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vendredi 2 mars 2018

L' IMMIGRATION ET LE " FACTEUR D' APPEL " ! 2017 : 100 412 DEMANDEURS D' ASILE !

 

Slovaquie. Roberto Fico : 

« Les femmes ont besoin de plus de protection, de plus en plus de migrants arrivent en Europe »

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« Les femmes ont besoin de plus de protection car de plus en plus de migrants arrivent en Europe »


Ces propos, qui feraient scandale en France, sont de Roberto Fico, premier ministre slovaque, de gauche.

Le Premier ministre a par ailleurs répété qu’il refusait de permettre l’émergence de « communautés musulmanes revendiquées en Slovaquie « , tout en annonçant que la Slovaquie ne ratifierait pas la Convention d’Istanbul dans son ensemble (sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique), incompatible, selon lui, avec la définition du mariage inscrite dans la Constitution.


« Aussi longtemps que je serai Premier ministre et qu’il y aura le moindre doute sur l’interprétation de la Convention d’Istanbul, et à moins que les dispositions de la Convention ne soient pleinement conformes à la définition du mariage comme d’une union entre un homme et une femme, je n’accepterai jamais la ratification », a-t-il déclaré à la presse.

Le Parlement slovaque avait adopté le 4 juin 2014 un amendement à la Constitution qui définit le mariage comme « union exclusive entre un homme et une femme« .

« La convention parle de stéréotypes et d’égalité entre les sexes dans le sens de l’élimination des rôles dits traditionnels de l’homme et de la femme dans la famille. 
Cela soulève des doutes. Nous ne pouvons pas ratifier quelque chose au niveau international qui est contraire à la Constitution de la République slovaque« , a-t-il dit.

Au lieu de ratifier la Convention d’Istanbul dans son ensemble, Fico propose d’introduire des lois nationales qui renforceraient la protection des femmes contre la violence domestique. 

« Toute violence à l’égard des femmes est inacceptable et n’ a pas sa place dans notre société », a déclaré Fico, cité par le quotidien Sme, précisant que la protection des droits des femmes était particulièrement importante à une époque où les migrants extra européens arrivent en Europe et apportent avec eux des « modèles culturels et sociaux de leurs pays d’origine « , y compris la perception d’une femme devant se soumettre à l’homme.

Le 22 février, les Églises chrétiennes de Slovaquie ont publié une déclaration commune dans laquelle elles se sont prononcées contre la Convention d’Istanbul et ont demandé au gouvernement de retirer sa signature du document. 

Les représentants religieux, tout comme Fico, ont qualifié la Convention de « controversée ».


La Bulgarie, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne, a également refusé de signer cette convention rédigée par des technocrates de Bruxelles.


Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

 ET AUSSI

 Faut-il expulser davantage de migrants ?



[MAGAZINE PÈLERIN] Alors que le gouvernement a présenté son projet de loi sur l’asile et l’immigration, le magazine Pèlerin ouvre le débat sur la question de l’éloignement des migrants.



Opération de démantèlement de la « jungle » de Calais par les forces de l’ordre en octobre 2016.
  
Opération de démantèlement de la « jungle » de Calais par les forces de l’ordre en octobre 2016. / Philippe Huguen/AFP


Article publié dans le magazine Pèlerin n° 7057

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« On ne peut pas accueillir tout le monde ! » a expliqué le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, en défendant le projet de loi « Asile et Immigration », critiqué par des associations d’aide aux migrants, et même au sein de la majorité.

Présenté au Conseil des ministres le 21 février, le texte propose, entre autres, de renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière.

En 2017, il y a eu 100 412 demandes d’asile (1), un record !

Ailleurs en Europe, la Suède, qui avait ouvert ses portes aux étrangers, a rétabli, début 2016, ses contrôles de manière forte.
 Et la France ? Après sa circulaire sur le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, Gérard Collomb veut dorénavant agir sur trois volets : l’asile et l’accueil, la lutte contre l’immigration irrégulière, le séjour et l’intégration.

Ce dernier point a fait l’objet d’un récent rapport d’Aurélien Taché, député LREM.

Il propose de favoriser l’intégration des étrangers par l’apprentissage renforcé du français ainsi que par l’accès au travail.

Entre politique plus maîtrisée des flux migratoires et accueil élargi, le débat est ouvert.

► « On ne dissuadera pas les migrants de venir »

Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche émérite au CNRS

« Certaines expulsions sont possibles, mais je souhaite surtout qu’elles se fassent dans le respect des droits.

Les reconduites à la frontière se passent souvent dans des conditions de violence.
 En plus, elles coûtent cher.

Et surtout, elles ne servent pas à grand-chose : la plupart des migrants retentent leur chance, en accord avec leurs passeurs.

Le chiffre de 30 000 reconductions par an, avancé par les autorités, est essentiellement un effet d’annonce destiné à l’opinion.
Dans les faits, elles ont surtout lieu à Mayotte et en Guyane, à l’abri des caméras.


Je suis très favorable à un « droit fondamental à la mobilité ».
Vu d’Europe, nous réalisons mal que deux tiers de la population mondiale n’ont pas le droit de circuler librement.
Il existe une inégalité colossale liée au passeport.

Heureusement, l’organisation des Nations unies (ONU) s’attaque à cette injustice : elle a adopté, à ce sujet, un pacte mondial en 2016.
C’est un progrès dû à l’investissement personnel des deux derniers secrétaires généraux de l’ONU.

