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lundi 10 juillet 2017

VERS UNE SOCIÉTÉ SANS CASH ???

 TRIBUNE LIBRE !

 

Vers une société sans cash…

Cash

Vers une société sans cash…

Michel lhomme, philosophe, politologue ♦

A Bercy, on s’agite beaucoup. Il s’agit  de mettre en pratique au plus vite la « stratégie nationale sur les moyens de paiement » élaborée conjointement avec la Banque de France, après concertation avec les établissements bancaires et les commerçants. 

En clair, il s’agit d’abandonner les chéquiers et la monnaie, pour que les Français puissent régler demain tous leurs achats de biens ou de services par carte bancaire, prélèvements et autres virements. 

Les moyens de paiement seront sans doute la grande cause nationale de l’année 2018. Cette année, c’est encore la réforme du Droit du travail qui est prioritaire.

La stratégie de la démonétisation économique est planifiée sur les cinq prochaines années du quinquennat et elle consiste officiellement à mieux répondre aux besoins des utilisateurs. 

Premier problème à régler pour l’État, c’est celui des commissions des banques pour les petits montants. Il y a quelques mois, Michel Sapin avait déjà demandé aux banques de diviser au moins par deux la commission minimale supportée directement par les commerçants sur les transactions bancaires. 

Outre la généralisation de l’utilisation de la carte bancaire dès le premier euro, Bercy entend favoriser le développement du paiement par carte et par mobile. 

Aussi la totalité des terminaux de paiement électronique utilisés par les commerçants devront-ils être équipés de la fonction sans contact, d’ici au 1er janvier 2020. 

Pour l’instant, les trois quarts des personnes interrogées par l’institut CSA considèrent que le paiement sans contact les expose davantage au risque de fraude.

C’est pourquoi le deuxième axe de la stratégie nationale des moyens de paiement portera sur la sécurité des moyens de paiement, le gouvernement s’engageant  à soutenir le développement de solutions d’authentification renforcée. 

Plus largement, c’est donc le développement de toute l’industrie française des paiements que le gouvernement souhaite accompagner mais pour se faire, il faut nécessairement amplifier les contrôles pour l’authentification des transmissions de données.


 Dans la société sans cash, il s’agit de céder entièrement notre argent à l’électronique, en somme de donner le pouvoir à tout « agent habilité ». 

N’est-ce pas pire que l’aliénation du Léviathan de Hobbes qui au moins ne rendait pas possible le dépouillement matériel et préservait la propriété ?


Selon des économistes, l’impression de la monnaie, sa manipulation, sa circulation, son transport sécurisé généreraient un coût significatif qu’il faudrait supprimer. 

Mais quel sera le coût de la sécurisation des réseaux en mode « cashless » ? 

Une société sans cash peut se retrouver déstabilisée par une simple cyber-attaque. 

La récente attaque de ransomware nous prouve que les gouvernements et les plus grandes entreprises sont incapables d’assurer une sécurité absolue, même avec des efforts financiers considérables.

L’autre argument favorable à la démonétisation radicale, c’est celui de la fraude et de l’évasion fiscale, du marché noir, de la corruption, de la grande criminalité et bien sûr le financement du terrorisme. 

C’est exact, tous les trafiquants et criminels préfèrent le cash. 

Nul n’ignore  que les montages sophistiqués, les sociétés off shore se font et se construisent sur écrans interposés, derrière les portes secrètes et capitonnées des « gros ». 
Les vrais arguments pour la mise en place d’une société sans cash, c’est plus prosaïquement la généralisation du pouvoir de taxation qui pourrait confiner alors à l’arbitraire.

Enfin, la disparition des espèces cache aussi des groupes de pression car les paiements électroniques ne sont jamais gratuits. 

Le développement du paiement par cartes suppose une massification génératrice de commissions payées aux banques par les commerçants. 

Ils facilitent aussi la génération de données commercialement exploitables, ces données qui seront tout l’or du commerce du XXIe siècle, de la nouvelle économie.

La modernisation de l’univers du paiement est donc un défi pour les dissidents du système qui devrait dès maintenant généraliser la culture du don ou le bitcoin, mutualiser par des critères communautaires l’échange, stocker des valeurs refuges comme l’or, généraliser le paiement pair-à-pair.   Au boulot !

Source:   https://metamag.fr/2017/07/09/