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mercredi 14 juin 2017

VIOLENCES BANALISÉES EN ZONES DE NON-DROITS ......

14 juin 2017

VIOLENCES CONTRE LA POLICE EN BANLIEUE : 

DES INFORMATIONS LOCALO-LOCALES

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À LIRE LA PRESSE NATIONALE, LES VIOLENCES IMPLIQUANT LA POLICE ONT UN RETENTISSEMENT SURTOUT QUAND LES FAITS SONT SPECTACULAIRES : CAMIONNETTE DE POLICE INCENDIÉE À VIRY-CHÂTILLON LE 8 OCTOBRE, POLICIER AGRESSÉ LE 6 JUIN PRÈS DE NOTRE DAME À PARIS.

Lorsque des policiers sont mis en accusation lors d’interpellations (affaire Théo, affaire Adama Traoré, etc.), l’audience donnée à ces événements est souvent nationale. 

Ainsi, les violences présumées d’un policier aux Lilas (Seine-Saint-Denis) dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 mai ont fait l’objet d’une large couverture médiatique. 

Les principaux titres nationaux, France Info, BFMTV, L’Obs, Marianne, France Soir, L’Express, etc. consacrent des articles à cet événement.

Dans la presse quotidienne régionale, les informations sur les agressions en banlieue contre des fonctionnaires de police sont fréquentes. 
Elles sont apparemment banalisées à un point tel qu’elles n’arrivent plus à passer la frontière du périphérique pour atteindre les rédactions parisiennes.

Revue de presse de ces faits divers en banlieue relatés dans les pages locales du Parisien, du 12 mai au 11 juin 2017, et dont on cherche en vain la trace dans des médias nationaux.

SEINE-ET-MARNE

Le 12 mai, « deux policiers (sont) blessés lors d’une interpellation à Champs-sur-Marne ».
À Coulommiers, le 24 mai, un individu contrôlé sans ticket de bus « insulte et frappe deux policiers ».
Le 25 mai, « quatre policiers (sont) blessés lors d’une interpellation houleuse » à Melun.
Le 26 mai, ce sont « deux policiers municipaux blessés dans un guet-apens » à Meaux.
Le 2 juin, Le Parisien nous informe qu’un délinquant a été condamné à « un an de prison pour avoir trainé un policier à Montereau ».
En Seine-et-Marne, le 10 juin, « les policiers sont pris à partie aux Mézereaux » (Melun).

SEINE-SAINT-DENIS

Le 5 juin, un individu est condamné à « six mois avec sursis pour avoir insulté la Police ».
Le 8 juin, le Parisien relate des « jets de mortier sur le commissariat » à Clichy-sous-Bois.
Le 9 juin, à Clichy-sous-Bois, c’est « le chauffard (qui) fonce sur le policier à moto ».

VAL-DE-MARNE

Le 18 mai, « les policiers (sont) pris à partie aux Hautes Noues » à Villiers.
À Nogent-sur-Marne, un individu « dépressif, (il) braque les policiers » le 25 mai.
À Vitry, on constate « 2 cocktails Molotov en deux jours dans le commissariat » le 29 mai.
À Vitry sur Seine le 1er juin, « Une nuit sous haute tension après une interpellation » : « Des policiers blessés, cinq interpellations, un rassemblement d’une cinquantaine de personnes devant le commissariat qui a dû fermer temporairement, des incendies à répétition jusqu’à 3 heures du matin ».
Le 5 juin, « la police (est) caillassée cité Barbusse à Villejuif ».

ESSONNE

Le 15 mai, aux Ulis, « le commissariat (est) une nouvelle fois caillassé ».
Le 24 mai, une « nouvelle attaque aux pavés sur une patrouille à Corbeil Essonne ».
Le 27 mai, « une patrouille Sentinelle (est) attaquée et caillassée à Corbeil ».
Le 8 juin, concernant l’ « attaque au cocktail Molotov à Viry Chatillon : huit mois plus tard, les meneurs identifiés ».
Le 10 juin à Grigny, « le contrôle d’identité tourne à la rixe, un véhicule de police dégradé ».

YVELINES

Le 20 mai, à Maurecourt, « un policier (est) blessé après une course poursuite ».
Le 24 mai, « le tournage du clip de rap tourne à l’affrontement avec la Police » à Vélizy.
Le 27 mai, à Conflans-Sainte-Honorine, « il fonce sur le portail du commissariat ». Le même jour, à Mantes le Jolie et à Chanteloup, « les policiers (sont) pris pour cible en plein après-midi ».
Le 31 mai, à Chanteloup, aux Mureaux et à Guyancourt, « les policiers (sont) pris pour cible » : « Les forces de l’ordre ont été la cible de jets de projectiles dans plusieurs communes des Yvelines, dans la soirée de lundi ».
Le 1er juin, « un homme (est) interpellé pour violence contre un policier » à Conflans-Sainte-Honorine.
Le 2 juin, à Chanteloup et Mantes la Jolie, « les policiers (sont) encore pris pour cible ».
Le 3 juin, à la Verrière, « des policiers (sont) visés par des projectiles après l’interpellation ».
Le 7 juin, à Bois-d’Arcy, « le conjoint violent gifle un policier ». Le même jour, à Trappes, « attroupement contre l’enlèvement d’une voiture suspecte » : « Les forces de l’ordre ont eu recours au flash-ball pour disperser le groupe et quitter les lieux ».

HAUTS-DE-SEINE ET VAL-D’OISE

Étonnamment, aucune violence contre des policiers n’apparait pour cette période dans les pages locales du Parisien consacrées aux Hauts-de-Seine et au Val-d’Oise. 

Ces départements bénéficieraient-ils d’un climat social particulier ? Aucune agression contre des policiers n’aurait eu lieu durant le mois écoulé ? 
Les services de communication des forces de l’ordre dans ces départements ne communiquent-ils pas à ce sujet à la presse ? Le mystère reste entier. ..

La banalisation de la violence contre les policiers se vérifie aussi dans les chiffres : la chaine LCI révélait en octobre 2016 que, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, « le nombre de policiers et gendarmes blessés dans leurs missions avait massivement augmenté entre 2010 et 2015. « En 2010, ils étaient 1408 à avoir subi une agression physique, contre 1807 en 2015 ».

Étonnamment, la presse nationale ignore largement ces agressions, si ce n’est pour en communiquer les statistiques. 

La place donnée dans les médias aux faits de violence contre les policiers passe par le choix des journalistes. 

Elle participe du niveau d’acceptation du corps social de faits graves à l’encontre d’agents chargés du maintien de l’ordre et de la protection de la population. 

L’acceptation de l’anormal, en quelque sorte.

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