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mardi 6 juin 2017

LE MÉPRIS DU PEUPLE PAR LES ÉLITES .......

Ce que la Réforme peut nous apprendre sur le mépris du peuple par les élites

Le protestantisme fut largement une révolte contre les élites religieuses du temps. Un exemple qui résonne fortement aujourd’hui, où les élites persistent à ignorer le peuple.
Par Ueli Maurer, ancien Président de la Confédération Helvétique.


Cette année, nous commémorons l’anniversaire de la Réforme qui débuta il y a 500 ans et influença le monde occidental jusqu’à aujourd’hui. C’est une époque qui changea fondamentalement le cours de l’Histoire.
La Réforme comporte de nombreux aspects variés et incroyablement passionnants. Les historiens ont rempli des bibliothèques entières à ce sujet. Mais aujourd’hui, les questions qui me fascinent avant tout sont les suivantes: comment pouvait-on en arriver là? Pourquoi une institution aussi puissante que l’Eglise romaine s’effondra-t-elle après presque 1 500 ans? Pourquoi les gens se révoltèrent-ils ? Un tel grand événement historique se produisit-il soudainement et à l’improviste ou bien s’annonça-t-il lentement ? Et en plus: que pouvons-nous en apprendre?

Ce soir, je ne vais donc pas parler des conséquences de la Réforme, mais de ses causes. En considérant les tenants et aboutissants et en retraçant les grandes lignes, je pense que nous parviendrons à des conclusions intéressantes. Peut-être, vous ressentirez la même chose que moi: de nombreuses choses nous semblent étrangères, et d’autres étrangement familières et actuelles …

I. Comment en est-on arrivé à la Réforme ? L’ événement précurseur : le Concile de Constance

D’abord: ne plongeons pas notre regard en arrière pour 500, mais pour 600 ans. Ainsi, nous obtenons une meilleure vue d’ensemble. A l’époque, de 1414 à 1418, le Concile de Constance eut lieu. Tous les dirigeants importants des églises et de nombreux princes séculiers se rassemblèrent pour délibérer. Toutes les personnalités éminentes se rencontrèrent au bord du lac de Constance. Aujourd’hui, nous dirions: l’élite internationale se rassemble pour une rencontre au sommet.
L’ordre du jour de Constance fut surprenant: l’un des sujets les plus importants était une réforme de l’Eglise. Réellement, cent ans avant la Réforme!

La raison pour cela était Jan Hus, un prédicateur de la Bohême. Au cours des années précédentes, il avait regroupé de nombreux disciples et fit beaucoup parler de lui. Comme plus tard Luther, Zwingli, Calvin et d’autres réformateurs, il accusait la sécularisation de l’église. Selon Hus, une couche supérieure se serait formée, ne s’occupant plus du tout de la foi, mais plutôt du pouvoir, de l’argent et des carrières. Ces cercles dirigeants devraient à nouveau s’occuper davantage des petites gens et moins de leur propre bien-être.

Toute personne critique est un hérétique
Jan Hus fut invité à Constance pour exposer sa critique. Une réforme de l’Eglise n’y fut cependant même pas discutée sérieusement. Au contraire, Jan Hus fut qualifié d’hérétique et brûlé avec ses écrits1.
Ainsi, il n’y eut pas de réformes et tous les abus que Jan Hus avait critiqués persistèrent. Ils s’aggravèrent même au cours du temps. Car quiconque les dénonçait était dénigré comme étant un mauvais chrétien et était puni.

