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samedi 12 janvier 2019

SYNDICALISME: CES FRANÇAIS VICTIMES DE LA GRÉVICULTURE BI-ANNUELLE ......;

Les Français fuient-ils la France ?

 



Certes, il y a les Gilets jaunes. 
Certes, l’Europe semble un peu partir en sucette avec cette petite histoire de Brexit et d’Italie récalcitrante. 
Certes, les indicateurs économiques ne sont pas bons, le chômage ne diminue pas des masses et les tensions mondiales, européennes et nationales ne semblent pas s’apaiser. 
Certes. Mais au moins, la France reste ce pays accueillant où il fait bon vivre et on l’on se presse pour profiter de ses richesses.

Ce qui n’empêche pas les uns et les autres de s’interroger sur le nombre pourtant grandissant de Français qui choisissent d’aller vérifier ailleurs si, par hasard, l’herbe ne serait pas plus verte.

La rumeur voudrait en effet que d’autres pays existent où l’on ne meurt pas dans les rues de n’avoir pas reçu de soins, où l’on trouverait malgré tout des emplois normalement payés malgré une protection sociale forcément diaphane, où les retraités ne seraient pas tous réduits à la plus sordide mendicité.

 Dès lors, pour ces Français hardiment aventureux (et probablement bercés par les sirènes enivrantes d’un capitalisme turbolibéral apatride et propagandiste), l’affaire devient tentante, les poussant à aller explorer ces contrées mystérieuses sans gréviculture bi-annuelle, syndicalisme rabique et ponctions fiscales invasives et cancérigènes.

Et, de petits paquets de Français frétillants en petits paquets de Français s’expatriant, on finit par obtenir de jolis nombres d’une émigration qui finit par se voir dans les chiffres officiels torturés manipulés avec soin par notre INSEE nationale. 

Le constat apparaît alors dans toute sa splendeur gênante : il semblerait bien que les Français fuient la France.

Oh, bien sûr, les démographes, les statisticiens et les politologues se gardent bien de tirer cette conclusion des soldes migratoires : en rappelant que se nichent dans les données de l’INSEE tout un tas de petits biais statistiques, on en arrive à la conclusion que s’il y a un solde migratoire négatif (la France se vide de ses Français), ce n’est pas vraiment grave, même lorsque les chiffres d’expatriation augmentent, même lorsque le nombre de Français qui s’enregistrent aux Consulats ne cesse d’augmenter, même lorsque les sondages, réalisés par les instituts statistiques ou lors des recensements, indiquent bien qu’un nombre croissant de nos compatriotes vont voir ailleurs s’ils y sont.


Prudents, ils se contenteront de rappeler que les prochaines années, et les prochains recensements, permettront de trancher pour savoir si c’est une tendance ou si c’est juste une petite perte passagère d’attractivité.

Comme si les articles, que la mémoire fidèle d’Internet conserve religieusement, ne s’empilaient pas tous dans le même sens : non seulement les Français s’expatrient, mais ils ne sont pas nombreux à revenir loin s’en faut ; ainsi, un nombre croissant part pour éviter le chômage, ou simplement parce que leurs compétences ne sont plus accessibles ou pas assez bien payées en restant au pays


Si l’on y ajoute le fait que revenir en France est un véritable parcours du combattant administratif noyé dans la bureaucratie franchouillarde et kafkaïenne, on comprend que, non non, ce n’est pas un biais statistique mais bel et bien une tendance de fond : les Français fuient leur pays.


Franchement, on se demande bien pourquoi.




Tout le monde sait pourtant que ce pays de Cocagne est envié par tous à tel point qu’on se bouscule à ses frontières ! Ou presque : en fait, lorsqu’on demande aux expatriés où ils veulent se rendre, ce n’est pas la France qui arrive en premier, loin s’en faut. 

Dans une étude de HSBC qu’on pourra compulser fébrilement, on se rend compte que la France n’arrive même pas dans le top 10.



