mercredi 2 janvier 2019

LECTURE: LA CIVILISATION CELTIQUE ......


Société celtique et formule tripartite indo-européenne vues de Bretagne










La société celtique est du type aristocratique et monarchique. 

Quand, en Gaule, les rois ont progressivement disparu, ils n’ont pas été remplacés par des élus de la 






 
La société celtique est du type aristocratique et monarchique.

 Quand, en Gaule, les rois ont progressivement disparu, ils n’ont pas été remplacés par des élus de la masse, mais par des corps aristocratiques, assemblées ou sénats, qui déléguaient le pouvoir exécutif à un vergobret [NDLR : magistrat suprême élu par les druides pour une durée d’un an, qui seul pouvait prononcer une peine capitale] ou, pour empêcher qu’une monarchie ne se constitue, à deux vergobrets. La structure fondamentale reste inchangée.

 Seule la forme du pouvoir politique a évolué. Et la société celtique est restée, dans les îles, jusqu’à sa dissolution, fidèle au type primitif. La société des îles nous fournira les exemples les plus typiques.


La vieille formule tripartite indo-européenne

C’est une société tripartite, comprenant non pas trois classes, comme on le dit, ce qui semblerait indiquer un compartimentage étanche entre elles, mais trois spécialisations humaines : les druides (prêtres), les chevaliers (combattants) et les travailleurs manuels. 

C’est une société sans État. Le seul fonctionnaire qui y apparaisse est l’intendant du roi. En breton, le gourdisten.

Cette organisation n’est fondée ni sur la propriété, ni sur le droit de conquête, mais sur les différences qui existent entre les vocations sociales. Elle découle directement de la plus ancienne formule de la société indo-européenne : les trois vocations. 

C’est la raison pour laquelle la société celte ne connaît pas l’État, qui est une structure humaine conçue pour établir entre les hommes des relations purement hiérarchiques, concertées ou imposées.


La notion d’aristocratie n’était présente qu’en raison des origines divines de la race celte. Le peuple, considéré comme une famille étendue, participait à l’aristocratie puisqu’il descendait aussi des ancêtres uniques. 

Les hommes du clan, en Écosse, portent tous le même nom patronymique. Ils sont des Mac Gregor ou des Cameron et se distinguent par leurs prénoms. Les paysans bretons attaquaient les châteaux, lors de leur révolte du XVIIe siècle, en criant : « Tous les Bretons sont des gentilshommes ! » L’idée de « sang bleu » est inconnue des Celtes.

 Deux personnes sont de « naissance » égale, si elles ont la même fortune. Le fils d’un plébéien, devenu riche, entre dans la noblesse. 

En effet, la seule source d’enrichissement étant la guerre, il s’est établi une équivalence entre les notions de butin et de richesse. Le même mot, breton, anao veut dire « richesse, butin, cadeau » et buz « profit, butin, richesse, bénédiction, faveur ». 

De même il y a une équivalence entre les notions de supériorité sociale et de richesse. Un chef pauvre est celtiquement impensable. Comment alors pourrait-il être généreux ?


Il découle des origines divines de toute la race que le roi, quoiqu’il soit choisi par un vote, ne devient roi que par une initiation religieuse qui le fait participer du divin. De même que le rang de druide est accessible au plus humble s’il est qualifié. 

L’originalité de la société celtique, au temps de César, est qu’elle a conservé des traits anciens que les Méditerranéens indo-européens avaient perdus. 

Elle est conservatrice et elle le restera à travers ses métamorphoses et ses avatars.


Source : La Civilisation des Celtes, Olivier Launay


Crédit photo : Pixabay (CC0/aitoff) [cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine


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