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dimanche 4 novembre 2018

E.MACRON , LES NATIONS SANS LES NATIONALISTES ??? TRIBUNE LIBRE !

PEUT-ON MAINTENIR LES PEUPLES EN CAGE ?
(Jean Goychman)


La question mérite d’être posée. Surtout au vu de ce qui se passe en Europe ces dernières années.

 Plus récemment, notre Président vient de nous faire vivre un temps fort lors de son voyage en Slovaquie. 

Il faisait penser à un naufragé s’accrochant désespérément à son radeau, image immortalisée par Gericault sur son célèbre tableau « le radeau de la Méduse ». 


La comparaison avec l’état actuel de l’Europe et l’histoire de ce naufrage est assez frappante et le lecteur pourra suivre avec intérêt son récit [1].


Les nations sans les nationalistes.

Emmanuel Macron cherche de toute évidence la dramatisation de la situation, et il y réussit avec le talent d’acteur qu’on lui connaît.

 Ce discours qu’il tient à Bratislava se veut à la fois alarmiste et mobilisateur. 

Ce qui est plus difficile à saisir, c’est qu’on ne comprend pas très bien qui il veut mobiliser. 

Il nous parle des peuples et des nations tout en fustigeant les « nationalistes » qui ont « déjà gagné ». 

Bien sûr, il nous ressort la vieille antienne destinée à brouiller les cartes : « Le patriotisme, c’est l’amour des siens, le nationalisme, c’est la haine des autres ». 

C’est une belle formule de discours de banquet républicain, mais au-delà de l’effet d’opposition entre l’amour et la haine, dont mes professeurs m’on dit que c’étaient deux sentiments très voisins. 
Tellement voisins, du reste, qu’on pouvait passer sans transition de l’un à l’autre.


Je crois surtout qu’Emmanuel Macron fait dans la « formule-choc » et le clip publicitaire. 

Pour lui, le nationalisme, c’est le mal. C’est Hitler, Mussolini, Franco et d’une manière générale, tout ce qui menace «  son monde  ».

 Ce que j’ignore, c’est comment il peut évoquer la nation si elle n’est l’aboutissement d’un désir ou d’une volonté « nationale ».

 Ce désir correspond à un profond besoin d’un peuple à se retrouver dans quelque chose où il se reconnait.

 Le nationalisme de Péguy ou de Jaurès n’a rien à voir avec le nationalisme conquérant des nazis. 

C’est un nationalisme de défense et dans ce cas, le nationalisme est synonyme de patriotisme.

Le nationalisme de protection

Or, tous ces réveils nationalistes auxquels nous assistons de par le monde ne sont pas des nationalismes de conquête, du moins dans l’immense majorité des cas. 

Et Emmanuel Macron tente de nous emberlificoter en nous parlant de « l’Europe des peuples » qui nous protégerait au travers de sa souveraineté [2]

Il n’ose pas le dire, mais il veut nous parler clairement d’une nation européenne qui sera faite par les peuples européens. 

Assez curieusement, il nous disait il y a seulement quelques jours, dans son « discours de la pénombre » que « la France devait reprendre son destin en main » [3]

 Si cela n’est pas du nationalisme, qu’est-ce alors ? 

Comment, peuple de France, pourrions-nous reprendre notre destin en main tout en n’existant plus en tant que peuple ni en tant que nation ?


Il est à craindre que ses discours soient plus liés à l’opportunité du contexte dans lequel ils sont prononcés qu’à un véritable « fil conducteur » qui, chapitre après chapitre, révélerait progressivement la ligne générale de son action.

 

Les nationalistes ont déja gagné

Ensuite, Emmanuel Macron sonne le tocsin. 

La situation est grave. 


Le nationaliste, décidément désigné comme étant le premier danger qui guette la planète (bien devant le réchauffement climatique d’origine humaine) constitue visiblement l’ennemi qu’il veut à tout prix abattre.


Le discours devient alors paradoxal et on peut douter que beaucoup de gens (surtout les illettrés qui constituent majoritairement les peuples auxquels il s’adresse) n’en saisissent le sens profond. 

Car notre président est un « élitiste » qui se méfie de ce que ses collègues énarques et hauts fonctionnaires appellent « la populace » dont les réactions leurs ont toujours inspiré la crainte.


 Il utilise donc des « éléments de langage », comme disent les communicants, destinés à bien faire comprendre au peuple qu’il ne doit en aucun cas exercer cette souveraineté qui lui est octroyée par la Constitution et qu’il doit la remettre à un petit nombre mieux à-même, de par leur formation et leur parcours, de l’exercer pour leur propre intérêt.


