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jeudi 8 juin 2017

FN EN CRISE , LES VIRÉS ET LES PATRIOTES RINGARDS !

jeudi 8 juin 2017

Un couple en crise au FN

 

Depuis la présidentielle, le Front National est secoué en interne par une vraie crise.

Marine Le Pen et Florian Philippot en octobre 2016
Marine Le Pen et Florian Philippot en octobre 2016 © AFP / Geoffroy Van Der Hasselt / Anadolu Agency
Par Renaud Dély

La politique, c’est souvent une affaire de couple. Et dans la vie politique, comme dans la vie tout court, quand le couple ne tourne plus rond, hé bien, rien ne va plus. 

Je suis donc en mesure de vous révéler ce matin que si ça ne va pas fort au Front National, c’est encore à cause d’une histoire de couple.

Si le parti est en crise, c’est parce qu’un couple est en crise : le couple Marine Le Pen-Florian Philippot. 
Alors, on le sait, Philippot a pris une influence considérable sur le cours du FN. Au point que beaucoup le surnomment le gourou. 
Car le vice-président du parti aurait « gouroutisé » sa patronne. Evidemment, une telle proximité a suscité nombre de jaloux qui ne supportent plus le traitement de faveur accordé au chouchou et qui rêvent de le dézinguer. L’un d‘entre eux me rappelait d’ailleurs il y a quelques jours qu’il existe, figurez-vous, une malédiction au FN, la malédiction des numéros deux.


Depuis quarante ans, si vous regardez l’histoire du parti d’extrême droite, tous les numéros deux ont mal tourné: 
François Duprat tué dans un attentat, Jean-Pierre Stirbois, mort dans un accident de la route, Bruno Mégret viré, Carl Lang viré, ou Bruno Gollnisch marginalisé, pour tous les numéros deux du FN, ça s’est mal, voir très mal fini… Parce que comme disait Jean-Marie Le Pen, au FN, il ne peut y avoir qu’un seul numéro, le numéro 1 !

Croyez-moi, cet élu lepéniste qui me rappelait l’existence de cette malédiction n’attend qu’une chose, faire subir le même sort à Florian Philippot, à savoir l'évincer.

Or, les cadres du FN hostiles à Philippot pensent leur heure arrivée depuis le naufrage de Marine Le Pen lors du débat d’entre deux tours. 
Pour eux, le fautif, c’est Philippot. Enfin, les frères Philippot : Florian et son aîné Damien, avec lesquels elle s’est enfermée ce jour-là toute la journée pour préparer ce débat.

Marine Le Pen sait que c’est elle qui a échoué, qui s’est montrée agressive, brutale et brouillonne. Mais Philippot s’est senti affaibli. Il a eu peur d’être contesté. Et il a pris une initiative qui a fortement déplu.
 Il a lancé sa propre association au sein du parti et ce que Marine Le Pen n’a pas supporté, c’est qu’il ne lui a pas demandé l’autorisation. 
Il l’a carrément mise devant le fait accompli. Philippot a même aggravé son cas en lançant une sorte de chantage sur le mode : « Si le FN abandonne la sortie de l’euro, je quitte le parti ! ».


J’ai rencontré Marine Le Pen il y a quelques jours et je peux vous garantir qu’elle en a gros sur la patate. 
« Les débats seront tranchés par les adhérents et par personne d’autre » dit-elle. 

Elle répète qu’elle a « été étonnée par le calendrier de Florian. Pourquoi maintenant ? Je n’ai pas compris … ». 

En fait, Philippot ne l’a informée que quelques minutes avant d’annoncer le lancement de son mouvement à la presse. Et le nom, Les Patriotes, vous savez ce qu’elle en pense du nom « Les Patriotes » Marine Le Pen ? 

Quand vous lui demandez, elle soupire, lève les yeux au ciel, et lâche : « Les Patriotes, mais c’est d’un ringard, je sais pas où il est allé trouver ça… »


Voilà, au FN, on n’est plus sûr de grand chose. 

Mais on sait que si le parti changer de nom lors du prochain congrès, en février 2018, il ne s’appellera pas « Les Patriotes ».

L'équipe
  • Renaud Dély  Chroniqueur
  •  
  • Source:   https://www.franceinter.fr