une stratégie interministérielle incluant des partenariats avec les acteurs privés du jeu vidéo, l’inscription de l’esport dans les parcours éducatifs, un programme national « Esport et Éducation » pour vanter les « débouchés professionnels », et la création d’outils pédagogiques pour les enseignants. 

Cette initiative illustre une dérive étatique typique : l’interventionnisme public au service d’un secteur privé, au mépris des libertés individuelles et des données scientifiques sur la santé des enfants.

 L’État s’apprête à transformer les écoles en incubateurs de futurs « pros du joystick », alors même que l’illettrisme, le décrochage et l’obésité explosent.

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Convaincus de son bon droit à flécher l’argent du contribuable, l’État se montre une nouvelle fois interventionniste sans aucune excuse.

 Nous ne sommes pas en guerre, les Français n’ont pas réclamé une « stratégie de développement de l’esport en France », bref, rien ne justifie que des fonctionnaires fassent profiter d’un public captif et mineur à des « partenaires privés ». 

L’école publique n’est pas un laboratoire. 

Nos enfants ne sont pas des cobayes. 

Et les subventions déguisées sont illégales.

 

Personne n’a demandé leur avis aux parents d’élèves qui bien souvent bataillent à la maison pour que leurs enfants décrochent des écrans. 

Il leur revient pourtant de choisir s’ils souhaitent exposer leurs enfants à des pratiques potentiellement addictives.

 Les fonds publics et les heures de classe n’ont pas pour vocation de stimuler tel ou tel secteur. 

Que les studios vendent leurs jeux ; que les individus et le marché décident. 

Pas un ministère.

 

Des ravages sanitaires en cascade

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande de façon on ne peut plus claire des temps d’écran extrêmement limités pour les enfants. 

Elle se base sur de nombreuses études concordantes : une recherche de l’université canadienne McMaster démontre notamment que l’addiction aux jeux vidéo est à l’origine du manque de sommeil chez les jeunes joueurs, ce qui a pour conséquences une élévation de la pression artérielle, du taux de mauvais cholestérol, de triglycérides, et de la résistance à l’insuline. 

Le Dr. Mark Tremblay et ses collègues soulignent le lien direct entre sédentarité, écrans et obésité. 

Harvard Health note que le gaming excessif est associé à la dépression, l’agressivité et l’anxiété, sans oublier la prise de poids due à la surconsommation alimentaire pendant les sessions.

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Les pédiatres et neurologues ne mâchent pas leurs mots. 

Le Dr. Rebecca Foljambe, pédiatre, témoigne des effets dévastateurs sur le développement physique et mental: anxiété et troubles de l’attention doublés au-delà de trois heures d’écran par jour. 

Le Dr. Ran Barzilay (Children’s Hospital of Philadelphia) lie également l’accès précoce aux jeux sur écrans à une hausse des risques de dépression, d’obésité et d’insomnies. 

Des neurologues pédiatriques alertent sur les conséquences des jeux vidéo à hautes doses sur un cerveau en développement: circuits de récompense dopaminergiques hyperstimulés, addiction comparable aux drogues ou à l’alcool, altération de l’attention et de la régulation émotionnelle. 

Le tableau est terrifiant. 

 

Snobisme chronologique

« L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude », écrivait Paul Valéry. 

 

Or l’école doit former des personnes libres, pas des adorateurs de leur propre asservissement ni des « élèves sensibilisés aux débouchés » d’une industrie quelle qu’elle soit. 

Elle doit donc se montrer critique vis-à-vis des lubies modernes.

 Pendant que la France dégringole dans les classements internationaux, on mise sur le ludique virtuel qui n’a jamais fait ses preuves. 

C’est la tendance qu’avait amorcée Najat Vallaud-Belkacem avec la mise en œuvre du « plan numérique » à l’école.

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Nous savons tous que le sport c’est l’effort, la discipline, la constance, qualités éminemment utiles dans la démarche d’apprentissage. 

Comme l’écrit Julia de Funès dans La Vertu dangereuse : « Une seule et unique vérité féroce gouverne le sport : celle du mérite. » 

 Or celui-ci est aujourd’hui méthodiquement rejeté de l’école au profit de l’égalitarisme.

 

Nos responsables politiques nous rebattent les oreilles de leurs discours d’exigence et d’excellence puis décident, sans aucun débat public, de transformer les collèges en LAN parties1 subventionnées.

 Le progressisme, ce « snobisme chronologique2 » qui empêche l’école de jouer son rôle de transmission et de conservation civilisationnelle, est un fléau bien plus redoutable que l’obésité, surtout lorsqu’il est érigé en dogme par la caste au pouvoir.

 

Source et Publication :   https://www.causeur.fr/




La Grande Garderie

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  1. Tournois de jeux en ligne. ↩︎
  2. Expression que je dois à Clive Staples Lewis. ↩︎

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