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mardi 20 juin 2017

IMMIGRATION MUSULMANE / INVASION ET ISLAMISATION !

 

20 juin 2017

 
Les politiciens répètent furieusement que leurs « politiques migratoires » vont forcément fonctionner. Et si elles ne fonctionnent pas ?
L’Europe, en 2017, est accablée d’incertitude : les crises de la zone euro, les problèmes sans fin de l’Union européenne, les élections nationales qui ressemblent à d’incessants épisodes de films d’action où on est surtout occupé à éviter les balles.
Pourtant, même ces événements sont insignifiants comparés aux profonds mouvements tectoniques qui se produisent en dessous de la vie politique du continent, et que les Européens – et leurs alliés – ignorent dangeureusement.

Pendant toute la crise migratoire de ces récentes années, j’ai voyagé à travers le continent, des îles où les migrants arrivent aux banlieues dans lesquelles ils aboutissent et aux institutions qui les ont encouragés à venir.
Pendant des décennies l’Europe avait encouragé des travailleurs immigrés (« guest workers » : littéralement travailleurs invités), puis leurs familles, à venir ; mais comme l’a admis un jour la chancelière allemande Angela Merkel, personne ne s’attendait à ce qu’ils restent.
 
Et pourtant ils sont restés, en nombres croissants même lorsqu’il n’y avait pas de travail. Se réveillant et constatant les résultats de leur politique, les sociétés européennes se sont désignées comme des sociétés « multiculturelles », avant même de se demander ce que cela signifiait. Une société multiculturelle peut-elle avoir des exigences envers ses nouveaux arrivants ? Ou cela serait-il « raciste » ?

Depuis la décennie 2000, l’immigration légale et illégale a repris. Des bateaux partent régulièrement de Turquie et d’Afrique du Nord pour entrer en Europe illégalement. 
Des Syriens fuyant la guerre civile se sont dirigés vers le continent européen, bientôt rejoints par des gens d’Afrique Subsaharienne, d’Afrique du Nord, du Moyen-Orient et de l’Extrême Orient.
 
Aujourd’hui cette migration de masse ne fait guère la une, mais elle continue. Pendant un week-end, près de 10 000 personnes en moyenne arrivent sur les îles de réception italiennes. Où vont-elles ? Qu’attendent-elles ? Et qu’attendons-nous d’elles ?

Pour trouver la réponse à cette question et à d’autres il est nécessaire de poser des questions plus poussées. Pourquoi l’Europe a-t-elle estimé qu’elle pouvait accepter tous les pauvres et démunis du monde ? 

Pourquoi avons-nous décidé que n’importe qui, dans le monde, fuyant la guerre ou simplement à la recherche d’une meilleure vie, pourrait venir en Europe et y être chez lui ?

Les raisons se situent en partie dans notre histoire, notamment dans la profonde culpabilité allemande, qui s’est diffusée dans tout le continent et a même affecté nos cousins culturels en Amérique et en Australie. Aiguillonnés par des gens qui nous veulent du mal, nous avons été poussés à croire l’idée que nous sommes, d’une façon inégalée coupables, seuls punissables, et seuls tenus de changer nos sociétés en conséquence.
(...)
On dit souvent que nos sociétés sont vieilles, avec une population plus âgée, ce qui fait que nous avons besoin d’immigrés.

 
Quand ces théories sont contestées (par exemple en suggérant que la prochaine génération de la main d’œuvre en Allemagne vienne de chômeurs grecs plutôt qu’érythréens) on nous répond que nous avons besoin de travailleurs peu qualifiés qui ne parlent pas nos langues parce que cela rend l’Europe plus intéressante « culturellement ».

Si l’on souligne les inconvénients de cette approche (en particulier, que davantage d’immigration venant de pays musulmans cause de nombreux problèmes, dont le terrorisme), on nous oppose l’explication ultime : peu importe, la mondialisation rend cela inévitable et de toute façon nous ne pouvons pas l’arrêter.

Tous ces instincts, ensemble, relèvent du suicide. Ils correspondent à l’autodestruction d’une culture et d’un continent.
Mes conversations avec les décideurs et les politiciens européens ont rendu ceci parfaitement clair. Ils m’indiquent avec fureur que cela « doit » fonctionner. Je prétends quant à moi qu’avec un changement de population de ce type et à ce rythme, cela risque ne pas fonctionner du tout.