Tout se dégrade
Naturellement, de plus en plus de personnes remarquèrent que cela ne pouvait plus continuer ainsi. Le népotisme et la corruption augmentèrent continuellement. La simonie s’y ajouta, c’est-à-dire la vente de charges ecclésiastiques au plus offrant. Celui-ci pouvait récupérer son argent en exigeant des taxes et des impôts.
De grosses sommes d’argent furent transmises à Rome: au nord des Alpes les gens déploraient de devoir financer l’inefficacité du Sud et le luxe des princes et de la bureaucratie ecclésiastiques dans la lointaine Italie. Toutes éventuelles analogies concernant la redistribution dans l’Europe actuelle relèvent d’ailleurs du pur hasard …

Nous savons grâce à une lettre transmise ce qu’en pensait la Curie: avec condescendance, les populations mécontentes furent présentées comme étant des gens ringards et incultes. Qu’ils n’avaient qu’à se réjouir d’avoir la vie qu’ils avaient; leur bien-être économique était dû à l’influence fécondante de Rome. Au lieu de critiquer les gaspillages, ils feraient mieux de se montrer reconnaissants et respectueux (Enea Silvio Piccolomini (le futur pape Pius II), in: De ritu, situ, moribus et conditione Germaniae, dans les années 1450). Autrement dit: les gens ne peuvent que remercier les élites attentives de leur activité bénéfique! J’ai comme l’impression qu’aujourd’hui j’entends parfois des argumentations très semblables …
Dans la deuxième moitié du XVe siècle, le livre imprimé, inventé par Gutenberg, se répand. Ainsi, les opinions critiques peuvent circuler plus vite et plus facilement. L’Eglise ne tarde pas de réagir. En 1487, elle ordonne que, sans sa permission, plus aucun texte ne devait être imprimé. Il s’agissait, selon elle, d’empêcher que de «fausses informations» et des «dogmes nocifs» puissent être répandues. Il existait donc déjà à l’époque des «fake news» …
Conclusion: peu importe le siècle, les nouveaux médias éveillent une grande nervosité au sein des élites détachées du simple peuple … C’est compréhensible, car leur pouvoir dépend essentiellement de leur possibilité de définir et d’imposer ce qui est, à leur avis, juste ou faux.

Les menaces deviennent de plus en plus absurdes
Les gaspillages firent augmenter le besoin d’argent. De cette manière, le commerce des indulgences prit de l’importance. Cela fonctionna de la manière suivante: on donna de l’argent et en récompense, on était exonéré du châtiment dans l’au-delà. Plus le péché était grave, plus le prix était élevé. Le commerce était documenté par un certificat, la lettre d’indulgence.
Il existait des ecclésiastiques spécialisés dans le commerce des indulgences voyageant de ville en ville. Ils faisaient peur aux gens, les menaçaient des pires tourments du Purgatoire et leur vendaient des indulgences.
L’un d’entre eux, le prêtre dominicain Johann Tetzel, ancien escroc, eût tant de succès, qu’il devint célèbre. Il eut le statut d’une star, du moins auprès des autorités qui profitèrent des rentrées financières. Tetzel pratiqua un marketing poussé au moyen d’un slogan frappant: sur la dite «caisse de Tetzel» où les gens déposèrent l’argent, se trouva la peinture d’un horrible diable tyrannisant les pauvres âmes au purgatoire avec au-dessus l’inscription suivante: «Sitôt que sonne votre obole, du feu brûlant l’âme s’envole».
Cela alla si loin qu’un voleur acheta des indulgences pour tous ses péchés futurs et s’attaqua ensuite au vendeur des indulgences.


Au bord de l’explosion
Un jour, le prêcheur Tetzel était en route pour le compte d’un comte surendetté. Il était accompagné par des collaborateurs de la très influente maison bancaire internationale Fugger, chez qui le comte était endetté. Ils prélevaient directement l’argent des gens achetant leur prétendu «salut».
Lorsque Tetzel arriva dans les environs de la ville de Wittenberg, un moine nommé Martin Luther afficha2 un document à la porte de l’Eglise. En 95 thèses, il critiqua le commerce des indulgences. Initialement, Luther ne voulut pas de division ecclésiale et hésita longuement avant de remettre en question l’autorité du pape. Il était un moine pieux, ne pouvant simplement fermer les yeux face à la situation. Mais la réaction des personnalités influentes et des puissantes promurent le conflit. Les comtes profanes et religieux, les érudits et les ecclésiastiques stigmatisèrent Luther en tant qu’hérétique. Finalement, il fut exclu de l’Eglise au moyen d’un anathème.
Ce fut le début de la Réforme, qui toucha et transforma au cours des années suivantes une grande partie de l’Europe. Grâce à Zwingli à Zurich, Vadian à Saint-Gall et Calvin à Genève, elle obtint une empreinte particulière, correspondant au caractère suisse.