Pourtant, le pays a tellement d’atouts qu’on se demande ce qui peut bien pousser tous ces gens productifs à s’en aller, et tous les autres à ne pas y venir… 

Tenez, prenez les dernières dispositions dont on parle dans les milieux bien informés, les ministères affairés et les administrations bien en cour : comment ne pas voir tout l’intérêt que peut avoir, pour l’investisseur, le pensionné, le jeune diplômé ou l’entrepreneur de venir s’installer en France, d’y passer sa retraite ou d’y développer son activité alors qu’on est justement en train de tout faire pour rendre l’héritage plus attrac… heu pardon pour taxer encore plus l’héritage, bien que la France soit l’un des pays du monde où il est déjà le plus taxé ?


Eh oui : puisque la taxation forcenée de l’héritage a déjà donné d’excellents résultats par le passé, qu’il démontre tous les jours son pouvoir d’attraction sur les gens de tous horizons et de tous les pays, il serait idiot de ne pas passer la démultipliée et d’en rajouter une couche, n’est-ce pas ?



Pour le jeune diplômé, l’entrepreneur, l’investisseur qui veut se lancer, quoi de plus attractif qu’apprendre qu’une nouvelle vague de taxations est déjà dans les tuyaux ministériels ? 

Et puis, quel plaisir de savoir qu’on va, un jour, être si honteusement riche qu’on fera partie des 20 % de chanceux qui continueront à payer leur taxe d’habitation ?


Et puis, il faudrait vraiment être fou pour ne pas devenir propriétaire en France : tout y est fait pour favoriser la propriété privée, inciter le développement et l’initiative personnels ainsi que la prise de risque capitaliste et son pendant, l’enrichissement qui permettra de créer des emplois ! 

D’ailleurs, c’est bien simple : tout est si favorisé, si incité et si encouragé qu’il faut, depuis le premier janvier de cette année et pour les propriétaires immobiliers dans un nombre croissant de villes, disposer d’un authentique « permis de louer » délivré par notre belle administration pour pouvoir faire ce qu’on veut de son bien immobilier.


Devant ces éléments, et alors que l’avalanche de ponctions diverses se fait déjà entendre au son sourd et grave du « On Ne Touchera Pas Aux Dépenses Publiques » et du « C’est Gratuit C’est L’État Qui Paye », il devient vraiment difficile d’expliquer le comportement de ces Français qui quittent leur pays par milliers. 

Ou, a contrario, il ne vient guère qu’une pensée, simple et résumée ainsi :
Fuyez. Ce pays est foutu.


epic fail
—-
Sur le Web    https://www.contrepoints.org/2019/01




ET AUSSI  :  TRIBUNE LIBRE ET POINT DE VUE !


  Editoriaux 11 janvier 2019

Gilles Ardinat : « Le mouvement des stylos rouges révèle l’échec des syndicats de l’enseignement, de moins en moins représentatifs »

Pour Boulevard Voltaire, Gilles Ardinat, du forum École et Nation, réagit à l’annonce de Jean-Michel Blanquer s’opposant au rapport de l’Observatoire de la laïcité qui autoriserait les signes religieux ostentatoires lors du service national universel.


Il revient également sur l’attente de la réponse ministérielle au phénomène #PasDeVague et à la contestation des professeurs dans le collectif des stylos rouges.


Jean-Michel Blanquer recale l’Observatoire de la laïcité. Ce dernier avait, en effet, recommandé l’autorisation des signes religieux. Jean-Michel Blanquer y a opposé son veto.
Le ministre de l’Éducation nationale envoie-t-il ainsi un bon signal ?



Bien que l’Observatoire de la laïcité s’en défende, il avait suscité une polémique puisqu’il laissait une porte ouverte à la présence de signes religieux ostentatoires, lors du service national universel que le gouvernement envisage de remettre en place.

Le fait que monsieur Blanquer s’oppose au rapport de l’Observatoire est donc clairement un bon signal. Le refus d’un accommodement et d’une soumission à des revendications communautaristes est très positif.