Pourtant il est toujours possible que les populations ne suivent pas les instincts de leurs chefs. 
Cette année, une enquête sur les attitudes en Europe a posé à des citoyens de 10 pays une question difficile : pensaient-elles qu’il devrait y avoir davantage de migration musulmane dans leurs pays ?
Les majorités de répondants dans 8 des 10 pays, y compris la France et l’Allemagne, ont dit qu’elles ne voulaient plus d’immigrés musulmans.
 
Depuis plusieurs décennies, l’Europe a fait un effort hâtif pour se redéfinir. Pendant que le monde entrait ici, nous avons adopté la « diversité ». Pendant que le terrorisme se développait et qu’arrivaient toujours des migrants, l’opinion publique en Europe a commencé à se durcir.
Aujourd’hui « plus de diversité » reste le cri d’appel des élites, qui prétendent avec insistance que si les gens ne l’aiment toujours pas, c’est parce qu’il n’y en a pas assez.

Les politiques migratoires des élites politiques et d’autres élites de l’Europe permettent de penser qu’elles sont suicidaires. Il sera intéressant d’observer, dans les années à venir, si le public les rejoint dans ce pacte. Je ne le parierais pas.

Wall Street Journal
D. Murray est l’auteur de “The Strange Death of Europe: Immigration, Identity, Islam » (L’étrange mort de l’Europe : Immigration, Identité, Islam »), qui paraît cette semaine chez Bloomsbury Continuum.

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 ET AUSSI

Pour vaincre l’islamisme, détruire Daech ne suffit pas


La lutte doit aussi être culturelle


Aurélien Marq
Polytechnicien et haut fonctionnaire chargé de questions de sécurité intérieure 

Publié le 19 juin 2017 / Politique




Puits de pétrole incendié par Daech près de Mossoul en Irak, décembre 2016. SIPA. 00792172_000005


La destruction militaire du califat est une nécessité. Il faut néanmoins réfléchir à ses conséquences.

L’État islamique (EI) n’est pas notre ennemi principal. Il n’est que l’excroissance d’une idéologie qui se manifeste de multiples manières. Il est une des têtes de l’hydre, il n’est pas son cœur. Et il n’est, au fond, que le frère jumeau désinhibé de l’Arabie saoudite.

Il doit pourtant être détruit, pour trois raisons au moins.

Tant qu’il existe, il exerce une fascination qui ne peut que favoriser les vocations djihadistes, l’espoir de l’incarnation réelle d’un califat largement fantasmé. 
Source d’inspiration pour les terroristes, il est un danger pour l’ensemble de la planète.

 

Les islamistes ne veulent pas la guerre civile, ils veulent l’islamisation

Il représente évidemment une menace militaire et un facteur de déstabilisation au Moyen-Orient. Il est illusoire d’espérer la conclusion d’une paix durable entre lui et ses voisins, en premier lieu mais pas seulement, l’Irak et la Syrie.

Au plan éthique enfin, l’État islamique est une monstruosité. Même s’il n’est pas seul à commettre certains crimes, aucune autre structure ne les revendique aussi ouvertement, et le laisser agir créerait un précédent dangereux.

 La passivité de la communauté internationale face à d’autres Etats totalitaires est problématique, mais ne peut pas servir à justifier une quelconque faiblesse face à l’EI.

Ceci étant clairement posé, il faut s’interroger sur la manière dont le califat réagira, une fois militairement détruit, et sur sa riposte contre l’Occident.

Contrairement à ce qui a trop souvent été dit et écrit, les islamistes ne veulent pas la guerre civile. Ils veulent l’islamisation.
La guerre civile n’est éventuellement qu’un moyen d’y parvenir, à condition qu’ils estiment avoir de bonnes chances de la gagner, mais elle n’est pas le seul moyen envisageable. De même, les tensions entre communautés ne sont pas un but en elles-mêmes.

 

Toute concession à l’islam politique est une victoire pour Daech

Dès lors qu’un Etat cède petit à petit aux revendications de l’islam politique, dans l’espoir d’apaiser les communautés les plus virulentes, par peur d’une hypothétique guerre civile, par culpabilité post-coloniale, par haine de soi ou par clientélisme électoral, les islamistes s’estiment victorieux.


A leurs yeux, chaque concession n’est pas une main tendue mais une marque de faiblesse qui les encourage à réclamer toujours plus. A poursuivre les attentats, aussi, puisque l’effet de sidération rend leurs cibles vulnérables et que, en Occident du moins, crier aux amalgames et à l’islamophobie leur permet de faire entendre leurs exigences. 
Réfléchissant sur le long terme, ils vont toujours plus loin mais veillent à ne pas y aller trop vite.

Cependant, les défaites militaires de l’EI sont susceptibles de changer la donne.