Les milieux dirigeants vivent dans une bulle
La manière dont les puissants réagissent me fascine: on ne s’attaque pas aux abus, mais aux personnes émettant des critiques. On ne veut pas éliminer les abus, mais les voix gênantes. Ainsi, on laisse s’échapper la dernière chance pour faire des améliorations et trouver de bonnes solutions.
Cela s’avère être une évaluation erronée avec de graves conséquences: on ne réalise pas à quel point le mécontentement concernant la situation existante est déjà répandu. Dans les milieux dirigeants, on se réconforte mutuellement que dans le fond tout va très bien; qu’il n’y a rien à changer; qu’on a uniquement à faire à quelques fauteurs de troubles ou agitateurs voulant influencer une partie du peuple prétendument stupide.
En haut, on ne veut rien savoir des soucis accablant les populations d’en bas. L’élite vit dans un autre monde et parle une autre langue: ceci est à comprendre littéralement.
Les comtes religieux et profanes proviennent souvent des mêmes nobles familles, qui sont toutes apparentées et liées dans toute l’Europe. Ils luttent les unes contre les autres ou ils s’associent dans des alliances changeantes. Le peuple est bon pour débourser les impôts nécessaires et fournir des soldats. Il y a 500 ans, le pape faisait de la grande politique et construisait la somptueuse Basilique Saint-Pierre à Rome. Charles Quint, d’abord roi puis empereur, règne à cette époque tant sur l’Espagne que sur l’Allemagne. Il parle le français, mais à peine l’espagnol et l’allemand. Même s’il s’était entretenu avec ses sujets, il ne les aurait pas compris. Dans l’Eglise, même chose, la langue parlée est le latin.
Rétrospectivement, il est aussi clair que de l’eau de roche, que cela ne pouvait bien se passer, quand on s’obstine manifestement à ne pas prendre en compte le peuple. Mais comment est-ce aujourd’hui? La Berne fédérale a aussi sa propre langue. Je pense souvent: au niveau de la langue, il s’agit d’allemand, mais malgré tout personne ne la comprend… lisez donc une directive de l’UE. Là, on ne peut plus que secouer la tête et penser à Goethe: «Me voici pauvre fou maintenant et pas plus sage qu’auparavant».


L’allemand pour être compris
Martin Luther, et plus tard Ulrich Zwingli, prêchaient en allemand. Les réformateurs imprimaient des écrits, dans lesquels ils s’adressaient au peuple en langue allemande. Tous deux éditent une nouvelle traduction de la bible. Pour cela ils utilisèrent un langage que tout le monde comprenait. C’était révolutionnaire.
Luther dit à ce sujet: «Il ne faut pas demander aux lettrés de la langue latine comment parler l’allemand […] mais à la mère dans la maison, aux enfants dans la rue, aux hommes sur le marché, observer comment ils parlent et ensuite traduire ce qu’ils disent, c’est ainsi qu’ils le comprendront et qu’ils réaliseront qu’on leur parle en allemand»3
Les réformateurs expriment ce que les petites gens ressentent. Ils leur donnent une voix. Luther agit en tant que grand créateur langagier, ayant fortement influencé notre langage écrit. Ses mots sont forts – et parfois amusants.

