vendredi 11 janvier 2019

GILETS JAUNES ET IMMIGRATION ! POURQUOI CE SILENCE ?


Gilets jaunes et immigration: comment la gauche détourne la tension

Mal à l'aise sur la question, elle tente de focaliser le mouvement sur l'ISF



Derrière la revendication du RIC, il y a le non-dit de l’immigration. 

Mal à l’aise sur la question, la gauche de Mélenchon tente de recentrer les gilets jaunes sur le social. 

Et se fait l’idiote utile du pouvoir…


Engagée contre la taxe carbone, vécue comme une atteinte insupportable à un mode de vie étroitement dépendant de la voiture, la révolte des gilets jaunes s’est vite élargie à la question sociale, c’est-à-dire le pouvoir d’achat et l’injustice des prélèvements obligatoires. 

Ce sujet a rencontré un large écho auprès de l’ensemble de la population qui a profondément déstabilisé le gouvernement. 

Il est difficile de délégitimer un mouvement social soutenu par une large majorité des citoyens.

 Il est pourtant clair aujourd’hui que quelle que soit la pertinence des revendications exprimées autour du pouvoir d’achat, elles ne peuvent suffire à prolonger durablement la révolte en cours.

Mélenchon, roi du bâillon

Par ailleurs, la polarisation sur la question sociale et le pouvoir d’achat entretient une ambiguïté qui pèse sur le mouvement et dévie imperceptiblement sa trajectoire. 

Si l’on admet comme une réalité déterminante que la révolte des gilets jaunes est beaucoup plus qu’un classique mouvement de revendication sociale, mais une forme nouvelle de contestation politique, susceptible de redéfinir les principes démocratiques des sociétés occidentales, la question unique du pouvoir d’achat l’enferme dans une thématique classique et trop bien balisée.

 En clair, elle permet à la gauche, c’est-à-dire principalement le parti de Mélenchon, de s’accaparer du drapeau de la révolte.

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En vieux routier de la politique, Mélenchon a compris qu’il ne pouvait se tenir à distance du mouvement, malgré ses marqueurs identitaires qui le situent largement dans la famille des « populismes de droite », si ce terme a vraiment un sens. 

Il ne pouvait laisser cet espace libre pour Marine Le Pen et affaiblir aussi son image pâlissante de défenseur du peuple. 
Le gauchisme boboïsant d’une Clémentine Autain qui refusait de se joindre à une révolte populaire bleu blanc rouge était un piège fatal pour les « insoumis ». 

Conduite par le dogmatisme épais de son leader, la CGT s’est lancée tête baissée dans ce piège, perdant encore du peu de crédibilité qui lui reste.

 L’engagement de la gauche mélenchoniste, que François Ruffin a tout particulièrement incarné, a renforcé la visibilité du mouvement mais également limité son champ d’expression.

Parle à mon ISF, ton RIC est malade

La gauche, quelles que soient ses composantes, insoumises, socialistes ou groupusculaires, soutient le mouvement comme la corde le pendu. 
Elle perçoit d’instinct sa dimension identitaire et s’engage à ses côtés, autant pour se refaire une santé politique que pour l’empêcher de déployer sa pleine nature. 

Sa surenchère dans la question sociale, notamment sur le thème de l’ISF, a aussi pour but d’enfermer le mouvement dans une configuration classique de contestation de « gauche », type lutte des classes, qui recouvre et étouffe toute forme d’expression politique qui déborde ses propres références.


La contestation de gauche, très présente dans les médias, mais apparemment peu décisive sur le terrain, est, au-delà des apparences, une alliée du pouvoir en place, à l’heure où celui-ci durcit sa réaction face à la révolte populaire. 

Le gouvernement peut trouver des marges de manœuvre sur la question sociale, et redoute avant tout les sujets politiques qui mettent en jeu sa légitimité et ses moyens d’action. 

Le grand défi des gilets jaunes est bien de passer d’une forme de contestation essentiellement sociale à une action qui assume sa dimension politique ; une dimension omniprésente mais, jusque là, diffuse et insaisissable.
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Le thème du référendum d’initiative citoyenne (RIC) est à cet égard un enjeu décisif. 

Les modalités de son soutien, ou de son refus, sont un test qui décante les positions des protagonistes. 
Nombre de commentateurs de gauche l’abordent avec distance, voire hostilité, soulignant volontiers les risques de dérives populistes qu’il représente. 

Chacun comprend qu’en arrière plan se joue la question de l’immigration et de sa charge explosive. Avec la complicité de toute la gauche et des instances « morales » autoproclamées, le gouvernement a fini par exclure l’immigration des thèmes soumis au grand débat national. 

La gauche a bien joué son rôle de garde-chiourme de la colère populaire. La question migratoire reste l’impensé de la révolte en cours.

L’immigration, le grand débat qui gêne tout le monde

Elle laisse ouvert un espace béant, un vide vertigineux, que personne n’ose encore investir, tant sa puissance explosive est grande. 

Elle est le trou noir où le système peut s’engloutir. 

Le pouvoir en place, et tous ceux qui l’accompagnent depuis des décennies, peuvent y laisser les dernières forces qui les tiennent encore debout. La gauche a beaucoup à perdre dans cette affaire. 

Elle se retrouverait immanquablement repoussée dans le camp du système, obligée alors de se retourner contre un mouvement populaire de masse au nom de son immigrationnisme idéologique. 

