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lundi 17 juillet 2017

LA GRANDE MUETTE SORT DE SON SILENCE ......

Journal du 17 juillet 2017 : La grande muette va-t-elle marcher au pas ?





1) Politique / La grande muette va-t-elle marcher au pas ?

Emmanuel Macron met l’armée sous tension ! 

Du haut de ses 39 ans, le président de la République a fait la leçon au chef d’état major des armées, Pierre de Villiers, après sa critique sur les économies demandées à la Défense nationale. 

Un bras de fer au coeur de la Grande Muette alors que la France est sur tous les fronts.

Le rapport de force s’installe au sommet des armées. 

Mercredi, devant la Commission de la Défense à l’Assemblée, Pierre de Villiers n’a pas mâché ses mots.
 Pour lui, les 850 millions d’euros d’économies demandées ne sont pas tenables.

 Il a même menacé de poser sa démission. 

Le lendemain, Emmanuel Macron l’a vertement recadré. 

Parmi les hauts dignitaires de l’armée, on parle même d’humiliation.

 Le chef de l’Etat lui a reproché d’avoir mis de façon indigne une polémique budgétaire sur la place publique insistant sur le devoir de réserve de la Grande muette.
http://www.bfmtv.com/politique/emmanuel-macron-montre-la-porte-au-general-pierre-de-villiers-1217592.html

Un rappel à l’ordre brutal qui pourrait remettre en question le maintien de Pierre de Villiers à son poste de chef d’Etat major alors qu’il venait d’être reconduit pour une année supplémentaire.

Le 14 juillet, malgré une ambiance glaciale, les deux hommes ont défilé côte à côte sur les Champs-Elysées. 

Si le premier ministre a confirmé le maintien à son poste du général 5 étoiles, un autre ministre a toutefois évoqué son possible “remplacement”. 

En effet, dans la soirée de vendredi, Pierre de Villiers a publié sur Facebook une tribune intitulée “Confiance” dans laquelle il affirme que “personne ne mérite d’être aveuglément suivi”.


Dimanche, dans les colonnes du JDD, Emmanuel Macron en a remis une couche prétextant que l’intérêt des armées devait primer sur les intérêts industriels. 

Pour le chef de l’Etat :”Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état major des armées change”.

Malgré la polémique, Emmanuel Macron a finalement donné raison sur le fond à Pierre de Villiers en prévoyant un budget en hausse pour 2018 à 34,2 milliards d’euros contre 32,7 cette année. 

On est pourtant bien loin des objectifs lancés pendant la campagne présidentielle. 

Le candidat Macron avait en effet promis de ramener le budget de la Défense à 2 % du PIB, soit 50 milliards d’ici 2025.


Quoi qu’il en soit, le général sera reçu vendredi prochain à l’Elysée. 

L’objet de la rencontre reste pour l’instant un mystère.

 https://www.tvlibertes.com/2017/07/17/18286/


ET AUSSI


Général Pierre de Villiers 1

Confiance, par le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armée



Général de Villiers
Général de Villiers


Mon cher camarade,

« Confiance, confiance encore, confiance toujours ! ». 

C’est par ces mots que le général Delestraint conclut ses adieux à ses compagnons d’armes, au mois de juillet 1940, à Caylus. 
Alors même que la défaite est actée, son discours est une exhortation ferme à rejeter toute « mentalité de chien battu ou d’esclave ».


Quelques mois plus tard, conformant ses actes à ses paroles, il prend la tête de l’Armée secrète. Arrêté, torturé puis déporté, il meurt au camp de Dachau, le 19 avril 1945, moins de trois semaines avant la victoire, dont il a été l’un des artisans les plus actifs.

Ce qui m’a toujours frappé dans cette recommandation du général Delestraint, c’est d’abord ce qu’il ne dit pas.
 Il ne dit ni « en qui », ni « en quoi » avoir confiance. 

A ses yeux, le plus important est, avant tout, cet état d’esprit singulier – cet « optimisme de volonté » – qui choisit de voir la plus infime parcelle de lumière au cœur des ténèbres les plus noires.
La confiance, c’est le refus de la résignation. C’est le contraire du fatalisme, l’antithèse du défaitisme.

Et, en même temps, il y a dans la confiance une forme d’abandon. Agir sans s’abandonner, c’est faire preuve d’orgueil. S’abandonner sans agir, c’est se laisser aller.
Choisissons, donc, d’agir comme si tout dépendait de nous, mais sachons reconnaître que tel n’est pas le cas. 
 Autrement dit, si toute notre foi, tout notre engagement et notre détermination sont nécessaires, ils sont à jamais insuffisants pour envisager la victoire. La vraie confiance réconcilie confiance en soi et confiance en l’autre.

La confiance en soi, d’abord. Vertu essentielle qui se construit dès l’enfance. Vertu qui naît des obstacles surmontés. 

 C’est le cas dans les stages d’aguerrissement, que certains d’entre vous ont vécus. Ils vous révèlent vos capacités réelles qui dépassent, de beaucoup, ce que vous auriez pu imaginer. 

La confiance en soi est un moteur. Elle libère les énergies et encourage à l’action. Les fausses excuses tombent. Tout ce dont je suis capable devient possible !
La confiance dans l’autre, ensuite. Celle par laquelle je reconnais que je ne peux pas tout ; que le salut passe autant par mon camarade, mon chef, mon subordonné que par moi-même.

Par cette confiance, je m’assume dépendant. Cette reconnaissance est le ciment de nos armées.

La confiance mutuelle fait notre unité, en même temps que notre assurance.

C’est elle qui fait dire au capitaine de Borelli, considérant ses légionnaires : « Par où pourrions-nous bien ne pas pouvoir passer ? ».
La confiance dans le subordonné est, particulièrement, féconde. On a pris l’habitude de lui donner un nom savant : la subsidiarité ; mais ça ne change rien.
 Comme chef d’état-major des armées, je mesure chaque jour davantage à quel point je suis dépendant de l’action de chacune et de chacun d’entre vous. Seul, je ne peux rien. Ensemble, rien n’est impossible !
Je terminerai par une recommandation. Parce que la confiance expose, il faut de la lucidité.

Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez. Elle est marquée du sceau de la facilité.

Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi. La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages.

Elle doit être nourrie jour après jour, pour faire naître l’obéissance active, là où l’adhésion l’emporte sur la contrainte.

Une fois n’est pas coutume, je réserve le sujet de ma prochaine lettre.

Fraternellement,

Général d’armée Pierre de Villiers