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lundi 5 juin 2017

ADDICTIONS ET JOURNALISME .....

 TRIBUNE LIBRE !
Albert Londres

Les journalistes n’auraient pas de cerveau !


Les journalistes géreraient mal leurs émotions, boiraient trop d’alcool et travailleraient plus lentement qu’un salarié moyen. 

C’est du moins ce qu’avance une étude qui a fait grand bruit  sur les médias sociaux.

C’est en analysant le style de vie et les comportements de 40 journalistes que la docteure spécialisée dans les neurosciences en est arrivée à ces conclusions.

 L’étude que relaie le Business Insider, a permis d’établir un constat: le cerveau des journalistes fonctionnerait plus lentement que la moyenne. 

Conséquemment, les journalistes auraient plus de difficultés à résoudre des problèmes complexes, à alterner entre deux tâches et à être créatifs et ouverts d’esprit. 
Ce fonctionnement plus lent du cerveau serait dû à la déshydratation et à la surconsommation d’alcool.

81% des journalistes sondés ont avoué boire 18 consommations alcoolisées ou plus par semaine, soit quatre consommations de plus que la quantité recommandée en Angleterre. De plus, seulement 5% d’entre eux boivent la quantité d’eau recommandée. 

 Tera Swart n’est pas n’importe qui. 

Elle est un auteur de renom dans le domaine des neurosciences.

Plus positivement, les journalistes auraient une plus grande facilité à composer avec la pression et le stress causés par leur emploi. Ils seraient aussi meilleurs que le commun des mortels pour attribuer une valeur aux événements et déterminer ce qui doit être prioritaire. 

Selon les études psychologiques auxquelles ont pris part les sondés, les journalistes croient que leur travail à un impact sur la société. 

 Evidemment, ils fabriquent l’opinion. 

ML [04.06].
► On peut consulter le rapport intégral de l’étude en cliquant ICI
 
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Complotisme et “deep state” : les idée fausses

Complotisme

Complotisme et “deep state” : les idée fausses

Jean Guiart, anthropologue, ethnologue ♦

Je ne crois pas au complotisme et au “deep state” comme explication des événements aux États Unis. 

 

Le complot universel, tel qu’il ressort de nombreux blogs aux États-Unis, est une fantaisie, pas le résultat d’une analyse sérieuse.

S’y accroche d’ailleurs un secteur commercial marginal, pas particulièrement bon marché, qui vend des armes et de la protection sous toutes les formes imaginables, depuis les lingots d’or jusqu’aux abris anti-atomiques les plus sophistiqués, cachés en dessous d’une cabane volontairement misérable et construite autant pour se protéger des mouvements de panique destructrices d’une foule que des attaques globales réelles.

Les achats de stations d’élevage en Argentine sont une meilleure protection, à condition du moins d’en faire profiter là-bas l’environnement immédiat, sinon on retombe dans l’image du danger de la foule incontrôlée à la recherche des stocks de nourriture ou d’armes cachées et qui tue à cet effet. Les «polls du jour», tels qu’on les présente, sont toujours aussi mensongers aux États-Unis.

 Ils sont l’arme des grands propriétaires de journaux, détenteurs de fortunes fabuleuses comme les anciens barons des chemins de fer il y a un siècle et demi. 
Leur publication est une simple arnaque, toujours présentée de la même manière, en faisant croire au sérieux de manipulations parfaitement malhonnêtes.

 

Le résultat est que les journalistes et les sondeurs mentent tout autant que pendant la campagne électorale

La réalité politique n’est pas dans les colonnes du New York Times, ni du Wall Street Journal, ni dans celles du Washington Post. Donald Trump se voit parfaitement maintenir la fidélité de ses électeurs satisfaits de le voir remuer Washington. 
Les manifestations de l’opposition sont financées par Georges Soros, qui paie les déplacements et les séjours de centaines de milliers de personnes à Washington, et les journaux prétendent qu’il s’agit là de mouvements spontanés, alors que tout le monde sait qu’il n’en est rien.

Soros finance y compris le mouvement des Black lives matter, qui sont encouragés à la violence contre les forces de police. Trump bénéficie par contre de l’appui de l’armée, de la police et même de la plèbe du FBI, qui peut dénoncer les manipulations montées par certains chefs. Actuellement des militaires, policiers du FBI et même fonctionnaires à la retraite du département d’État se mettent à parler et à dé- noncer et les manœuvres contre Trump et les arnaques du couple Clinton.

La Corée du Nord participe de ce mouvement, auquel elle sert de plus en plus de prétexte, appuyée sur la propagande officielle émise de Washington dénonçant la capacité technique croissante de cet état isolé, dont la portée des engins serait actuellement adaptée à toucher le Japon et les États-Unis . 

La manie américaine de la construction d’énormes bases aériennes ou navales trouve là ses limites : elles constituent des cibles trop faciles à détruire, même par un petit pays surarmé, qui multiplie les micro sites et les points mobiles de lancement, sinon les sites atomiques souterrains, comme d’ailleurs la Russie et la Chine en plus de leurs sites historiques plus classiques.

Russes et Chinois possèdent déjà les moyens de destruction aussi bien par rapport au Japon, à Okinawa, Guam et aux îles Chagos, dont on ne parle presque jamais.

