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mardi 13 juin 2017

LE MACRONIX ET LES SERVICES SECRETS ........


Macronix Imperator chef des services secrets!


Macronix Imperator chef des services secrets!

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En créant une unité de pilotage des services secrets, l’Elysée vient de prendre la tête des services secrets alors que le terrorisme fait rage. 

Une véritable révolution destinée à éviter certains couacs entre la Défense et les renseignements.

 Le milieu des renseignements est réputé pour être clos et relativement opaque. 

C’est pourtant une petite révolution qui vient d’être opérée en son sein, relate le Journal du Dimanche (JDD) dans son édition du 11 juin. 

Le président Emmanuel Macron vient en effet de prendre la tête des services secrets en refondant leur organisation.

L’Elysée a décidé de créer un Centre national de contre-terrorisme, faisant du président le coordinateur du renseignement. 
Il prend la tête d’une équipe composée de 19 personnes qui s’occuperont de définir la stratégie des services secrets dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Lors du conseil des ministres qui aura lieu le 21 juin, Emmanuel Macron devrait par ailleurs annoncer d’autres mesures et de nouvelles nominations pour compléter cette décision.

«On sort de décennies de non-dits, pendant lesquelles l’Elysée pilotait ces questions sans vraiment apparaître : maintenant, Macron a l’air de vouloir assumer», explique un proche de l’Elysée à l’hebdomadaire. 

En réalité, il s’agit surtout d’éviter les couacs et les rivalités, comme celle qui aura marqué la présidence de François Hollande. 

Pendant plusieurs mois, le président de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Bernard Bajolet, n’adressait plus la parole au directeur de cabinet du ministre de la Défense, préférant s’adresser directement au président. 

Cette tension était née de l’affaire des otages retenus au Niger, en 2010, lorsqu’une opération montée par les services secrets s’était vue doublée par une seconde opération organisée par la Défense.

Reste la question de la mission et de l’efficacité de ce Centre national de contre-terrorisme. 

Une telle structure avait déjà été mise en place en 1982 par François Mitterrand, dans un contexte de menace terroriste faisant suite à l’attentat de la rue des Rosiers à Paris. 

Elle avait principalement servi à espionner différentes personnalités de la politique, du spectacle et des médias, notamment grâce à des mises sur écoute. 

Plusieurs dirigeants de cette cellule ont été condamnés par la justice en 2005.
Source


ET AUSSI




Macron, président de la société liquide. Le triomphe d’un monde qui ne se refuse rien


Par Arnaud Benedetti

Qui donne ici [Causeur, 12.06] une analyse vivante, lucide, de fond, du macronisme, analyse brillante et véridique que nous partageons à cette heure, en attente des actes, des faits, des politiques menées, qui permettront de juger sur pièces. 
 LFAR



Les urnes législatives ont parlé. 
Selon toute vraisemblance et sauf surprise, le président de la République disposera d’une majorité confortablement absolue à l’Assemblée.


Un monde jeune et bienveillant
Ce nouveau monde qui surgit sur les bancs du vieil hémicycle sera jeune, bien sûr ; et aussi bienveillant, c’est-à-dire sympa ! 

Et puis optimiste, débarrassé des vieilleries qui encombrent nos esprits depuis des lustres – la droite, la gauche, les clivages, et ce je-ne-sais-quoi qui, à force de protéger, nécrose l’irrépressible envie d’initier, de créer, de développer… 

Il sera aussi souriant, de ce sourire sur commande, presque obligatoire pour saluer l’heureuse société qui, forcément, vient. Il sera enfin fluide, interactif, admiratif, un peu béat, souvent communicant, toujours inclusif.


Ainsi va le macronisme, cette injonction à être heureux, à croire au présent, au bonheur – un bonheur économique essentiellement, où il y a peu de place pour l’interrogation existentielle, métaphysique et même… historique. 


Le macronisme aspire par tous les pores de sa peau idéologique les particules de l’immédiateté mondialiste, high-tech, hyper connectée, sociétale. Il en est d’abord le produit ; il n’est même pas constructiviste car le constructivisme, d’essence socialiste, suppose un volontarisme.

 Le macronisme prend littéralement ce que le grand poète Francis Ponge appelait « le parti pris des choses »

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Tout surfe sur la vague post-moderne
Rien de ce que la société sophistiquée des grandes mégalopoles occidentalisées génère ne lui est étranger ; bien au contraire il en épouse toutes les formes avec une gourmandise à peine dissimulée. Le macronisme est l’avatar politique d’une société qui ne se refuse rien, qui ne se pose aucune limite… 
Tout y surfe sur la vague post-moderne. 