II. Les conclusions qui en résultent

Si nous considérons les grandes lignes de la Réforme, nous pouvons en tirer beaucoup d’informations. Nous voyons ce qui se passe, si les élites ignorent le peuple. Le développement se fait en trois phases:

1.      Il s’agit toujours davantage d’intérêts personnels et de pouvoir

Au début, l’élite s’engage encore pour une bonne cause et en assume la responsabilité. Dans l’église c’était notamment le travail pastoral, l’assistance, la bienfaisance, ainsi que la formation et l’art. Mais au fil du temps, elle ne s’intéresse toujours davantage plus qu’à ses propres intérêts. Et au centre de ses intérêts se trouve le maintien du pouvoir.
Le peuple s’en rend compte. La critique surgit de partout. Des signes alarmants surviennent. Il serait encore temps pour ajuster le cap. On pourrait encore résoudre les problèmes de manière raisonnée et pacifique. Pour en rester à l’exemple de la Réforme: les sermons critiques de Jan Hus aurait dû être compris comme signal d’alarme montrant que quelque chose ne marchait plus. Le Concile de Constance aurait été la grande chance de sauver la situation. Mais l’élite ignore les signaux d’alarme.

2.  Diffamation des opposants

Au lieu de se demander si la critique est justifiée, on empêche la critique. Les critiques sont transformés en hérétiques. Il n’y a pas de réformes, parce qu’il faudrait donner raison aux hérétiques.
Nous pouvons prendre un exemple zurichois de cette époque: Ulrich Zwingli nous décrit comment il l’a vécu: «Les grands et les puissants de ce monde ont commencé à proscrire et à rendre odieux Luther pour l’enseignement de Jésus-Christ qu’il donnait»4. Et Zwingli de continuer que par la suite, ils ont traité tout personne mettant en question l’opinion dominante de «luthérien».
Nous connaissons cela des temps actuels: on place ceux qui dérangent dans un coin, on les range dans des tiroirs; à l’époque on les appelait luthériens, aujourd’hui ils sont populistes, rétrogrades, extrémistes, xénophobes, etc.
Ainsi, ils sont discrédités, muselés et marginalisés. On les exclut de la société des bien-pensants et on continue obstinément sur la même voie que d’habitude. Les abus sont embellis ou dissimulés.
Il est évident que la situation empire. Etant donné que toute critique est immédiatement sanctionnée, plus personne n’a le courage d’exprimer ouvertement des critiques. Et où il n’y a plus de culture de la critique, il y a davantage d’erreurs et d’abus. Cela mène au cercle vicieux.

3.    Négation de la réalité

Dans le peuple la déception, le mécontentement et la frustration augmentent. Les élites ressentent avant tout du mépris pour le peuple prétendument ingrat et stupide. Prenons encore un exemple de l’époque de la Réforme. Quand elle commença à Bâle, un clerc décrit «de l’agitation et du tumulte», provenant du «peuple ordinaire et inutile; aucun citoyen fortuné et honorable y a participé»5.
Cette attitude négative envers les gens ordinaires est significative. La classe dirigeante se cache de plus en plus dans son propre monde, sans plus aucun lien avec la vie quotidienne de la grande majorité du peuple. Elle se sent ainsi constamment renforcée dans ses convictions.
Nous pouvons aussi nous inspirer d’exemples tirés d’autres époques. Du temps de la Révolution française, par exemple: Marie-Antoinette, l’épouse de Louis XVI, dispose d’un village rural installé dans le parc de Versailles. La noblesse y joue la vie de campagne idyllique. C’est-à-dire qu’on s’éloigne du peuple et des petites gens, on reste entre soi, on mène une vie dans un monde idéalisé, construit pour soi-même et selon une image idéale.
Ce qui se passe à l’extérieur n’intéresse pas et est totalement masqué. Informée que le peuple manifeste parce qu’il manque de pain, Marie-Antoinette aurait répondu: «S’ils n’ont pas de pain, qu’ils mangent de la brioche !».
Son mari, le roi Louis XVI, se dérobe de la réalité en allant à la chasse presque quotidiennement. Le jour où la Révolution éclate et la Bastille est prise, il rentre de la chasse et écrit dans son journal intime: «14 juillet: rien»6.
En résumé: cette flagrante négation de la réalité par les élites est le symbole illustrant la fin de leur règne. Dans cette phase, il y a souvent une rupture totale entre le peuple et les élites. Celles-ci s’accrochent au pouvoir de toutes leurs forces et pleines de désespoir – jusqu’à ce que le mécontentement soit si grand que le peuple se révolte. A ce point-là, le risque est grand qu’il soit déjà trop tard pour réorienter la politique vers des solutions non-violentes et pacifiques.