Par ailleurs, il faut comprendre que les migrations sont, en soi, un facteur de croissance économique.

Elles gonflent davantage la richesse nationale des pays qui les accueillent qu’elles ne leur coûtent de l’argent.
En France, nous prenons conscience de trente années d’échec de politiques censées dissuader les migrants de venir.

Nous craignions le « facteur d’appel », raison pour laquelle les demandeurs d’asile ont longtemps été interdits d’accès au travail.

C’est heureusement moins le cas depuis 2005 : nous avons un peu ouvert nos frontières aux personnes qualifiées.
Bien sûr, les migrations exigent de vraies politiques d’intégration.

 Mais plus les migrants auront un statut légal et accès à un parcours d’intégration sécurisé, moins ils erreront dans l’illégalité et la précarité, situation préjudiciable au pays d’accueil. »

► « Trouvons des solutions à la hauteur de l’enjeu »

Marie Guévenoux, députée LREM de la 9e circonscription de l’Essonne

« J’entends parler d’immigration depuis vingt ans.

D’un côté, il y a ceux qui considèrent que la France doit accueillir tout le monde et, de l’autre, ceux qui défendent le contraire.
Faisons enfin preuve d’humanité, mais aussi de réalisme. Jusqu’à présent, aucune solution n’a été à la hauteur de l’enjeu migratoire.

Avant de procéder à toute expulsion, sachons d’abord faire la lumière le plus rapidement possible sur la situation des migrants.
 Faisons-le avec le plus grand sérieux, tout en accordant aux demandeurs d’asile de bonnes conditions de vie pendant l’examen de leur dossier. C’est loin d’être le cas. Pour décrocher son tout premier rendez-vous à la préfecture afin d’instruire sa demande, un étranger attend en moyenne 35 jours en Île-de-France.
Pendant ce temps, il n’est connu d’aucun service de l’État et il ne bénéficie donc d’aucune aide. Pour éviter une telle situation, le projet de loi « asile et immigration » prévoit de réduire le délai total d’examen à six mois, recours compris, contre quatorze actuellement.

Enfin, une fois que la situation des étrangers a été examinée, le devoir de notre pays est d’accueillir et de protéger convenablement ceux qui obtiennent le statut de réfugié, mais aussi de renvoyer efficacement dans leur pays d’origine ceux qui sont déboutés de leur droit d’asile.

 Or, la réalité est tout autre.

J’ai bien conscience de l’énorme défi migratoire et des soucis humanitaires qui en résultent. La meilleure réponse n’est pas seulement interne au droit français.
 Au niveau européen, il y a aussi une nécessité de s’organiser plus efficacement.

 La France a déjà pris sa part. En octobre dernier, Emmanuel Macron s’est en effet engagé à accueillir 10 000 réfugiés d’ici à 2019. »
 

► « Les humilier blesse la cohésion nationale »

P. Antoine Paumard, directeur du Service jésuite des réfugiés (JRS-France)

« De quoi parle-t-on ? Une « expulsion » fait suite à des troubles graves de l’ordre public, elle est donc admissible. Le mot est souvent utilisé à tort, à propos des mesures d’« éloignement », plus problématiques au vu de la complexité des cas.

En effet, de nombreux migrants en France viennent d’Afghanistan ou de Syrie, où la situation humanitaire ne permet pas d’envisager de les y renvoyer.

Les éloigner de France suppose un laissez-passer consulaire de la part de leur pays d’origine, qui ne le leur octroie pas. Les procédures s’allongent et s’enlisent, avec des migrants qui ne sont ni expulsables ni régularisables.
Certains sont présents sur le sol français depuis plusieurs années et y ont noué des liens forts.

L’augmentation du délai de rétention pour les personnes susceptibles d’être éloignées donne aux migrants l’impression d’être en prison : c’est violent.
Cette mesure semble sans fondement car l’expérience atteste que les décisions de renvoi ou non se prennent au début du passage en centre de rétention.

Ainsi, le projet de loi semble être taillé pour rassurer une opinion qu’on a rendue inquiète en montrant, à la télévision, les files formées par les migrants devant les préfectures. En réalité, avec 102 000 demandes d’asile l’an dernier, la France se situe dans la moyenne plutôt basse des pays européens.

On ne quitte jamais son pays de gaieté de cœur. La création d’un visa humanitaire, ou de visas temporaires spéciaux, idées défendues par le pape François, permettrait d’éviter les déplacements si périlleux.
 Plutôt qu’une crise migratoire, je pense que nous traversons une crise de l’hospitalité.

Voir des migrants, demandant la protection de notre pays sans porter de menace à l’ordre public, humiliés par des forces de l’ordre, cela blesse la cohésion nationale.

 Les premiers à en être affectés sont les migrants des générations précédentes qui ont, eux, été accueillis et intégrés. »

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► EN CHIFFRES

18 %. C’est la part « des mesures d’éloignement » (expulsions, NDLR) prononcées qui ont été exécutées en métropole, en 2016. Source : rapport Asile, immigration, intégration et nationalité, du sénateur François-Noël Buffet, novembre 2017.

64 %. C’est la part des Français qui jugent le rythme de l’immigration « trop élevé ». Source : sondage réalisé par l’Ifop, publié en janvier 2018.

Source:   Estelle Couvercelle et Romain Subtil   https://www.la-croix.com/France/Immigration