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mercredi 7 février 2018

LECTURE: FRANÇAIS D' ALGÉRIE ET ALGÉRIENS AVANT 1962 ! ( ROGER VÉTILLARD )

« Français d’Algérie et Algériens avant 1962 » aux éditions Hémisphères


Roger Vetillard Bandeau

« Français d’Algérie et Algériens avant 1962 » aux éditions Hémisphères


Roger Vétillard ♦
Historien.



Interview réalisé pour Métamag par Jean Piérinot.


Jean-Piérinot: Roger Vétillard, vous publiez un nouveau livre « Français d’Algérie et Algériens avant 1962 » aux éditions Hémisphères.
 Ce thème surprend un peu : est-ce un livre d’histoire, un ouvrage d’anecdotes ou un recueil de témoignages
 


Roger Vétillard : Depuis longtemps, je pensais écrire un tel ouvrage qui parlerait des relations inter-communautaires dans l’Algérie française. J

e suis contrarié quand j’entends des personnes qui n’ont pas, comme moi, vécu des années en Algérie avant 1962, m’expliquer que les relations entre les pieds-noirs et les Arabes étaient inexistantes, qu’il y avait en Algérie un véritable apartheid, que les Indigènes ont été très heureux du départ des Français. 
Je ne savais pas comment aborder ce sujet. 

J’ai beaucoup lu : mémoires d’Algériens de ma génération, presse algérienne, mémoires de pieds-noirs. 
Et peu à peu j’engrangeais documents, citations et références.
 

Un jour, Joseph Pérez, le président du Centre de Documentation sur l’Histoire de l’Algérie, auprès duquel j’évoquais ce projet, m’a mis en relation avec Nicole Lenzini.
 Elle a recueilli, pour cette institution, les témoignages de dizaines de Français d’Algérie et, il n’était pas rare que cet aspect du vécu quotidien y soit évoqué. Elle m’a transmis ainsi plus de 70 témoignages. 
Elle a fait un très gros travail, transcrivant les enregistrements, sélectionnant les plus caractéristiques.


Mais il manquait des témoignages d’Algériens. J’ai donc sollicité mes amis algériens connus au Lycée ou dans le voisinage avant de quitter le pays at avec lesquels j’ai renoué des liens depuis des années.
 J’ai interrogé les Algériens que je rencontrais et d’autres Français d’Algérie.

Le plus difficile a été de mettre cela sur le papier.




En quelques mots, que révèle ce travail ?
Il montre qu’il existait entre Européens (c’est ainsi qu’étaient appelés ceux qui n’étaient pas des Indigènes, c’est-à-dire tous ceux qui étaient issus d’une immigration non maghrébine) et Musulmans, des relations amicales, parfois même de réelle proximité. 

Certains témoignages sont éclairants. Je raconte des moments où par exemple , un des membres d’une communauté a choisi de « sauver » un de ses amis de l’autre communauté, sauvetage gratuit et spontané dicté par la seule estime.

On retrouve cette proximité quand les pieds-noirs reviennent sur les lieux de leurs séjours algériens, ou quand les Algériens rencontrent les pieds-noirs en France. L’accueil est toujours bienveillant, amical et chaleureux. 
Ainsi cet homme qui revient, des décennies plus tard, dans la banlieue algéroise pour des raisons professionnelles et qui est amené dans les lieux de son enfance par le fils de son partenaire commercial.
 Dans le quartier, il est reconnu et passe de longs instants avec les anciens voisins, tous émus et tous heureux de revoir un des anciens de la cité. 
Son accompagnateur est surpris et ému de découvrir toute l’affection qui existait entre ces voisins, à lui à qui on avait enseigné que les pieds-noirs étaient de mauvaises gens.


Il y a encore ces articles de la presse algérienne contemporaine qui rappellent que les relations avec les pieds-noirs n’étaient pas exécrables, que la vie avant l’indépendance avait de bons côtés.


Mais l’essentiel de ces relations fortes existaient surtout dans les villes moyennes et les villages, à l’école, dans les activités sportives, dans les relations de voisinage. Dans les villes à forte densité européenne comme Alger et Oran, les rapports étaient plus rares, les deux communautés ayant moins l’occasion de cohabiter.

Mais, n’y avait-il pas, comme on le lit parfois, des attitudes religieuses irréductibles ?
 
Ce livre n’aborde pas cette thématique, même si dans plusieurs témoignages, on peut noter les difficultés que les jeunes Européens ont pu rencontrer lorsqu’il s’est agi de côtoyer des adolescentes musulmanes. 


On peut soutenir que les relations entre les individus, les familles, les voisins ont souvent été bonnes, mais globalement les relations entre les communautés n’ont pas toujours été très cordiales dans les zones où une des religions était très fortement prédominante. 
 Ce n’est pas à partir de ces seuls témoignages que l’on peut avoir une image exhaustive des attitudes inspirées par les préceptes religieux. 

Et s’il y a eu, Ici et là, un « vivre ensemble » sympathique, cela n’a concerné que des groupes minoritaires.


