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mardi 6 juin 2017

LE COMMUNIQUÉ DE L' INSTITUT POUR LA JUSTICE !





Il est parfois des priorités qui en disent long.

Que fait notre nouveau garde des Sceaux, François Bayrou, à peine entré en fonction ?

Il lance dans l’urgence un vaste programme immobilier pour construire enfin les dizaines de milliers de places de prison dont la France manque depuis des décennies ? 



Non.


 

Il met en place avec son collègue de l’Intérieur un grand plan d’action pour restaurer l’autorité de l’Etat dans les zones dites « de non droit » qui gangrènent notre pays ?

Non plus.

 


Il se soucie d’établir enfin l’égalité des droits entre la victime et l’accusé dans la procédure pénale ?

Pas davantage.

 


Mais alors, que fait-il ?

 

Il prépare une grande loi de « moralisation de la vie publique »…

Suis-je vraiment la seule à trouver qu’il y avait des choses plus importantes et plus urgentes à faire ?

Entendons-nous bien, ce projet de loi comporte certaines dispositions intéressantes.

Par exemple, la suppression de la réserve parlementaire, qui permettait aux parlementaires de soutenir des associations et de participer au financement de projets de collectivités locales de manière très opaque.

Le remboursement des frais au réel pour les parlementaires (sur présentation de factures et de justificatif), comme dans n’importe quelle entreprise.

Ou encore l’interdiction qui serait faite aux ministres, parlementaires et membres des exécutifs locaux de recruter des membres de leur famille - ascendants, descendants ou conjoints.

Tout cela est très bien, même si, ne nous racontons pas d’histoires, la loi ne pourra jamais empêcher des hommes politiques de recruter leurs amis, leurs maîtresses, leurs amants, leurs obligés, etc. 

Le favoritisme ne disparaitra pas avec le vote d’une loi de « moralisation de la vie publique ».

Mais alors Laurence Havel, me direz-vous, qu’est-ce qui vous dérange ?

Ce qui me dérange, c’est que cette loi sent tout de même très fort l’opération de communication et parait plus dictée par les préoccupations un peu nombrilistes de notre classe politique que par le souci de défendre les intérêts des Français.

Nos hommes politiques savent bien qu’ils sont largement discrédités aux yeux des Français. Ils savent que la confiance que nous leur accordons est au plus bas. Que partout la colère gronde.

Et pour cause, les Français ont clairement le sentiment que ceux qui sont censés les représenter ne se soucient pas vraiment d’eux, et que nombre d’élus abusent des avantages que leur donnent leurs fonctions. 

Par exemple, voilà maintenant des décennies que l’Etat délaisse peu à peu sa mission première, fondamentale : protéger la vie et les biens des gens honnêtes contre les criminels, et défendre l’intégrité de la nation contre les attaques extérieures.

Car oui, il est anormal que des parlementaires puissent recruter comme assistants leurs enfants ou leurs conjoints, mais il est surtout dangereux pour nous que se multiplient et s’étendent sur notre territoire les zones de non-droit, dans lesquelles des centaines de milliers d’habitants vivent sous la coupe des délinquants, et qui abritent et nourrissent le terrorisme islamiste qui nous a déjà touchés si durement.

Anormal que les activités de conseil des hommes politiques soient insuffisamment encadrées, mais dangereux que chaque année dans notre pays 100 000 peines de prison ferme prononcées par les tribunaux soient en attente d’exécution, essentiellement faute de place en prison.

Anormal que les anciens présidents de la République soient membres à vie du Conseil Constitutionnel, mais dangereux que dans nos prisons la drogue, les téléphones portables, l’argent, parfois même les armes, circulent presque aussi librement qu’à l’extérieur et que les personnels pénitentiaires viennent travailler la peur au ventre.

A votre avis, quelles devraient être les priorités d’un ministre de la Justice ?

Faire toutes les réformes nécessaires pour que le droit des Français à la sécurité et à la tranquillité soit enfin assuré, ou bien faire voter à la va-vite une loi fourre-tout pour essayer de redorer le blason d’une classe politique discréditée à force d’ignorer les vrais problèmes ?

Mais une fois encore nos gouvernants préfèrent se concentrer sur l’accessoire et ignorer l’essentiel.

Il est vrai qu’il est plus facile de se présenter en chevalier blanc de la moralité que d’aller faire respecter les lois de la République dans les quartiers dit sensibles…

Monsieur Bayrou, il est grand temps de vous attaquer au vrai problème ! Et l’Institut pour la Justice est tout prêt à vous conseiller. 


Depuis longtemps nous avons posé les diagnostics, et nous avons aussi les solutions.

La sécurité des Français n’attend pas.

Laurence Havel