À défaut, on assiste alors à ce qui se passe actuellement, à savoir la montée de tous les « – istes » tels que populistes et nationalistes qui ne rêvent que de se replier à l’intérieur de frontières dans lesquelles leurs pays vont se recroqueviller avant de se « scléroser ».


Le sol se dérobe sous ses pieds

Emmanuel Macron pense qu’en agissant ainsi, il va réussir, à lui tout seul, à enrayer ce mouvement planétaire du retour des nations souveraines et qu’il suffit de fabriquer te toutes pièces une Union Européenne qu’on baptiserait «  Europe  » et à laquelle on donnerait artificiellement le nom de «  nation souveraine  » ! 

De Gaulle, dans une phrase-choc dont il avait le secret, avait pourtant dénoncé cette mascarade en disant « On n’agglomère pas les nations comme les marrons dans la purée »

 C’est pourtant ce que veut faire Emmanuel Macron lorsqu’il nous parle de « souveraineté européenne » au moment même où cette prétendue union se morcelle de part en part. 

Il devrait surtout s’interroger sur le pourquoi de cet éclatement.


Pourtant, point n’est besoin de chercher très longtemps. L’idée européenne s’est construite sur une succession de faux-semblants. 

La méthode employée à toujours été celle du « souterrain ». 

François Asselineau, dans une remarquable conférence [4], avait retracé dès 2011 et avec force documents comment on avait « fait monter dans un train » les peuples européens sans leur indiquer la destination réelle. 

L’enthousiasme initial s’est progressivement estompé, laissant place à une certaine indifférence, laquelle s’est commuée en scepticisme débouchant à terme sur une farouche opposition, au fur et à mesure que les peuples comprenaient qu’on les avait « roulés sur la marchandise ».


Partie sur la noble idée de la paix entre les peuples d’Europe, l’UE est devenue un terrain d’affrontement économique dans lequel les populations se sentent de moins en moins libres et doivent surtout subir une cure d’austérité budgétaire forcée pour respecter des prétendus critères qui leur sont imposés par un système financier les réduisant progressivement à la servitude.


L’exemple italien est très significatif. 

Le peuple italien était certainement le plus « europhile », et l’Italie faisait partie du noyau européen de la première heure. Où en est-elle aujourd’hui ? 

Son gouvernement, soutenu par une écrasante majorité populaire, envisage une entrée en conflit avec la Commission Européenne, qui, entre nous soit dit, ne fait rien pour l’empêcher tant ses membres sont imbus de leur propre importance. 

 Leur vision est très simple : vous avez voté, vous devez respecter vos engagements. La Commission, elle, ne remet jamais en question la multitude des erreurs qu’elle a elle-même commise depuis des décennies. 

 Liée à la BCE sans pouvoir infléchir la politique monétaire, ayant accepté que les peuples de la zone euro deviennent « prêteurs en dernier ressort » afin de sauver le système bancaire qui ne cessait de s’enrichir sur leur dos, elle porte la responsabilité de la situation actuelle, et les peuples le savent.

 

 

L’immigration incontrôlée va porter le coup de grâce

Cette situation déjà dégradée a encore empiré au fur et à mesure que des flux migratoires incontrôlés rendus possibles par la suppression des frontières nationales à l’intérieur de l’espace Schengen venaient de toutes parts converger vers les pays considérés.

 L’Europe censée protéger les peuples se retournait contre eux en leur imposant ces populations, sous couvert d’un universel droit d’asile. 

Là encore, les élites ont agi sans aucun discernement et surtout sans vouloir regarder la réalité.

 Non, l’Europe n’était pas inscrite dans le marbre des siècles. 

Son existence ne pouvait que reposer sur un consensus entre les peuples. 

Pour avoir voulu à tout prix conserver une vision « brechtienne » [5], ces élites sont en train de se suicider.

 Emmanuel Macron, qui veut y croire encore, doit se sentir de plus en plus seul. 

D’autant plus qu’il ne peut ignorer que ce phénomène migratoire ne pourra se tarir par les timides moyens qu’il tente de faire mettre en place, sans grand succès.




Les peuples ont besoin d’un espace « sanctifié » qui peut s’appeler la Patrie ou la Nation, mais ils n’acceptent pas qu’on veuille les mettre en cage et les priver de la liberté de choix que leur confère leur souveraineté. 

Il semble qu’aujourd’hui certains soient prêts à préférer un despote éclairé souverainiste à une élite apatride mondialisée.



Par Jean Goychman
28/10/2018

 Source:    https://www.minurne.org/billets/18005