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mardi 6 juin 2017

MARINE LE PEN FACE À LA VIEILLE GARDE DU FN !


La vieille garde du FN conteste déjà les changements annoncés par Marine Le Pen




Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen, députés européens
La candidate frontiste a annoncé de profonds changements dans son parti, au soir de sa défaite face à Emmanuel Macron.   Tous au FN n'y sont pas prêts.


«Le FN qui s'est lui aussi engagé dans une stratégie d'alliance doit profondément se renouveler (…) Je proposerai donc d'engager une transformation profonde de notre mouvement afin de constituer une nouvelle force politique que de nombreux Français appellent de leurs vœux, et qui est plus que jamais nécessaire au redressement du pays», a annoncé Marine Le Pen ce dimanche, au soir de sa défaite au second tour de l'élection présidentielle

 Une annonce qui fait suite à un score tout de même inédit pour le FN avec près de 35% des voix, et qui a immédiatement suscité des réserves jusqu'au sein de son camp.

Figure de «l'aile droite du parti», Bruno Gollnisch, a laissé poindre son scepticisme. 

«Moi je suis favorable personnellement à ce qu'il y ait une entente, une alliance, pour les prochaines élections, avec d'autres formations que la nôtre, comme par exemple celle de Nicolas Dupont-Aignan», a-t-il plaidé sur France Info. 

Avant de livrer à son tour un chapelet d'autocritique: «Il va falloir s'adapter, mieux faire passer le message. Tout peut être discuté, rien n'est intangible.»

 Un seul tabou pour l'ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen: changer de nom, comme l'a annoncé Marine Le Pen. 
«Je n'y suis pas favorable», a-t-il tranché, avant de plaider:
 «Je crois qu'il faut conserver notre socle de convictions: défense des valeurs traditionnelles, lutte contre le fiscalisme».


Mais c'est probablement du fondateur du FN qu'est venu le plus cinglant avertissement à ceux qui voudraient au FN, du passé faire table rase. 

 «Je ne laisserai pas le nom du Front national disparaître comme cela, il y aura un congrès et ce sera aux militants de décider, ce n'est pas à Monsieur Philippot de décider», a fulminé Jean-Marie Le Pen auprès de France Info. 

«Je suis resté assez silencieux et coopératif durant cette campagne, mais je n'hésiterai pas à exprimer mon désaccord s'il le faut», a encore menacé celui qui reste président d'honneur du parti, par décision de justice.

ET AUSSI


Jean-Marie Le Pen : «Le changement de nom du FN, c'est bidon, comme le changement du climat»




Le président d'honneur du Front national, exclu du parti, porte un regard critique sur le projet de refondation du mouvement et craint l'impact du front républicain aux législatives. Mais il croit Marine Le Pen capable de rebondir.


Jean-Marie Le Pen ne sera pas associé à la réflexion sur l'avenir du Front national, voulue par la présidente du parti, mais cela ne l'empêche pas d'avoir un avis. 

Si le changement de nom du mouvement compte parmi les sujets attendus sur la table des débats, le président d'honneur y reste fermement opposé. 

«Le changement de nom, c'est comme le changement du climat, c'est du bidon!» a-t-il confié, mardi, au Figaro. 

D'ailleurs, quand on lui parle de «refondation en profondeur», il feint de ne pas comprendre exactement de quoi il en ressort tout en admettant un besoin probable «d'améliorations». 

Lesquelles, en priorité? «J'observe un certain nombre de failles, y compris sur le plan technique puisqu'il y a eu des problèmes d'affiches et de bulletins de vote», répond-il, en soulevant aussi des fragilités au niveau de «l'organisation», de «l'échange des idées» et de la «communication». 

«Je constate que le Front national est probablement le seul parti politique au monde qui n'a pas de journal» s'étonne le fondateur. «Quant à la pensée politique, ajoute-t-il, si Marine quitte le terrain de l'euro, sans doute se privera-t-elle des services de monsieur Philippot. 

Mais cela peut se faire dans le cadre d'un congrès». 

Plusieurs frontistes envisagent la tenue de ce congrès au début de l'année 2018 et certains ont évoqué l'organisation éventuelle de séminaires en amont.

Macron, un «dictateur gentil»

Concernant les législatives des 11 et 18 juin, face à la perspective offerte à Emmanuel Macron d'obtenir une majorité absolue à l'Assemblée nationale (jusqu'à 415 députés selon la dernière projection Ispos Sopra Steria), Jean-Marie Le Pen ironise. «C'est bien! applaudit le Menhir, on va peut-être avoir un dictateur gentil. 
Généralement, quand on est porté comme cela par la vague populaire, c'est une tentation à laquelle on ne résiste pas. La première sera de vouloir gouverner par ordonnance et de s'y habituer.»

Pour le Front national, les prévisions annoncent 5 à 15 députés élus mais selon Jean-Marie Le Pen, le choix du front républicain formulé par François Baroin peut se révéler «très dangereux» pour les candidats frontistes. «Il a abandonné le ni-ni. 

Ces gens-là changent souvent d'opinion» critique-t-il, en relativisant le poids d'un groupe FN à l'Assemblée dans un contexte de majorité absolue.

 En revanche, si le parti frontiste parvenait à constituer une force parlementaire, il conseille à Marine Le Pen d'en assurer la présidence, comme il l'a toujours fait lui-même, que ce soit au parlement français ou dans l'hémicycle européen.

«Opposition radicale au macronisme»

Quel type d'opposition devra-t-elle y incarner? «Elle sera amenée à animer une opposition radicale au macronisme. 
Si les Républicains sont partisans de la collaboration, il est fort probable que le Front national sera la seule opposition crédible. 
Il y a eu plusieurs fois des majorités absolues et cela n'a pas empêché l'opposition de s'exprimer» estime Jean-Marie Le Pen, engagé personnellement dans la bataille des législatives avec 158 candidats investis sous l'étiquette «Union des patriotes». 

Dans cette association électorale apparaissent les Comités Jeanne mais aussi le Siel (Karim Ouchikh), le Parti de la France (Carl Lang), l'Alliance royale (Pierre Bernard) et le Front libéré (Philippe Chevrier).

Au-delà des législatives, le père de Marine Le Pen ne croit pas que le leadership de sa fille sera durablement affecté après son débat raté face à Emmanuel Macron. «Cela fait partie du passé.

 C'est un non évènement, un ratage.

 Il arrive que le champion du monde de ski chute mais cela n'enlève rien à ses capacités» conclut Jean-Marie Le Pen. 

http://www.lefigaro.fr/elections/legislatives/2017/06/06/38001-20170606ARTFIG00238