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mardi 8 janvier 2019

LE POUVOIR D' ACHAT VA ENCORE BAISSER ........

8 janvier 2019



On ne verra plus de ruées sur le Nutella® comme celles qui ont défrayé la chronique l’an dernier en provoquant des bousculades dans les Intermarché.
Désormais, depuis le 1er janvier, un supermarché ou un hypermarché ne pourra proposer qu’un rabais maximal de 33 % sur ses produits alimentaires.
 Au mieux verra-t-on en rayon des promotions du type « 2 produits achetés, 1 offert » et non plus « 4 pour 2 ».

Cette mesure a été, paraît-il, prise pour préserver les producteurs qui sont souvent maltraités par les centrales d’achat. 
Ils voient leurs marges rognées et, souvent, n’y arrivent plus, car le prix de vente ne couvre plus, dans beaucoup de cas, les frais avancés. 
Cette situation est donc intolérable et doit être corrigée. Mais qui, pour finir, seront les perdants et les gagnants de cette nouvelle loi ?

Les producteurs feront peut-être partie de la seconde catégorie, mais rien n’est moins sûr. 
Les centrales d’achat auront toujours les mêmes moyens de pression et, en jouant sur la concurrence, elles continueront à faire baisser les prix qu’elles payent aux producteurs.
 Et ceux-ci, toujours coincés, seront bien obligés d’accepter les conditions de misère qu’on leur offrira.
 Pour éviter de vendre à perte, ils devront « truquer » leurs comptes.

Les grands gagnants seront les hypermarchés et les supermarchés, dont les marges vont remonter en flèche grâce à ce coup de pouce providentiel de l’État. 
Bien sûr, ils garderont le droit de faire des rabais sur les produits non alimentaires (lessives, savon, produits ménagers, papier toilette…).
 Ils ne s’en priveront pas, iront jusqu’à 80 % pour communiquer et attirer les chalands, mais le volume des ventes de ces produits étant inférieur à celui de l’alimentaire, les grandes chaînes se frottent les mains. 
D’autant plus que, le 1er mars, entrera en vigueur une nouvelle restriction : un magasin ne pourra mettre que 25 % de ses marchandises en promotion.

Les principaux perdants seront les classes défavorisées, celles qui n’achètent que le strict minimum pour survivre sans luxe superflu. 
Eux chassaient les remises, qu’ils prenaient en exclusivité sans rien acquérir aux « vrais « prix. 
Ces 10 % de Français risquent de voir leurs dépenses croître brutalement de 5 %. 
Une catastrophe pour eux !

Le reste des Français payait les promotions aux magasins d’alimentation en achetant bien plus cher les produits sans remise. 
Il est connu que les hypermarchés sont inflationnistes. Quelques prix sacrifiés (pas trop) attirent les chalands. 
On augmente les marges sur la majorité des autres marchandises et le consommateur floué et hypnotisé par les promotions ne voient pas « le vol » qu’il subit. 
En général, les supermarchés sont moins chers que les hypermarchés !

Ces derniers sont sûrs d’attirer des clients et peuvent proposer plus de promotions que leurs concurrents plus petits, aussi font-ils fort peu d’efforts sur l’ensemble de leurs marges. 
Peut-être devront-ils, désormais, changer d’attitude, ce qui rétablira l’équilibre.
 Normalement oui, mais on verra à l’usage ce qu’il en est.

En résumé, rien ou presque ne changera pour la majorité des producteurs et pour 90 % des Français ; en revanche, les 10 % des plus pauvres, ceux dont le porte-monnaie est vide dès le 15 du mois, verront leur petit pouvoir d’achat une nouvelle fois rogné. 

La limitation des promotions à 33 % n’est vraiment pas une mesure sociale !



source


ET AUSSI




9 janvier 2019
La politique du gouvernement d’Emmanuel Macron devient de plus en plus choquante et injuste.
 Le mépris des classes moyennes et la morgue du Président sont à l’origine du mouvement des gilets jaunes, mais le locataire de l’Élysée n’a rien appris et continue dans la même veine : pressurer les soi-disant « nantis » qui gagnent plus de 3.600 euros par mois.
Le gouvernement avait promis, à la mi-2018, de supprimer la taxe d’habitation pour tous en 2021. 
Cette générosité générerait un trou de 23,8 milliards dans le budget car, en principe, cette taxe aurait dû être compensée, à l’euro près, par l’État, les collectivités locales ne pouvant se passer de cette manne.
Or, vu la façon désastreuse dont nos comptes sont tenus, cet effort apparaît comme insupportable pour nos finances exsangues. Le gouvernement a, un moment, agité l’idée d’augmenter la CSG ou la TVA, des impôts intéressants pour des « serial taxeurs », car ils s’appliquent à tous, pauvres comme riches, et, de ce fait, rapportent beaucoup.
Faire passer de 20 à 21,5 % le taux de la TVA aurait suffi à compenser le déficit. Mais vu la fronde des gilets jaunes, le pouvoir n’a sans doute pas eu le courage d’affronter la colère populaire qui n’aurait pas manqué d’éclater.
Il se rabat donc sans honte vers une autre solution : revenir sur l’exonération totale et obliger les 20 % des plus « aisés » à payer la taxe d’habitation. 
Le gain attendu sera de huit milliards, presque autant que ce qui vient d’être concédé en décembre par M. Macron.
Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a sans vergogne écarté l’idée de réintroduire l’impôt sur la fortune, qui ne rapporterait que trois milliards. 
Seront donc spoliés, non les millionnaires, mais, par exemple, les couples sans enfant qui touchent ensemble 4.150 euros par mois, soit 2.075 euros chacun. 
Est-on riche si on perçoit un peu plus que le salaire moyen ?
Bien sûr que non, on continue à faire partie des classes modestes ! Mais le pouvoir n’en a cure.
Pour préserver le pouvoir d’achat des 1 % les plus riches, il pressure ceux qui ont un salaire à peine convenable. 
Et, comble de l’hypocrisie, il prétend s’appuyer derrière une demande des gilets jaunes, alors que jamais cette question n’a été mise en avant par le mouvement. Seul l’ISF est réclamé à cor et à cri.
Ce maintien va faire très mal. L’État ne va compenser qu’en partie l’abandon de la taxe d’habitation. 
Tous les prétextes seront bons pour ne donner que la moitié ou les deux tiers des sommes promises, et ces fonds ne seront concédés qu’en culpabilisant les collectivités locales, décrites par le pouvoir comme dépensières alors qu’au sommet de l’État, on gaspille les deniers publics.
Il manquera de six à dix milliards par an aux communes et elles les trouveront en augmentant l’impôt foncier et la taxe d’habitation pour ceux qui la payent encore : une catastrophe pour les classes moyennes dites supérieures.
Seul espoir : du côté du Conseil constitutionnel qui avait montré les dents, il y a quelques mois, au sujet de cette suppression de la taxe d’habitation pour tous… sauf pour certains. Le principe d’égalité devant l’impôt avait été rappelé.  

Le gouvernement avait, alors, annoncé la suppression totale avant d’envisager, aujourd’hui, de revenir en arrière. 

L’entreprise de bricolage fonctionne à plein.