vendredi 1 février 2019

LE COMMUNIQUÉ DE L' INSTITUT POUR LA JUSTICE !

Chère Madame, cher Monsieur,

Je vous avais dit que je vous tiendrai informé du verdict du procès du « mur des cons ». 

Le jugement a été rendu hier.

L’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature, Françoise Martres, a été condamnée pour injure publique.

Ah, une excellente nouvelle pour la justice, pourrait-on se dire ! Enfin une condamnation dans cette histoire consternante du « mur des cons ».

Que nenni… quand on y regarde de plus près, cette condamnation a un goût amer.

Françoise Martres a certes été condamnée pour injure publique, mais plus précisément, elle a été condamnée à 500 euros d’amende avec sursis pour injure publique au préjudice du Général Schmitt.

Elle devra également lui verser 5 000 euros de dommages et intérêts et 10 000 euros au titre des frais de justice. 


Pour rappel, il était épinglé sur le « mur des cons » pour avoir eu l’outrecuidance de critiquer le fonctionnement de la Justice après l’assassinat de sa fille dans un RER par un récidiviste.

Nous nous réjouissons que le Général Schmitt obtienne réparation. C’est tout à fait normal.

En revanche, François Martres a été relaxée (c’est-à-dire que les poursuite ont été abandonnées) pour des motifs de forme concernant les hommes politiques qui la poursuivaient.

Alors, quelles conclusions tirer d’un tel verdict ? La Justice a été rendue certes, mais j’ai l’impression qu’elle a surtout voulu « ménager la chèvre et le chou ».

On se demanderait presque si les choses n’ont pas été vues ainsi :

« L’opinion publique attend un geste fort, alors retenons l’injure publique pour le père d’une victime, dont l’épinglage sur le mur a été très mal perçu, et rejetons toutes les accusations concernant les hommes politiques. 


Les gens retiendront que l’ancienne Présidente a été condamnée. L’honneur de la Justice sera sauf et nous pourrons esquiver le fond du problème. »

Je vous entends me dire, « c’est un peu facile ». Et vous avez raison.

Pendant le procès, le sociologue Laurent Mucchielli, venu au secours des magistrats du Syndicat aux « blagues potaches », avait carrément justifié l’existence de ce mur pendant le procès en expliquant : « le Mur des Cons était destiné à renforcer la cohésion professionnelle au sein d’un local syndical ». 


Il ajoute aussi que « les magistrats étaient bien plus outragés par les politiques. Le « mur des cons » était une façon de leur rendre la monnaie de leur pièce ».

Il semble que ce « sociologue », par ailleurs virtuose de la culture de l’excuse, aurait pu dire plus justement : « le mur des cons était destiné à renforcer l’esprit clanique des membres du syndicat et à attiser leur soif de vengeance contre ceux qui ne pensent pas comme eux. »

Vous me connaissez, il m’arrive de ne pas être tendre avec nos dirigeants politiques et de critiquer ouvertement des décisions ou des prises de position. 

Mais il est hors de question d’en venir un jour aux insultes ! Alors comment imaginer que cela puisse être possible de la part de magistrats ?
 Après un tel verdict pour les hommes politiques moqués et insultés, comment faire encore confiance à la Justice ?

Comment faire encore confiance à la justice quand ce procès s’est tenu plus de 5 ans après le découverte du « mur des cons » et qu’il a eu lieu presque en catimini ?

Et puis, cette relaxe va laisser planer un doute. 

Alors même que des magistrats se permettent d’afficher leur haine pour des personnes à cause de leurs idées ou de leurs convictions, comment ne pas penser que certains procès ou certaines poursuites sont directement liés au prise de position politiques des accusés ?

Pourtant, je peux vous parier que, dans les jours qui viennent, les médias vont titrer laconiquement « L’ancienne Présidente du Syndicat de la Magistrature a été condamnée pour injure publique » sans détailler davantage. 

Et basta. La page sera tournée. tout le monde retiendra qu’il y a eu condamnation.

Sauf qu’à l’IPJ, nous le savons bien, la page est loin d’être tournée. La révélation du « mur des cons » a mis au grand jour une dérive que nous dénoncions déjà depuis longtemps :

          La dérive politique du syndicalisme judiciaire, vous savez, cette forme dévoyée du syndicalisme qui bafoue le devoir de réserve des magistrats et qui met à mal l’impartialité nécessaire à la fonction de juger. Les juges syndiqués seraient-ils exemptés de cette obligation d’impartialité ? NON.

Dès sa création, l’IPJ s’est mobilisé contre la politisation du syndicalisme judiciaire. Et nous continuerons autant qu’il sera nécessaire. 


De plus, ces lobbies laxistes, comme le Syndicat de la Magistrature ont leurs entrées au Ministère de la Justice, ils occupent souvent des postes clés et reçoivent l’oreille bienveillante de la garde des Sceaux, tout comme ils avaient l’oreille attentive de Christiane Taubira avant elle.

Dans ces conditions, l’IPJ est toujours le plus efficace contre-pouvoir en France contre le laxisme ainsi qu’un rempart contre la politisation de la justice, et il doit le rester.

Mais sans vous, mon action n’aura aucun impact et nous livrerons l’avenir de la justice aux idéologues laxistes. Ils sont déjà suffisamment nombreux et actifs, croyez-moi !

Vous connaissez l’Institut pour la Justice, vous êtes fidèles à notre combat et vous suivez notre travail depuis des années. Ce n’est pas le moment de se décourager. 


Bien au contraire, avec toute l’équipe de l’IPJ nous relevons nos manches pour poursuivre notre activité de plus belle.

 Nous le devons à tous ceux qui nous soutiennent, qui croient en notre travail et qui veulent voir un changement.

Nous n’avons pas le droit de baisser les bras. Mais il m’est impossible, seule, de changer le système judiciaire. J’ai besoin de votre aide pour y parvenir. 


Vous pouvez faire un don à l’Institut pour la Justice en cliquant ici.

Avec tous mes remerciements et tout mon dévouement,
Laurence Havel



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