La rupture entre elle et le peuple serait ainsi définitivement consommée. 

Quant à la droite, dite classique ou républicaine, elle serait placée en situation de tension extrême entre les attentes de la majorité de ses électeurs et la prudence serpentine de ses dirigeants qui a toujours accompagné leur soumission à l’idéologie de l’autre.

Le non-dit cache la souffrance la plus forte

Le gouvernement en évacuant la question de l’immigration et celle de l’identité de la France  du grand débat, a finalement désigné lui-même le sujet fondamental qui clive de manière irréparable la société française.

 Il n’est pas dit encore que ce sujet s’impose comme un thème majeur de la contestation en cours, mais, en toute logique, on voit mal comment les tenants de l’exclusion peuvent rationnellement maintenir leur position quand les thématiques liées à l’immigration, dans toutes les études d’opinion, apparaissent comme le premier sujet de préoccupation des Français, à coté du chômage et du pouvoir d’achat. 

 L’argument, avancé par certains, que le sujet n’a pas lieu d’être parce que les gilets jaunes ne l’évoquent pas eux-mêmes ne tient pas debout. 

Le fait de ne pas en parler est avant tout la preuve du poids écrasant du sujet et de la puissance de l’interdit qui l’accompagne. 

Tout néophyte en psychologie sait que le non-dit cache la souffrance la plus forte, le point de tension le plus intense.


Source et Publication:  https://www.causeur.fr/ 


ET AUSSI


Immigration, islam et Gilets jaunes : les non-dits du mouvement de contestation

Dans une étrange tribune abritée sur le Blog de Mediapart, on peut lire, sous la plume d’un dénommé B. Girard, enseignant de son état, le constat suivant : 
« Détail significatif mais non relevé me semble-t-il : la peau claire des manifestants qui signe l’absence des banlieues et des quartiers les plus défavorisés. 
Où sont les populations issues de l’immigration, pour reprendre une formule facile ? Désolé, mais ce n’est pas la France réelle qui se défoule chaque samedi. »

Cette observation est intéressante à plusieurs titres.

D’abord, l’éducateur de « gauche » qui en est l’auteur considère que la seule révolte légitime doit être pluriethnique et portée au moins en partie par les immigrés et leurs descendants.

 Le vrai peuple est le peuple mélangé, tel est le credo. 

La France réelle est obligatoirement métissée. Le Français dit de souche n’est plus le vrai Français d’aujourd’hui. On croirait lire du Rokhaya Diallo dans le texte.

Source:   


On voudrait démontrer que le processus de Grand Remplacement s’accompagne d’un phénomène de conquête mentale des petits Blancs et de résignation des intellectuels de bas niveau qu’on ne s’y prendrait pas autrement. 
On est bien loin de la lutte des classes, grille de lecture du socialisme d’autrefois.

 La gauche Terra Nova et assimilée va désormais chercher chez l’immigré un soutien et de quoi alimenter sa méfiance d’un peuple blanc rongé par le racisme, c’est bien connu.


Ensuite, il faut reconnaître que l’observation de cet enseignant est… juste ! 
Car il est vrai que Noirs et Arabes, sans être absents, sont manifestement peu nombreux dans les manifestations des gilets jaunes. Je puis en témoigner directement, mais il suffit de regarder en boucle BFM TV pour parvenir au même constat.

« Ce n’est pas notre combat », m’avouait même, dans un débat récent, une figure de ces milieux, mettant en avant, pour se justifier, la crainte d’être le bouc émissaire final, quand la police serait envoyée pour ramener l’ordre dans les banlieues si elles se joignaient au mouvement des Gilets jaunes.

On peut plus aisément y voir l’expression de la « tripartition » du corps social avec, d’un côté, la classe dirigeante et tous ceux qui vivent directement ou indirectement du système sans trop souffrir encore, d’un autre côté les laissés-pour-compte de la France périphérique et des classes moyennes et populaires paupérisées et, enfin, la France des immigrés, cimentée idéologiquement par l’islam, ne se sentant pas concernée par les déboires des seconds et vivant largement sous perfusion des crédits publics octroyés par les premiers.


Notre enseignant de « gauche » n’aimerait probablement pas ce raisonnement mais Karl Marx verrait de nos jours, dans ce prolétariat importé, « l’armée de réserve » utilisée autrefois pour réprimer les mouvements sociaux. Pour l’heure, elle n’est encore qu’inerte. 

Mais quand on observe la molle réaction des pouvoirs publics, pour ne pas dire leur mutisme, face aux incendies et troubles du Nouvel An dans les banlieues en comparaison des déclarations gouvernementales tonitruantes suscitées par les rassemblements de Gilets jaunes, on peut se poser la question de cette curieuse alliance, de ce pont entre immigration et oligarchie.


L’hommage aux morts de Charlie Hebdo est passé quasiment inaperçu, cette année, relégué au second plan des démêlés d’un boxeur avec les CRS. Pendant cet hommage, il est vrai, Emmanuel Macron recevait à l’Élysée les représentants du culte musulman pour discuter d’inflexions à une loi de 1905 qui les chagrine tous.


La crise des Gilets jaunes appuie décidément sur les fractures en biais qui fragilisent tant une société française à bout de souffle.

Serge Federbusch – Boulevard Voltaire



 Et pourtant !
 



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