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dimanche 16 juillet 2017

LECTURE " RETOURS " DE PATRICK GOFMAN

Patrick Gofman

<http://parolesdemilitants.blogspot.com/>



Le grand reporter Henri Béraud épatait les foules et leur vendait des centaines de milliers de livres, avant la guerre (1939-45), en leur contant ce qu'il avait vu à Moscou, Rome ou Berlin, sans sortir d'Europe.

 C'était il y a bientôt cent ans. Moscou était à trois jours de train, et le visa pour l'Union Soviétique (où Kamenev, en 1925, était « indiscutablement l'homme le plus important », croyait Béraud) demandait un mois de démarches.

En 1968 encore, mon envol sur KLM pour une autre planète, Houston (Texas, USA), causa quelque émotion dans ma petite famille, à Caen (Calvados).

Mais nous sommes à présent au XXIe siècle. Et je ne m'étonne pas de recevoir une carte postale de l'île Maurice, dans l'océan Indien, où mon frère a conduit son épouse et leurs quatre enfants, simplement pour animer leur Nouvel An 2014.

Je n'escompte donc nullement vous éblouir avec mes pérégrinations à Léningrad, Madagascar ou Washington D.C. Un million de Français visitent les États-Unis chaque année. 

J'espère seulement retenir votre attention, une heure ou deux, en partageant un regard sui generis sur des horizons qui demeurent lointains, à bien des égards.

- Patrick Gofman 


Avant-propos par Jean-Pierre Péroncel-Hugoz

« Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement du retour. »
- Stendhal


« Patrick Gofman ne fait rien comme tout le monde. Vous envoyez vos cartes postales quand vous êtes encore sur les lieux de vos voyages, avec timbres du cru. 

"Gof", lui, les poste à son retour, dans la presse de gauche ou de droite, ou bien il les garde dans un tiroir, et cela dure depuis 1980, avant, tout à trac, de nous les balancer maintenant dans ces "Retours". »

- Jean-Pierre Péroncel-Hugoz
Patrick Gofman et Pierre Hillard en 2011.



ET AUSSI RAPPEL !



 
 Patrick Gofman : J’étais trotskiste, j’ai rejoint la droite nationale…
Publié le : 31/05/2013 16:01:57
 
Entretien réalisé par Nicolas Gauthier pour Boulevard Voltaire 
(10 mai 2013).


Longtemps, Patrick Gofman fut trotskiste. Tendance PCI. 

Comme Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis ou Jean-Luc Mélenchon.

 Il y a presque trente ans, il est passé de l’autre côté de la barricade, apportant sa plume à divers organes de ce qu’il est convenu de surnommer la droite nationale. 
Dans Trotskisme dégénéré, il revient sur les folles années de sa jeunesse. Sans nostalgie ni repentance. 


Entretien.


Votre témoignage sur ce passé trotskiste est sans complaisance ni repentance. Déjà, c’est digne. Nonobstant, on sent chez vous le besoin, à un moment de votre adolescence, d’entrer en religion…

Il serait non seulement indigne mais aussi stupide de se repentir d’avoir eu 18 ans ! 
Et puis c’était tellement plus marrant de bâtir une secte incendiaire, de terroriser les adultes, plutôt que d’étudier docilement, d’être un « bon sujet », comme dans la comtesse de Ségur.

À vous lire, il y aurait dans le communisme et sa version trotskiste une sorte de dimension eschatologique. 
Vous attendiez le « Paradis sur Terre » et pratiquiez les confessions publiques plus ou moins forcées.

« L’autocritique » à laquelle vous faites allusion était plutôt stalinienne et maoïste. Ce qui ne fait aucun doute, ce sont les emprunts de Lénine au christianisme, parfois mot à mot : « Hors du Parti, point de salut ! » L’ex-séminariste Staline, pendant la guerre civile : « J’ai ramené tel régiment à la foi orthodoxe ! »


Le gaullo-pompidolisme immobilier, malgré ses augustes racines résistancialistes, valait-il toujours forcément mieux ?
Non seulement il ne valait pas mieux, mais il nous qualifiait d’enragés sans bien comprendre que la rage nous venait de son affairisme, de son hypocrisie, de son oppression conservatrice…


Vous voilà désormais relégué dans un autre champ politique alternatif, celui du « Mouvement national », notion qu’on trouve sous votre plume et dont nous vous laissons l’entière responsabilité. D’un château l’autre ?

Pourquoi « relégué » ? Je suis heureux d’aider tout le mouvement national, sans adhérer à aucune de ses composantes. 

Mon retour à la patrie est sincère et même enthousiaste. 

Un soir, Jean-Marie Le Pen m’achète un exemplaire de mon Dictionnaire des emmerdeuses (Grancher), le lendemain, le mouvement Synthèse nationale, opposition « de droite » composée d’anciens transfuges du FN, publie Le Trotskisme dégénéré

Oui, d’un château, d’une joie, d’une liberté l’autre…

À lire votre livre, il y a beaucoup d’humour et de colère sous votre plume. 

Lequel de ces deux sentiments prédomine-t-il en cette jolie journée de printemps ?

On a assez répété que « l’humour est la politesse du désespoir »
En cette belle journée de printemps français, j’oscille en chantant de la colère plaisante à la blague furibonde !


L'intégralité des articles de Patrick Gofman sur Boulevard Voltaire.


 

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