Le mouvement en est le ressort comme si le nouveau monde s’opposait à l’ancien par une indétermination ontologique de toutes les formes, bien établies elles, qui nous ont précédés : du genre au statut professionnel, de l’identité aux valeurs, tout est relatif, transitoire, précaire évidemment, en transformation perpétuelle. Tout glisse en quelque sorte. 

Le macronisme est la première traduction politique de cette « société liquide » prophétisée par le sociologue Zygmunt Bauman. La macronisation est d’abord une dépolitisation des anciennes offres politiques ; elle reconvertit par une agrégation de contenus et de personnels les vieilles lignées pour les aspirer dans une version New Age du « catch all party », le parti attrape-tout que nos sciences politiques d’hier enseignaient aux jeunes apprentis politologues… 


Mais à la différence de cette grande figure des classifications de la sociologie partisane, La République en Marche ne synthétise pas les contradictions.


Clins d’oeil à Terra Nova
Elle les absorbe sans souci avéré de cohérence doctrinale. 
Elle prolifère par captation sans effort systématique de rationalisation ; elle additionne sans travailler forcément à l’interopérabilité des sensibilités. 
Le « en même temps », formule culte de la novlangue du jeune pouvoir, concentre sémantiquement bien des ambivalences de la formation majoritaire. 

Il en stocke même toutes les bombes à retardement lorsqu’ adviendra, à l’issue de cette récréation électorale, le temps d’exercer effectivement les responsabilités. 

Au demeurant, cette organisation n’est pas un parti, mais un… mouvement. 

Ce qui suppose qu’elle est mue par une force motrice dont les ressorts sont des mégas faits de structure : l’immigration dont la traduction politique s’incarne dans l’éloge de la diversité, la mondialisation dont l’horizon institutionnel s’objective dans le fédéralisme européen, la financiarisation de l’économie dont l’ubérisation est le modèle. 

Les soubassements du macronisme s’adossent ainsi, non pas à une conception volontariste de l’organisation de la cité, mais à une soumission à quelques grandes tectoniques déstructurantes… 

Lovée dans l’élan de ces anomies macro-historiques, l’habileté macronienne consiste en infra à flairer des sensibilités kaléidoscopiques, à saisir des humeurs souvent contradictoires : le désir de renouvellement et les préoccupations conservatrices des élites, la soif de moralisation et le ressentiment de vieux acteurs politiques en quête d’un ultime rôle en fin de partie, le respect du classicisme qu’illustre sa communication inaugurale et des clins d’œil appuyés à la déconstruction « terra noviste »…
…sur fond de vieilles recettes


La République en Marche se nourrit de ces oxymores, refusant de choisir entre eux, les portant par une com’ toute dédiée à l’image mais économe en paroles et soucieuse de mots hyper-contrôlés. 

Macron donne à voir pour mieux inhiber notre capacité critique. 
Il sature par la profusion séquentielle de scènes bien léchées, esthétiques, nombreuses un espace médiatique souvent complaisant, un espace public sidéré par une maîtrise de la com’ qui tranche avec la spontanéité revendiquée mais maladroite de ses deux derniers prédécesseurs… 

Macron assure, donc rassure, dans un exercice qui relève de l’ordre de la représentation du pouvoir, du statut présidentiel. 
Sa démarche lente, ses choix scéniques et iconographiques nous racontent une histoire qui laisse ainsi pour le moment hors-champ le cortège d’ambiguïtés et de non-dits dont il est le produit. 

Son astuce est d’articuler une com’ qui tient tout à la fois du marketing et de la propagande, sorte d’hybride dont l’objectif consiste à nous faire accepter, « à l’insu de notre plein gré » , une certaine conception d’une société tout acquise aux oligarchies…


Le jeune Macron n’invente rien, contrairement aux propos admiratifs de ses hagiographes. Il reproduit avec malice les vieilles recettes d’un des pères fondateurs et théoricien des relations publiques, Edward Bernays, qui voici plus de 80 ans considérait que « la fabrique du consentement » était l’objectif des communicants pour légitimer le pouvoir exclusif des élites. 

Rien de nouveau sous le soleil… 


Arnaud Benedetti
Professeur-associé à la Sorbonne
 

http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2017/06/12