mardi 8 janvier 2019

ÉNERGIE ET MATIÈRES PREMIÈRES ! TRIBUNES LIBRES ET POINT DE VUE !

L’imposture de l’éolien et du photovoltaïque




Faire croire que l’éolien et le photovoltaïque pourraient remplacer le nucléaire, même partiellement, est une imposture.
Par Michel Gay.
En 2019, la part des charges du service public de l’énergie pour les énergies renouvelables uniquement se montera à environ 8 milliards d’euros (Md€) selon le Président de la République dans son discours du 27 novembre 2018.
Ces taxes ont déjà été qualifiées le 13 décembre 2006 par le Conseil d’État « d’imposition innommée» (innommable ?), expression reprise par la Cour des comptes en juin 2012

 Elles profiteront essentiellement à l’éolien et au photovoltaïque, qui ne représentent respectivement que 4 % et 2 % de la production d’électricité nationale.


Productions erratiques

Les variations aléatoires des éoliennes et des panneaux photovoltaïques (PV) peuvent être rapides (à l’échelle de l’heure). 
En cas de forte puissance éolienne et photovoltaïque installée, il est donc indispensable de disposer de moyens réactifs de production comme l’hydraulique et les centrales thermiques au gaz.

À l’échelle de la France, les fluctuations de production des parcs éoliens varient d’un minimum de 5 % à un maximum de 70 % de la puissance installée. L’ADEME prévoit d’installer 50 000 éoliennes de 2 mégawatts (MW).
Ainsi, pour une puissance installée de 100 gigawatts (GW), des variations incontrôlées allant de 5 à 70 GW peuvent survenir aléatoirement. C’est impossible à gérer sans une compensation massive avec du gaz.
L’argument du foisonnement des régimes de vents en France et en Europe, avancé par certains, ne correspond pas à la réalité. 
Le régime des vents est souvent le même partout comme le montrent les courbes de productions éoliennes établies par Hubert Flocard pour différents pays européens.

La production des PV est également fluctuante (variant de 1 à 10 selon les jours…) et limitée à 1 200 heures par an (moins de quatre heures en moyenne par jour en moyenne annuelle). En hiver, elle est nulle pendant les pointes de consommation du soir (vers 19 h 00).
En France, si 60 GW de panneaux photovoltaïques étaient installés, la puissance instantanée disponible varierait en été entre… 0 et 40 GW en moins de 6 heures.
En résumé, avec une puissance installée « vent plus soleil » de 160 GW, la puissance délivrée sur le réseau pourrait donc varier de 5 GW en hiver, alors que le besoin atteint régulièrement 80 GW, jusqu’à 110 GW en été (70 éolien + 40 PV) quand le besoin est seulement de 30 GW à 50 GW.

 

Réduire le CO2 ?

Officiellement le but de la loi de transition énergétique est de réduire la consommation d’énergie fossiles (charbon, gaz, pétrole), et donc les émissions de gaz à effet de serre (CO2).

Or, en 2018, la production d’électricité française n’a émis que 60 g de CO2/kWh (principalement grâce au nucléaire), contre plus de 500 g de CO2/kWh pour l’électricité allemande majoritairement produite avec du charbon et du gaz.

Rapportés à la durée de vie, et surtout en tenant compte des nécessaires moyens pilotables de compensation au gaz pour répondre majoritairement aux besoins instantanés, les « écobilans » des émissions de CO2 sont d’environ 200 g/kWh pour le PV, de 100 g/kWh pour l’éolien, et de 10 g/kWh pour le nucléaire.

En effet, non seulement les besoins en gaz sont plus importants pour compenser les intermittences des énergies renouvelables mais, en plus, les besoins en matériaux (béton, acier, cuivre, terres rares etc.) nécessaires à la construction des éoliennes et des panneaux photovoltaïques sont plus importants par kWh produit que le nucléaire.

Ajouter des éoliennes et du PV ne donc que détériorer le bilan des émissions de CO2 de la France. Elles ont augmenté en 2017 et la tendance semble la même en 2018, malgré le développement des énergies renouvelables (ou à cause ?) …

 

Coût de production de l’électricité ?

Actuellement, sur un total de production de 550 térawattheures (TWh = un milliard de kWh), les 58 réacteurs du parc nucléaire produisent annuellement 420 TWh vendus sur le marché de 30 à 50 €/MWh, soit au total une vente annuelle d’environ 17 Md€.

Compte-tenu des tarifs d’achat par EDF de l’électricité éolienne et solaire (de 100 €/MWh jusqu’à 550 €/MWh avec le complément de rémunération selon l’année d’installation et la puissance installée), l’ordre de grandeur des achats est de 30 Md€ pour une production de « mauvaise qualité » de 23 TWh, soit 5 % de la production nucléaire…

Le coût d’investissement prévu uniquement pour les éoliennes et le PV, atteindra près 300 Md€ qu’il faudra renouveler tous les 20 ans, sans compter les éoliennes off-shore… beaucoup plus onéreuses.

À cette somme faramineuse, il faut ajouter plusieurs milliards d’euros pour le coût des adaptations du réseau d’électricité afin de supporter ces « bouffées de productions », ainsi que les gigantesques moyens de stockages que personne n’a encore chiffré.

Et ces calculs d’investissements sont encore optimistes !

En raison de leur intermittence, il faudrait aussi ajouter de nouvelles centrales thermiques (gaz et charbon) pilotables pour compenser les variations aléatoires des éoliennes et PV.

