Google+ Badge

mercredi 12 juillet 2017

BUDGET DE LA DÉFENSE ET COUP DE GUEULE .........

12 juillet 2017






"Je ne vais pas me faire b… comme ça". 

C'est, de sources concordantes, le rugueux cri du cœur poussé ce matin par le chef d'état-major des armées Pierre de Villiers aux députés de la commission de la défense, au lendemain de l'annonce par Bercy d'une réduction des crédits de 850 millions d'euros en 2017.

"Le grand écart entre les objectifs assignés à nos forces et les moyens alloués n'est plus tenable", a assuré le général de Villiers lors d'une audition à huis clos. 

"On a déjà tout donné", a-t-il martelé, répétant que l'armée est déjà à l'os, avec des effectifs militaires passés de 241.000 à 203.000 personnes de 2008 à 2015. 
"Il a tapé du poing sur la table, et pas seulement au sens figuré', relate un témoin.


De mêmes sources, le chef d'état-major des armées, très applaudi à l'issue de sa présentation, a prôné un budget défense de 34,8 milliards d'euros dès 2018, soit une hausse de plus de 2 milliards, dans la droite ligne de ses préconisations des derniers mois.

La grosse colère du plus haut gradé français n’a rien d’étonnant. Pierre de Villiers avait fait de l’obtention de moyens suffisants pour les armées la condition de sa prolongation d’un an comme CEMA.

Les 850 millions de coupes, auxquels s’ajoutent 40 millions d’annulations de crédits selon la Tribune, ressemblent bien à un coup de canif dans le contrat, alors qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe ne cessent de répéter l’objectif d’un budget de défense à 50 milliards d’euros en 2025, contre 32,7 milliards actuellement. 

Soit les fameux 2% de PIB promis par le candidat Macron durant sa campagne présidentielle.

Certes, le premier ministre Edouard Philippe assure que la défense pourra compter sur une hausse de son budget dès 2018.
 "Il faut faire crédit au gouvernement de son intention d'augmenter les moyens de l'armée dès l'année prochaine", assure le député du Tarn Philippe Folliot (LRM).

Mais d'autres parlementaires assurent que le compte n'y est pas. 

 "Alors qu’une remontée en puissance des moyens de nos armées est absolument indispensable pour faire face aux menaces extérieures et intérieures, on assiste au contraire à une mise en danger du ministère des Armées", a dénoncé Christian Cambon, nouveau président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, dans un communiqué publié le 12 juillet.


ET AUSSI



12 juillet 2017

Dans un contexte de lutte antiterroriste et de crise migratoire aiguës, les syndicats policiers ont fait part de leur «inquiétude» après l'annonce de 526 millions d'euros d'économies prévues au ministère de l'Intérieur pour le prochain budget.


L'annonce de coupes à hauteur de 526 millions d'euros dans le budget 2018 du ministère de l'Intérieur par Gérald Darmanin suscite l'incompréhension et la grogne des syndicats de police, pourtant optimistes au vu des promesses de campagne d'Emmanuel Macron concernant la sécurité.


«C'est surprenant et totalement incompréhensible», a commenté auprès de l'AFP, Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie-Officiers tandis que Céline Berthon, secrétaire générale du Syndicat national des commissaires de police, faisait part de sa «surprise et de son immense inquiétude».

«L'ampleur des coupes nous rend sceptiques sur la capacité de l'Etat à faire face aux nouvelles missions comme la lutte antiterroriste ou la crise migratoire», a déclaré Céline Berthon.

Ces réserves sont partagées par l'Unsa-Police et les syndicats CFDT, Alternative et le syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) :
 «Les policiers sont fatigués et démotivés et ce ne sont pas les nouvelles annonces de restriction budgétaire qui leur donneront du courage à l’ouvrage au service de l’Etat», ont-ils affirmé. 


Plusieurs syndicats, dont Synergie-Officiers ou le SCSI, laissent entendre que des policiers pourraient rejoindre les mouvements sociaux prévus à l'automne. 


Pendant sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pourtant fait de nombreuses promesses sur le renforcement les forces de sécurité, avec la création d'une police de sécurité quotidienne, l'ouverture de deux nouvelles écoles de police, ou encore la création de 10 000 postes de policiers et gendarmes.

Parmi ces engagements se trouvait aussi la promesse de faire passer le budget de la Défense à 2% du PIB d'ici 2025, une perspective mise à mal par l'annonce d'une réduction de 850 millions d'euros de cet autre secteur régalien



SOURCE