 Les analystes l’oublient toujours tant elle est secrète, mais Chagos commande l’entrée du Golfe Persique. La base anti-aérienne américaine en Roumanie, dont la sécurité est peut être moins bien assurée que les stratèges américains ne le croient — les Russes viennent de s’en rapprocher et ils sont en train de la tourner en Serbie — n’a rien à voir avec l’Iran. 

Elle est là pour tenter de détruire les fusées russes dans la première partie de leur courbe ascensionnelle.

La vérité de notre monde est que Donald Trump aujourd’hui, Wladimir Poutine depuis des décennies, le président chinois quel qu’il soit, sont des êtres parfaitement rationnels

Ils agissent selon leurs moyens et la qualité de ces derniers et de ceux qui servent leurs armes. Aucun ne rêve d’une fin du monde atomique et tous la craignent. 

Il n’est nul besoin de se référer à des complots internationaux secrets pour expliquer les événements. 

Les idioties qu’on nous a raconté si longtemps sur la Trilatérale n’ont pas tenu la durée. Par contre le président Kennedy avait compris la nécessité de retirer de Turquie les fusées américaines qui devaient se rejoindre en un soleil atomique au dessus des blés de l’Ukraine.

Les utopies massacreuses des stratèges nord américains, elles, existent bien. Comme les pieds-noirs qui n’ont pas encore compris qu’ils ont été les victimes de leur propre vision politique. 

La guerre d’Indochine avait provoqué exactement le type de réflexion qu’il ne fallait pas. Ils ont construit des complots inutiles et dangereux, alors qu’il leur aurait fallu analyser lucidement et négocier. Les communautés métisses spécifiquement coloniales d’Asie n’ont pas vu venir l’orage et ont dû s’exiler en Europe par centaines de milliers. 

Ce qu’on a oublié. Ils n’ont pas posé de problèmes parce que pour la plupart, ils étaient chrétiens. 

La décolonisation a été le résultat d’un processus inévitable après la conclusion de la dernière guerre, pas du moindre complot. Il n’y a pas eu de décolonisation là où l’on avait massacré suffisamment, aux Etats-Unis par exemple, au Mexique, aux Philippines pendant si longtemps, à Okinawa ancien royaume indépendant où les responsables y pensent maintenant pour se débarrasser des inconvénients d’une macro base aérienne américaine .

 L’armée des Indes dont les Anglais étaient si fiers a été le principal levier de leur départ à partir du moment où ils ne pouvaient plus la contrôler. Les communautés Indiennes des Andes ont fini par avoir accès au pouvoir après des révoltes sanglantes, toutes choses parfaitement courantes au cours de l’histoire universelle. Les armées mestizos et les golpe soutenus par les États-Unis n’ont réussi qu’à retarder l’échéance, provoquée par la croissance démographique amérindienne et la dé- perdition du nombre des descendants de Castillans.

 Les villes restées trop coloniales sont partout en déclin. Les peuples travailleurs, affairés, efficaces comme les Vietnamiens, personne n’en entend plus parler. 

Ils ont acquis la chemise de l’homme heureux.

Tout ce qui se passe est parfaitement explicable et rationnel

L’Histoire n’a pas changé. Les facteurs millénaires qui influent sur elle sont toujours présents, avec quelques adaptations, siècle après siècle. L’Afghanistan, au sud du fleuve Oxus, est toujours le même piège pour les envahisseurs. Seuls changent ces derniers et les armes qu’ils brandissent. 

Et la CIA américaine, construite par des dirigeants incompétents au cours de la dernière guerre, est toujours aussi inefficace dans l’action, inintelligente dans la réflexion et tordue dans son planning.

L’Amérique académique fonde sa réflexion sur l’analyse des dossiers de réussites. Le FSB russse sur l’analyse des échecs. La différence est là. 

L’analyse de la bataille de Cannes et des délices de Capoue est resté inchangée depuis deux mille ans. Seule la fonction des éléphants de combat pose toujours la même interrogation aux historiens et aux illustrateurs, celui de leur ignorance, ainsi que le problème auquel se heurtent les Américains au Moyen Orient, celui-là même auquel s’est heurté Hannibal : comment gère-t-on des armées de mercenaires ? 

Les Kurdes font penser aux Gaulois Cisalpins, y compris parce qu’on retrouve les deux au Moyen-Orient, dans des aventures parallèles. 

Les aventures des Dix Mille ont en ce moment des échos ultra-modernes. Combien de conquérants turcs se sont-ils succédés en Anatolie avant de réussir ? 

Erdogan fait la guerre à fronts renversés, comme depuis trois mille ans au Croissant fertile. Il veut rétablir la peine de mort. Le président Mitterrand donnait comme instructions, en Algérie et en Nouvelle Calédonie : «Tuez les chefs !» 

L’auteur le plus lu par nos généraux conquérants de l’Algérie, dont le maréchal Bugeaud, était l’historien latin Thucidide, où ils prenaient leurs modèles de répressions militaires. 
Mitterrand l’avait traduit au cours de son éducation chez les pères Maristes.


La Russie de Poutine remet en vogue silencieusemnt la notion théologique orthodoxe de Troisième Rome. La naïveté politique actuelle n’annonce rien de nouveau, ni rien de bon. 

Les thèmes sont ceux des idéologues conquérants du Second Empire, celui d’un État Universel gouverné par la Finance, la Science et la Technique.


De meilleurs soldats et de meilleures armes, venant de l’Est, une nouvelle Sparte, tueront-ils une fois encore ce rêve fou. 

https://metamag.fr/2017/05/31/