 D’où un investissement supplémentaire considérable, car il faudra multiplier au moins par trois le parc thermique fossile actuel en France, et augmenter les importations de gaz, ce qui alourdira encore la facture énergétique.

Une cinquantaine de réacteurs EPR couplés aux barrages existants et à quelques centrales à gaz d’appoints produiraient toute l’électricité de France (650 TWh) de manière maîtrisée et pour une durée de vie au moins trois fois plus longue (60 ans).

 

L’emploi

L’industrie nucléaire représente 200 000 emplois directs et encore 200 000 emplois indirects qui seraient compromis par une réduction (ou un arrêt) de l’activité nucléaire.

Les éoliennes, comme les PV, ne sont pas fabriquées en France, ne créent quasiment pas d’emplois et contribueront au déficit de la balance commerciale. La « création » d’un emploi vert, souvent temporaire, tue deux à trois emplois ailleurs !

Faire croire que l’éolien et le photovoltaïque pourraient remplacer le nucléaire, même partiellement, est une imposture.

 Source : https://www.contrepoints.org/2019/01/08/334182



ET AUSSI


Editoriaux - 7 janvier 2019

Le miracle nucléaire !


L’idée communément diffusée est que le nucléaire constitue un terrible danger pour l’humanité. Je pense rigoureusement l’inverse : le nucléaire est une magnifique chance.

Il existe deux façons de produire de l’énergie à partir des atomes : ou bien on « les casse » (et c’est la fission) ou bien on les force à « se rencontrer » (et c’est la fusion). Dans les deux cas, il se dégage une énorme énergie liée à la perte de masse ; c’est ce qu’Einstein a mis en évidence avec sa célèbre formule E= mc2E est l’énergie dégagée, m la masse perdue lors de la fission ou de la fusion et c2 le carré de la vitesse de la lumière (300 000 km/s).

La fission nucléaire est un phénomène totalement maîtrisé : on casse des atomes en série et on récupère l’énergie dégagée pour faire tourner des turbines qui produisent de l’électricité. Le combustible utilisé est un minerai particulièrement « lourd » : l’uranium.

Nos centrales nucléaires, qui produisent 75 % de notre électricité, fonctionnent selon ce principe depuis des décennies sans qu’aucun accident notable ne se soit produit, tant les normes de sécurité sont draconiennes pour confiner les radiations et contrôler les réacteurs.

Il n’y a aucune raison scientifique de « démanteler » les centrales. Seuls des motifs « politiques » peuvent le justifier. Évoquer la notion de coût de démantèlement n’a donc aucun sens.

Le drame de Tchernobyl est dû à la conjugaison d’une terrible défaillance humaine et d’un hallucinant défaut de construction. Imaginez un instant que vous laissiez s’emballer votre machine à faire des pop-corn sans mettre un couvercle ! 
Résultat garanti : ça « gicle » de partout sans contrôle ; c’est ce qui s’est passé.

Quant à Fukushima, quelle étrange idée de bâtir une centrale nucléaire dans une zone sismique ! 

C’est comme si on mettait un récipient contenant de la nitroglycérine sur un vibro-masseur ! 
Comme dans Le Salaire de la peur, ça pétera tôt ou tard !

Il est vrai que casser des atomes, cela provoque des radiations dangereuses et des déchets qu’il faut stocker quelque part. Mais les enfouir à des kilomètres sous terre dans des emballages ultra-sécurisés, c’est probablement moins risqué qu’une quelconque ancienne décharge municipale !


D’autant plus que les quantités en cause sont faibles : un gramme d’uranium permet de produire autant d’énergie que 2,5 tonnes de charbon.

Et, au surplus, on sera, sous peu, capable de réutiliser ces déchets comme combustible, comme c’est le cas du fameux MOX.

Mais admettons que la technologie « fission » soit dépassée et intéressons-nous à la technologie « fusion ».

Là, au lieu de « casser du lourd », on « fait fusionner du léger ».

Un noyau de deutérium (isotope de l’hydrogène) plus un noyau de tritium (autre isotope de l’hydrogène), cela donne de l’hélium plus un neutron et fournit beaucoup, beaucoup d’énergie. 
C’est la bombe H. Le soleil, qui nous permet la vie, est une gigantesque bombe H !

Mais pour parvenir à cette fusion, il faut porter les isotopes de l’hydrogène à très haute température ; c’est toute la question des recherches actuelles, dans le cadre notamment du projet international ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor). 

Nul doute qu’on y parviendra si on donne les moyens nécessaires à la recherche fondamentale. Et là, non seulement on disposera d’une ressource quasi illimitée, puisqu’il y a de l’hydrogène partout (dans l’eau des océans, par exemple), mais on pourra produire de l’électricité sans CO2 (gaz carbonique) ni particules fines, avec des déchets radioactifs d’une durée de vie de quelques années. Dans un litre d’eau de mer, il y a environ 33 grammes de deutérium, et 33 grammes de deutérium, cela équivaut à 700 tonnes de pétrole…

Moi, l’hérétique, je pense que « ça vaut le coup d’essayer », mais conçois bien qu’une telle perspective d’énergie abondante, bon marché, disponible pour tous effraye les tout-puissants lobbys pétroliers et les « écologistes ».

 La vraie transition énergétique, c’est la mise au point de la fusion thermonucléaire contrôlée, et je fais confiance au génie des scientifiques pour ramener un peu de soleil sur terre.

Par Patrick Robert

Chef d'entreprise 


Source:   http://www.bvoltaire.fr/

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