Au forum École et Nation, nous nous en sommes forcément réjouis. Nous restons tout de même vigilants. Par expérience, monsieur Blanquer a déjà donné des signaux intéressants dans ce sens, et il s’était ensuite fait recadrer par son propre gouvernement.


Je vous donne un exemple concret. Il y a quelque temps, il s’était dit hostile à la présence de mères d’élèves voilées pendant les sorties scolaires. 

Quelques jours après, monsieur Macron avait désavoué à la télévision monsieur Blanquer en disant qu’il fallait autoriser, au contraire, les femmes voilées à participer aux sorties scolaires.
Il faut toujours être vigilants avec ce gouvernement, même quand il y a une bonne annonce comme celle-ci contre le communautarisme.



Le plan d’action pour la protection de l’école annoncé à la suite du #PasDeVague pour la mi-décembre n’a toujours pas été présenté. Y a-t-il une volonté d’enterrer l’affaire ou le gouvernement est-il tout simplement en retard sur son planning ?

J’ai l’impression qu’ils sont plutôt en retard sur leur planning. On s’impatiente un peu. L’événement qui avait suscité l’affaire #PasDeVague date du mois d’octobre. Cela fait déjà plusieurs mois que nous attendons la réponse ministérielle sur cette question fondamentale de la violence en milieu scolaire.
Le Rassemblement national parle depuis des années de ce sujet. Nous sommes donc ravis qu’enfin il fasse la une du débat public.


Cependant, quelques éléments ont été savamment distillés par le ministère de l’Éducation. J’attire, notamment, votre attention sur le fait que monsieur Blanquer s’apprête vraisemblablement à reprendre l’une des propositions phares du Rassemblement national en matière de violence scolaire, c’est-à-dire le fait de sanctionner les familles de délinquants en leur supprimant tout ou partie des allocations familiales. 

Cela fait des années que nous demandons la mise en place de ce dispositif, pour frapper au portefeuille des familles de délinquants qui se croient tout permis. Monsieur Blanquer semble vouloir aller, une fois de plus, dans notre sens. Si tel est le cas, nous nous en réjouirons.


Des professeurs mécontents de leurs salaires ont lancé le mouvement des stylos rouges. Dans la moyenne européenne, certes, nos professeurs sont très mal payés, mais nos élèves font aussi partie des pires. Ne sommes-nous pas dans un système qui se mord un peu la queue ?

Ce mouvement des stylos rouges, nous le voyons comme un échec des syndicats. Le syndicalisme, dans l’Éducation nationale, était une sorte d’institution avec des moyens considérables, l’activisme, pour ne pas dire le monopole, de la gauche et de l’extrême gauche.

Ces syndicats sont de moins en moins influents et représentatifs. Tant et si bien qu’aujourd’hui, la contestation professionnelle se fait sur Facebook. 

Ce collectif des stylos rouges en est un exemple sous la forme, en quelque sorte, d’une imitation des gilets jaunes dans le domaine de l’enseignement.
 


Les conditions salariales et les conditions de travail des enseignants sont un vrai sujet. 

Il faut l’envisager dans le cadre global de l’échec du système français qui, comme vous le rappelez, baisse d’année en année dans tous les classements internationaux. 

Dans ces revendications, il y a un peu de tout. Au forum École et Nation, nous regardons avec intérêt le mouvement des stylos rouges depuis son début. 

Nous espérons que cela va permettre des avancées plus concrètes que celles obtenues par les syndicats qui, il faut bien le dire, ne font qu’accompagner la décrépitude de l’institution depuis des décennies. 

Nous sommes prudents. Il est trop tôt pour faire un bilan de ce mouvement, qui est encore à l’état embryonnaire.

Par Gilles Ardinat

Professeur agrégé d’histoire-géographie, universitaire et militant souverainiste
 
source:   http://www.bvoltaire.fr/gilles-ardinat