C’est un des objectifs primordiaux de la démocratie d’empêcher une telle escalade. Aussi longtemps qu’elle fonctionne, et que les décisions populaires sont mises en œuvre, cela ne peut pas arriver, parce que la politique peut être corrigée en temps et en heure. Le danger grandit si les élites n’acceptent plus la volonté du peuple. Car, à long terme, on ne peut ignorer le peuple, s’il exige un changement. John F. Kennedy l’a un jour résumé ainsi: «Quiconque empêche une révolution pacifique, rend une révolution violente inévitable» . Les élites portent donc une responsabilité énorme.

Conclusion

Nous avons décelé à l’aide de la Réforme un déroulement en trois phases. Vous ne le trouverez pas seulement dans la Réforme; celle-ci est juste un exemple illustratif. Vous trouverez de tels déroulements tout au long de l’Histoire. Parfois, ce processus se déroule lentement, parfois très rapidement. Parfois, il est interrompu, parce que les élites sont assez sages pour écouter le peuple et corriger à temps leur cap.
Vous pouvez vérifier ce déroulement à l’aide de petits ou grands évènements. Vous le trouverez dans l’Histoire du monde comme dans l’Histoire locale. Prenez la Révolution française ou la guerre d’indépendance américaine, prenez – puisque nous sommes à Zurich – la lutte des communes rurales zurichoises contre l’hégémonie de la ville de Zurich (affaire de Stäfa/Stäfner Handel) ou le Putsch de Zurich (Züriputsch).

Et évidemment nous pouvons aussi prendre des exemples actuels. Le Brexit ou les élections présidentielles aux Etats-Unis. Et qui sait, peut-être certains entre vous trouveront aussi des parallèles avec notre pays.


(Ce texte est le discours du conseiller fédéral Ueli Maurer prononcé à l’occasion de la réunion de l’Albisgüetli du 20 janvier 2017 à Zurich, et traduit de l’allemand en français par la publication suisse « Horizons et débats »)
____________________________________________________________________________ Article reproduit avec l’autorisation de l’éditeur :
« Horizons et Débats » n° 5, en date du 20 février 2017
www.horizons-et-debats.ch. Traduction la synthèse online.



Notes :
  1.  pour tous ceux qui ont lu récemment, ou vont lire prochainement, le livre de Michel ONFRAY, intitulé « Décadence », rappelons que l’importance du Concile de Constance est décrite pages 307 à 320. ↩
  2.  d’après certains historiens, cet événement eut lieu le 31 octobre 1517, d’où le 500ème anniversaire de la Réforme. ↩
  3.  Durant, Will. «Kultur­geschichte der Menschheit», vol. 18, Lausanne/Genf, non daté, p. 65. ↩
  4.  Zwingli, Huldrych. Auslegung und Begründung der Schlussreden, 14. Juli 1523; extrait de: Oechsli, Wilhelm. Quellenbuch zur Schweizer Geschichte, Zurich 1918, p. 308. ↩
  5.  Stolz Johann. Chronik 1520–1540; extrait de: Oechsli, Wilhelm. Quellenbuch zur Schweizer Geschichte, Zurich 1918, p. 330). ↩
  6.  Durant, Will. Kulturgeschichte der Menschheit, vol. 32, Lausanne/Genève non daté, p. 467 ↩