Que ce soit dans l’espoir de survivre en tant qu’ « Etat » territorial, ou pour se donner du temps afin de préparer son retour à la clandestinité, le califat va chercher par tous les moyens à ouvrir d’autres fronts pour obliger ses ennemis à distraire leurs ressources militaires du théâtre syro-irakien.


Dès lors, créer des troubles dans les pays qui combattent l’EI deviendra prioritaire, et il faudra s’attendre à voir se multiplier les attaques, notamment contre les cibles les plus sensibles aux yeux des opinions publiques. Ce sera temporaire et prendra probablement fin peu après la chute effective du califat, mais il ne sert à rien de fermer les yeux sur l’évidence : ce sera collectivement douloureux.

 

 

Après Daech, 5 hypothèses

Reste à anticiper la phase finale, c’est à dire le retour à la clandestinité des réseaux et des ressources de l’EI. Plusieurs hypothèses :


1. Le « califat de l’ombre ». Les dirigeants de l’« État islamique » préservent pour l’essentiel leur cohésion, et réussissent à se dissimuler en gardant leur autonomie par rapport aux autres réseaux islamistes. Défaite partielle pour les ennemis de l’EI, puisque le califat existerait toujours sous une autre forme. Cette hypothèse aurait pourtant l’avantage de maintenir en l’état la fragmentation des groupes terroristes, avec ce que cela suppose de rivalités entre eux et d’absence de coordination.


2. Prise de contrôle par Al Qaïda. Quoi qu’il arrive, la disparition du califat lui laissera un nouvel espace de développement. Modernisée, elle tirera les leçons de l’EI, et combinera désormais la structure pyramidale d’une armée clandestine et les métastases du terrorisme « uberisé ».
 La dureté probable des combats à venir entre le califat et les rebelles soi-disant modérés, généralement affiliés à Al Qaïda, reste toutefois un obstacle potentiel à une fusion complète des réseaux.


3. Union avec les Talibans. Reprenant progressivement le pouvoir sur une grande partie de l’Afghanistan, ils peuvent incarner le nouvel espoir d’un Etat islamiste disposant d’une assise territoriale et assumant pleinement ce qu’il est.
 Reste à savoir s’ils se laisseraient séduire par l’internationalisme de l’EI, ou si les agents du califat accepteraient de se contenter d’un projet purement local.


4. Rattachement à Riyad. L’idéologie wahhabite de l’Arabie saoudite est presque exactement la même que celle de l’ « Etat islamique », elle est un véritable Etat, possède les lieux saints de l’Islam, et défie ouvertement la communauté internationale en jouant un double jeu que tout le monde connaît mais que peu osent dénoncer. 
Certes, on imagine mal les cadres de l’EI accepter l’autorité des Al Saoud, et on voit mal la famille régnante prendre le risque d’offrir un asile aux responsables du califat. 
D’une part, de crainte des retombées en termes de relations internationales, d’autre part de peur de les voir ensuite se retourner contre eux, comme jadis l’Ikhwan. Mais il en va tout autrement des simples soldats et des soutiens idéologiques du califat.
 L’Arabie saoudite, où toute critique de l’islam peut être punie de mort, a bien obtenu la bénédiction des Américains pour diriger des programmes de déradicalisation ! Manière à peine voilée d’offrir un refuge aux combattants de l’EI, sans doute en échange de leur aide contre l’Iran, et avec la bénédiction des États-Unis. 
Car quel meilleur moyen pour réconcilier d’anciens adversaires que de leur désigner un ennemi commun ? 
En ravivant sa lutte contre Téhéran, Riyad se positionne en alternative crédible au califat pour ceux qu’anime avant tout la haine des chiites.


5. Rapprochement avec les Frères musulmans. Structure internationale, ouvertement ambitieuse, efficace, sachant jouer à merveille du duo façade légale / bras armé, la Confrérie a de nombreux atouts. 
Peut-être les Frères se proposeront-ils eux-aussi pour déradicaliser les soldats de l’EI ! Dans tous les cas, l’échec de l’établissement d’un califat par des moyens militaires augmentera l’attractivité de leur modèle, qui repose sur l’influence culturelle comme préalable à la prise de pouvoir politique.

Il est presque certain que toutes ces options se réaliseront à des degrés divers, les membres de l’EI et les groupes affiliés faisant chacun des choix différents, en fonction de leurs intérêts propres, des opportunités qui se présenteront et de leurs affinités idéologiques.

Mais une chose est sûre : la lutte contre l’islamisme doit être simultanément militaire, policière et culturelle, et même après la chute du califat elle sera loin d’être terminée.