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mardi 27 juin 2017

BOULEVERSEMENT IDÉOLOGIQUE DU FN ???



Le néo-Front National n’est plus que l’ombre de lui-même. 

Bouleversements idéologiques, exclusion de Jean-Marie Le Pen le fondateur, emprise de différents lobbies sur l’appareil du parti, résultats électoraux en berne, guerre des clans, démissions en cascade,…

Certains, dont Marine Le Pen elle-même, souhaitent une «refondation» du Front National. Changement de nom ? Encore plus d’aseptisation de la ligne idéologique ? Tout est possible.

D’ailleurs, lors du bureau politique du Front national, mardi à Nanterre, Sophie Montel, eurodéputé FN très proche de Florian Philippot, n’a pas hésité à réclamer de changer de ligne au sujet de l’immigration.


Le journal L’Opinion rapporte ses propos.
« Notre discours peut être perçu comme anxiogène », dit Sophie Montel, car « des gens sont encore effrayés par le FN en pensant qu’on va virer tous les étrangers si on arrive au pouvoir ».
Le thème de l’immigration est celui pour lequel les électeurs votent Front National. 

Or, ce thème avait déjà été quasiment totalement absent du fameux débat calamiteux entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

Mais si l’état-major du néo-FN suit Sophie Montel, ce parti tiendra sur l’immigration un discours équivalent à celui des Républicains ! 
Et Sophie Montel ne s’est probablement exprimée sur ce sujet qu’avec l’aval préalable de Florian Philippot.
Tournez Manège au néo-FN…

Rappelons qui est Sophie Montel. En 2011, elle devient secrétaire nationale aux élus. 

Elle est également membre du comité central du parti, membre du bureau fédéral de la fédération FN du Doubs et présidente du « collectif Belaud-Argos pour la protection animale en France », lancé par le FN en 2016.
En mai 2017, elle prend l’une des trois vice-présidences de la nouvelle association « Les Patriotes » lancée par Florian Philippot, ayant pour objet d’engager « une transformation profonde » du Front national pour créer « une nouvelle force politique ».



Figurant en deuxième position sur la liste FN menée par Florian Philippot pour la circonscription Est, Sophie Montel devient eurodéputé le

Mediapart écrit que ses assistants parlementaires sont des « Philippot boys ».

En , Sophie Montel avait déclaré que le FN défend désormais « la sanctuarisation de la contraception et la non-remise en cause de l’avortement » comme « le droit de la femme à disposer de son corps ».


Source:   http://www.medias-presse.info 


ET AUSSI   


 Tribune libre


 Pour Sophie Montel, le discours du Front sur l’immigration serait anxiogène
 
La déclaration de Sophie Montel a eu le mérite de jeter le masque. 
 
Leur souverainisme est aux antipodes d’un patriotisme enraciné.
L’eurodéputé FN Sophie Montel et proche de Florian Philippot a jeté un nouveau pavé dans la mare : le discours du Front national sur l’immigration serait anxiogène. Cette déclaration d’une des têtes de file du courant porté par Florian Philippot n’est pas anodine. 

Elle se veut une réponse aux reproches faits à la direction du Front national d’avoir trop axé sa campagne sur l’euro au détriment de l’immigration. 

Or, c’est un fait, comme le faisait remarquer Nicolas Bay, que 71 % des électeurs ont voté pour le Front national en raison de sa position connue sur l’immigration, la question de l’euro venant loin derrière. 

Attribuer l’échec de Marine Le Pen à sa ligne sur l’immigration – pourtant regrettablement mise en veilleuse lors du débat face à Macron, alors que c’est précisément le discours sur l’euro qui est anxiogène – constitue un pitoyable contre-feu largement contredit par les faits.


Derrière ces déclarations, ce sont bien évidemment deux lignes qui s’affrontent :


Une ligne en réalité jacobino-chevènementiste et libertaire et une ligne conservatrice et identitaire.
Certes, une vision réconciliatrice devrait amener à concilier les deux courants. On ne saurait, cependant, les mettre sur le même plan.


En premier lieu parce qu’aussi bien parmi le peuple frontiste que parmi ses électeurs, le courant identitaire est largement majoritaire. 

Alors, accueillir une sensibilité chevènementiste de gauche, oui, mais à condition qu’elle ne soit pas hégémonique, ce qui est le cas : l’immense majorité des secrétaires départementaux récemment parachutés appartiennent à ce courant, bien qu’il soit minoritaire chez les militants.

En second lieu parce qu’elle pose un réel problème de fond. Il est évident que souveraineté et identité sont intimement liées. Les identitaires ne contestent pas la légitimité du discours souverainiste.
 
 
Ils font simplement observer que la souveraineté est un contenant, pas un contenu. 
 
La Corée du Nord ou le Venezuela sont des nations souveraines, ça n’en fait pas des nations enviables. 
 
Les souverainistes de gauche ne sont pas nécessairement identitaires et, la plupart du temps, y sont même résolument hostiles. 
 
Ainsi, un Chevènement récemment nommé à la tête de la Fondation pour l’islam de France ou encore le parti grec SYRIZA favorable à l’immigration démontrent que les prétendus souverainistes, pourtant largement cités en exemple par le clan Philippot-Montel, participent largement au Grand Remplacement et ne font rien de concret face au communautarisme musulman. 
 
Leur hostilité à l’euro n’en fait pas nécessairement des alliés.

La question est donc avant tout de savoir quel type de société ou, plus encore, de civilisation nous défendons. Or, la notion de civilisation est totalement exclue du discours des néo-chevènementistes jacobins, qui ne voient dans la nation qu’un cadre juridique et l’héritière des Lumières et de la Révolution. 

Ils lui dénient une dimension charnelle, historique et spirituelle. Ils considèrent la famille comme une question parfaitement secondaire et les lois sociétales nihilistes comme secondaires. 

Leur vision de la laïcité les amène à mettre l’islam sur le même plan que le christianisme au nom de la neutralité de l’État.


En somme, ils veulent quitter l’Europe pour appliquer au niveau français les tares du rouleau compresseur jacobin et droit-de-l’hommiste, ce qui ne réglera pas le problème de fond du déclin de notre pays. 
Car Paris, aujourd’hui, œuvre autant que Bruxelles ou Berlin en faveur du multiculturalisme, de l’immigration de masse ou de la déculturation de notre jeunesse via l’Éducation nationale et les médias.


La déclaration de Sophie Montel a eu le mérite de jeter le masque. 

 Leur souverainisme n’est que l’avatar du jacobinisme des Lumières, aux antipodes d’un patriotisme enraciné, combatif face au défi prioritaire qui menace la nation française dans sa substance même : 
le changement de peuple et de civilisation.

Avocat
Vice président du SIEL