Google+ Badge

samedi 10 juin 2017

LES COMORES , L' IMMIGRATION ET LES " KWASSA-KWASSA "

A la pêche aux Comoriens !

Mayotte Kwassa

A la pêche aux Comoriens !

Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦

Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, l’un des hommes d’état les plus corrompus des Comores et d’Afrique, complice en son temps de pirates somaliens a exigé  des excuses du président français Emmanuel Macron, jugeant que sa plaisanterie sur les “kwassa-kwassa” était “choquante et méprisante” alors que c’est l’Etat comorien qui affame son peuple depuis des années et est le premier complice pour ne pas dire organisateur des noyés de l’Océan Indien.


A l’occasion d’un déplacement en Bretagne jeudi dernier, Emmanuel Macron avait plaisanté au sujet de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin. 

«Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent», avait lancé le Président lors d’un échange avec des responsables d’un centre régional d’observation et de sauvetage. 

Des propos qui ne sont pas passés à Moroni où l’ambassadeur de France a été convoqué.

Pour le chef de la diplomatie comorienne, « il y a un contexte douloureux lié aux kwassa-kwassa que Macron ne peut ignorer (…) de nombreuses pertes en mer entre Anjouan et Mayotte ». 

Tant pis si le plus choquant est la rapine des Comores, son manque de fierté et sa lâcheté de laisser ainsi s’enfuir tout un peuple. 

Azali Assoumani, toujours aussi lèche bottes pour défendre en douce ses nombreux terrains du sud de Mayotte (toute la forêt est carrément à lui) a déploré l’« incident » de manière plus modérée en évoquant une “déclaration inconsidérée” à mettre “sur le compte de la jeunesse“. 

On voit qu’il n’a pas trop changé comptant sans doute beaucoup sur Macron durant son dernier mandat.


En France, les Comoriens sont aussi excités : les associations communautaires ont fait de la surenchère et ont manifesté pour dénoncer ces propos d’Emmanuel Macron. Se croyant dirigeant d’un pays respectable, le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, exige officiellement des excuses.

Il faut souligner que les migrants, qui partent notamment de l’île comorienne d’Anjouan, empruntent ces “kwassa-kwassa“, embarcations de fortune, avec la complicité entière des autorités comoriennes, véritables responsables du génocide de leur peuple puisqu’ils les autorisent à rallier les côtes de Mayotte illégalement, au péril de leur vie.

 La lâcheté du gouvernement comorien à ce titre est sans nom mais les « sages musulmans » diront comme toujours que la France est responsable. 

Les propos de Macron ont été largement relayés dans la presse locale comorienne, sur les réseaux associatifs, dans les mosquées locales et ce, en plein ramadan, moment propice au bourrage de crâne politique. 

Le coupable, ce ne peut être en effet que la France avec la litanie de la maladie des Indépendances qui permet au pouvoir en place, l’un des plus corrompus de la planète de se maintenir à bon frais sans regret et sans prendre ses responsabilités. Petit peuple, petite mentalité.


La blague était, il est vrai, de mauvais goût mais elle a aussi permis de rappeler aux médias que ces embarcations existent et qu’elles peuvent faire naufrage. Parfois, à la suite de mauvais temps ou de la chasse de la PAF( Police de l’Air et des Frontières), les clandestins doivent choisir jeter leurs enfants à la mer ou poursuivre leurs traversées. 

De tels faits nous ont été rapportés récemment : ils alimentent aussi régulièrement la presse locale.  

Soyons précis : les arrivées de kwassa sont quasiment quotidiennes et se concluent rarement par un naufrage mais par une hospitalisation ou un accouchement (trente accouchements par jour à la maternité de Mayotte). 

 Les passeurs disposent tous des numéros d’urgence de l’hôpital et en cas d’avarie, les pompiers français viennent secourir les embarcations.

En fait, les kwassa sont l’objet d’un intense trafic (cigarettes de Madagascar, produits pharmaceutiques) dans un sens comme dans l’autre (de Mayotte vers les Comores, ce sont les scooters volés ou autres produits électroniques issus des casses qu’on ramène au pays).

 Les kwassa constituent aujourd’hui l’activité lucrative de toute la côte sud d’Anjouan, le commerce informel inter-îles.

Si les propos sont condamnables, c’est par l’utilisation de l’article « du » dans la bouche d’un président de la République, comme s’il s’agissait de marchandise, « du Comorien », comme on aurait dit « du manioc » mais comment vraiment le lui reprocher quand on sait qu’avec le temps et le laxisme de la politique de ses prédécesseurs l’immigration clandestine est banalisée pour ne pas dire encouragée à Mayotte. 

Sans les clandestins, le boom de la construction ne pourrait suivre sur l’île.

Par contre, ce qui paraît bien clair  et que manifeste ce propos, c’est la banalisation du phénomène, preuve qu’on n’a toujours trouvé aucune solution pour Mayotte ou même qu’on n’en veut pas.

 Pas de remise en cause des visas Balladur, pas de remise en cause du droit du sol, aucune remise au pas du gouvernement comorien comme du patronat mahorais.


Sur le terrain alors qu’Emmanuel Macron a remporté le second tour des Présidentielles avec un taux  de 57,15 %, Marine le Pen avait été seconde au premier tour derrière Fillon avec 25,28 %, accordant ainsi une crédibilité ultra-marine au mouvement frontiste jamais vu auparavant.

Nonobstant, En Marche n’a même pas trouvé de candidats locaux aux Législatives mais qu’importe après tout. 

On peut gouverner sans parti et sans Parlement.
Illustration : mouvements des Kwassa à destination de Mayotte.
 
Source:    https://metamag.fr/2017/06/09