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jeudi 13 juillet 2017

LE BILLET DE L' INSTITUT POUR LA JUSTICE ! APPEL À TÉMOIN !


Madame, Monsieur,

Je lance un appel à témoin.

Cela concerne les drones, ces robots volants pilotés à distance. La police se met à les utiliser en France.

Mais à quelle fin ?

C’est là où j’ai besoin de vos lumières.

On nous parle de cette révolution technologique depuis des années.

Déjà en 2015, un reportage faisait le point :

“Depuis 2 ans, la section de recherche de la gendarmerie utilise des drones électriques. Grâce à sa caméra embarquée, le drone est devenu indispensable.

Il présente de nombreux avantages pour des missions d’information ou de surveillance.

Discrétion, survol des zones difficilement accessibles, ou à l’intérieur d’un bâtiment.

Le drone permet d’agir vite et c’est primordial. Car la scène [de crime] risque de ne pas rester intacte très longtemps.

Contrairement à un hélicoptère, le drone peut voler très bas, sans éparpiller les indices.

Les enquêteurs visionnent les images sur grand écran et peuvent même les transmettre à distance à une cellule de crise.

Beaucoup de possibilités pour 2 à 3000 euros seulement.

Les projets d’utilisation se multiplient.

Pour le maintien de l’ordre, les images aériennes permettent de connaître la position des manifestants ou encore de savoir ce qui se cache derrière une barricade.

Un réel gain de temps et d’efficacité pour les forces de l’ordre.

Grâce aux informations recueillies, ces derniers adaptent l’envoi d’hommes et de véhicules sur le terrain.

Une petite révolution dans le domaine de la sécurité.”

Vous êtes maintenant convaincu de l’utilité des drones pour nos policiers et gendarmes. N’est-ce pas ?

En 2016, il y a eu un joli petit paquet d’articles sur le sujet, qui nous vendent encore cette idée du drone comme fidèle ami des forces de l’ordre.

Et les avantages sont multiples :

… moins de policiers blessés en opération

… une vitesse d’intervention plus grande, puisque le drone arrive par les airs

… l’assurance d’avoir des policiers en nombre suffisant quelle que soit la situation

… les preuves de ce qui s’est réellement passé en cas de “bavure”.

… des risques réduits de dommages collatéraux pour nous citoyens.

Bref, que des avantages pour un coût très faible.

Dans ces conditions, ce n’est pas un hasard que la Gendarmerie Nationale se soit équipée. Ce n’est pas non plus étonnant que la Préfecture de Police de Paris ait franchi le pas … ou même des petits villes, pour leurs policiers municipaux.

On serait tenté de dire …

… Pourquoi ne généralise-t-on pas ces outils ?

… Pourquoi n’allons-nous pas jusqu’à copier le Qatar, avec les policiers robots ?

… Pourquoi ne comblons-nous pas notre retard sur … l’Angleterre ?

Ah oui. Parce que l’Angleterre utilise les drones depuis… 2007 !

La pratique est bien ancrée outre-manche.

Aujourd’hui, ils en sont à s’en servir 24h/24 pour chercher les personnes disparues ou surveiller des scènes de crime.

On s’attend à une telle utilisation en France.

Pourtant, un article m’a fait froid dans le dos.

C’est Atlantico qui révèle la chose.

“Une nouvelle arme pour les policiers: sur l’autoroute A10, ils utilisent un drone pour repérer les infractions. Aux motards ensuite de prendre le relais pour rattraper les contrevenants.

“Le drone voit tout ce qu’on ne peut pas voir. Les distances de sécurité, les dépassements par la droite, les retours prématurés, les circulations sur bande d’arrêt d’urgence : toutes les infractions à la conduite” explique le major Stéphane, responsable du peloton autoroutier de Gironde”.

On utiliserait nos drones pour … coller encore plus de PV ?

Est-ce vraiment la priorité dans notre pays ?

Est-ce vraiment la priorité quand on peut organiser un rodéo avec 300 personnes sur une autoroute sans que s’ensuive la moindre arrestation ?

Car c’est exactement ce qui vient de se passer ce week-end à Grigny !

300 jeunes ont décidé d’accomplir un rodéo particulièrement dangereux sur une portion d’autoroute. Au prétexte de l’anniversaire d’un jeune mort dans un accident de moto.

La seule chose qu’ont pu faire les policiers est … d’encadrer le rodéo sauvage pour protéger les autres usagers.

Aucune arrestation.

Aucune.

Et on utilise nos drones pour coller des PV ?

Je ne veux pas y croire. J’espère que dans notre pays, il reste un minimum de bon sens chez les hauts fonctionnaires. J’espère qu’on utilise nos drones à autre chose que jouer à la gendarmette.

Ce qui m’inquiète ? Le silence des médias. J’ai cherché sur Internet - et n’ai trouvé aucun article relatant l’usage des drones contre la criminalité.

C’est pourtant à ça qu’ils peuvent servir !

… A faire une filature de trafiquants de drogue

… A avoir une vue d’ensemble lors d’une prise d’otage

… A suivre un délinquant qui s’enfuit en moto sur une autoroute bondée.

Bref, à de vrais cas de criminalité.

Certes, dépasser la limitation de vitesse de 1km/h n’est pas bien. Mais enfin il y a un ordre des priorités à respecter.

Donc Madame, Monsieur, je vous mets à contribution. Si vous avez plus d’informations, je suis preneuse.

De notre côté, nous allons mettre du monde sur le sujet. Imaginez le scandale si on se servait de la technologie uniquement pour mettre des amendes et retirer des points de permis aux automobilistes.

Ce n’est pas acceptable.

Vous me voyez désolée, mais j’insiste : on ne peut pas tolérer qu’on utilise le dernier cri de la technologie à traquer les petits manquement au code de la route quand parallèlement la délinquance et les zones de non-droit prolifèrent.

Que peut faire l’Institut pour la Justice ?

… se renseigner

… vous tenir au courant

… et agir si nos impôts sont utilisés de manière si dévoyée.

L’Institut pour la Justice prépare la rentrée parlementaire. Nous préparons un “kit de rentrée à destination des députés”.

Il contiendra les éléments essentiels pour comprendre les enjeux de la justice française, les études rédigées par nos experts, avec pragmatisme et sans idéologie, et les travaux que nous réalisons depuis maintenant 10 ans.

Derrière, nous proposerons aux députés intéressés de rencontrer nos experts, d’échanger pour construire une politique pénale à la mesure des besoins, de leur soumettre des propositions de loi et des amendements.

L’Institut pour la Justice a besoin de vous pour mener ce projet à bien. Vous pouvez faire un don en cliquant ici.

Avec tout mon dévouement,
Axelle Theillier