Je dois dire que ce livre est fort bien accueilli par les enfants de pieds-noirs et également dans la presse d’Algérie (La Dépêche de Kabylie, La Cité, Le Matin).
Roger Vétillard, Français d’Algérie et Algériens avant 1962, aux éditions Hémisphères, 192 pages, 15€
Roger Vétillard est né en Algérie. 
Après une carrière médicale hospitalo-universitaire, il se consacre à l’histoire de son pays natal, auquel il a consacré plusieurs études dont Sétif, Guelma, mai 1945, massacres en Algérie (éditions de Paris, 2008, prix Robert Cornevin) et 20 août 1955 dans le nord-constantinois, une tournant dans la guerre d’Algérie ? 

(Riveneuve éd. 2012, Prix Jean Pomier 2014 et prix spécial du salon du livre de Toulouse).


Source:   https://metamag.fr/2018/02/06/ 



ET AUSSI


 
 
Publié par Guy Millière le 6 février 2018

Au temps de la France, l’Algérie était un territoire prospère. Des villes avaient été construites, des routes, des hôpitaux et des écoles. Des terres arides avaient été mises en culture. Des ressources énergétiques étaient extraites du sous-sol.

Même s’il est devenu politiquement très incorrect de le dire, la France avait, en réalité, créé l’Algérie qui, avant la France, n’était pas un pays, mais juste une bande de terre en lisière du désert, peuplée de quelques hordes tribales et de pirates qui attaquaient les bateaux Occidentaux en Méditerranée.

Un mouvement terroriste financé par l’Union soviétique et encadré pour partie par des gens formés dans les rangs de la Waffen-SS a pris forme, le FLN, et a commencé à tuer dès 1954.


Une guerre s’en est suivie que la France n’a pas gagnée, et qui a été soutenue sur le territoire français par les mouvements communistes et par une gauche qui, dès cette époque, avait de la sympathie pour le terrorisme anti-occidental.

L’Algérie a été abandonnée en 1962 par le Général de Gaulle au mouvement terroriste du FLN et, avec l’Algérie, ce sont les Français d’Algérie et les Arabes algériens qui avaient choisi la France qui ont été abandonnés, eux aussi.


L’Algérie indépendante a été soutenue par l’Union soviétique, qui avait financé le mouvement terroriste et lui avait permis d’accéder au pouvoir. Puis, l’Union soviétique s’est effondrée.

Au moment de l’effondrement de l’URSS, l’Algérie était déjà une dictature délabrée ne survivant que par le gaz et le pétrole.

Ses terres agricoles étaient retournées au désert. Ses villes, les routes, les hôpitaux, les écoles laissés par la France se détérioraient.

La flambée islamique qui avait commencé à déferler sur le monde arabe frappa aussi l’Algérie et des actes aussi atroces que ceux commis entre 1954 et 1962 par le FLN ont été commis. Le FLN les a réprimés sur un mode également barbare.

Deux décennies ou presque ont passé depuis.


Au cours de ces deux décennies, un même dictateur, qu’on appelle en France « Président », a été officiellement au pouvoir : Abdelaziz Bouteflika.


Celui-ci n’est plus, depuis dix ans au moins, qu’un ectoplasme grabataire dans un pays qui est devenu lui-même un ectoplasme grabataire.

Le délabrement des années 1990 n’a fait que s’accentuer.

Le désert a continué à avancer. Les villes, les routes, les hôpitaux, et les écoles laissés par la France sont plus détériorés encore.

Les ressources en gaz et en pétrole ne suffisent pas à faire vivre le pays, mais sont ses seules ressources et représentent, à 3 % près, la totalité de ses exportations.

Des millions de jeunes gens vivent ainsi en Algérie, frustrés, aigris, sans autre perspective que l’espoir de traverser la Méditerranée et de rejoindre la France, dont ils ne pourraient qu’accélérer l’islamisation et accroître les déficits publics, dès lors qu’ils n’ont aucune qualification et ne pourraient vivre que d’assistance.

Il y a déjà trois millions d’Algériens sur le territoire français.

Ce qui évite qu’il y en ait davantage est que, par-delà l’ectoplasme grabataire qu’est devenu Abdelaziz Bouteflika, le régime contrôle la population par son appareil répressif.
Si cet appareil cédait, et si le chaos se développait, ce serait bien plus de trois millions d’Algériens qui pourraient arriver en France.

Le régime le sait et continue à exercer des chantages sur les gouvernements français successifs en leur demandant de payer – ce qu’ils font –, et en exigeant qu’ils tiennent des discours dociles – ce qu’ils font aussi.

L’Algérie a les allures d’une bombe à retardement qui pourrait exploser n’importe quand. Son naufrage, car il s’agit d’un naufrage, aura de très lourdes conséquences.

C’est sur le sol algérien, au côté de dirigeants du FLN, qu’Emmanuel Macron a prononcé, durant la campagne présidentielle, une phrase abjecte et scandaleuse qui aurait dû l’éliminer de la course à l’Élysée, mais qui ne lui a rien coûté : “La colonisation française a été un crime contre l’humanité”.


Les crimes contre l’humanité en Algérie ont été commis par le FLN, par le Général de Gaulle en abandonnant l’Algérie au FLN et en abandonnant les Français d’Algérie et les harkis.
Ce qui survient depuis en découle.


Emmanuel Macron pourrait être accusé de salir la mémoire de la France, mais nous sommes dans une époque où tant de gens salissent la mémoire de la France qu’il n’est qu’un parmi des milliers d’autres.

Guy Millière
Adapté d’un article publié sur les4verites.com


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