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lundi 22 mai 2017

POUR L' ÉLYSÉE ! IL N' Y A PLUS DE JOURNALISTES ???

La République en Marche : l’Élysée choisira ses journalistes parce qu’il n’y a plus de journalistes


Macron Presse

La République en Marche : l’Élysée choisira ses journalistes parce qu’il n’y a plus de journalistes


Michel Lhomme, philosophe, politologue ♦
En marge du premier conseil des ministres, l’Élysée a décidé que le choix des journalistes qui couvriront à l’avenir l’action présidentielle ne sera plus laissé aux rédactions. 

Concrètement, si le chef de l’État se déplace à l’étranger, c’est un ou des journalistes spécialisés en diplomatie qui pourront l’accompagner.
 S’il effectue un déplacement en France sur le thème de l’éducation, c’est un ou des journalistes spécialisés dans ce domaine qui pourront l’accompagner, ces derniers étant choisis par le secrétariat de la présidence.

 Il y a donc verrouillage mais de quoi ? De ce qui, depuis longtemps en France,n’était plus de l’information mais de la communication.

L’Association de la presse présidentielle qui réunit les journalistes chargés de suivre l’actualité de la Présidence de la République , a tout de même demander une entrevue avec les responsables de la communication du Président Macron pour leur soumettre les inquiétudes des rédactions. 

Plusieurs sociétés de journalistes se sont aussi publiquement inquiétées de ces mesures. Dans son communiqué, directement adressé à Emmanuel Macron, la SDJ  écrit : « Ce n’est pas au Président de la République ou à ses services, de décider du fonctionnement interne des rédactions, du choix de leurs traitements et de leurs regards. Ce choix relève des directions des rédactions et des journalistes qui la composent, qu’ils soient permanents ou pigistes, JRI ou reporters, photographes ou dessinateurs. » 

Et le communiqué de préciser qu’aucun des prédécesseurs de l’actuel Chef de l’État « ne s’est prêté à ce genre de système, au nom du respect de la liberté de la presse ».

Totalement construit et fabriqué par la presse, il est étonnant que le Président s’en prenne ainsi directement à celle-ci. 

La confusion entre communication et journalisme éclate ainsi au grand jour.

Crédité de 45 % de confiance auprès des Français selon le baromètre des Echos, Emmanuel Macron prend ses fonctions à l’Elysée, avec une cote inférieure à tous ses prédécesseurs. Même chose pour son Premier ministre puisque le député-maire LR du Havre, Edouard Philippe, n’est crédité que de 36% de confiance, situation tout à fait inédite aussi dans la Vème République.


Commençant aussi bas, le contrôle de la communication gouvernementale s’avère indispensable.


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Macron va-t-il renouveler le journalisme ?




Une nouvelle ère journalistique va-t-elle s’ouvrir avec Emmanuel Macron ?
Par Philippe Bilger.

Il y a des moments de grâce intellectuelle dans la vie.

 Quand les préoccupations du Pouvoir rejoignent, par exemple, celles du commun des citoyens et que « La Communication selon Macron » (Le magazine du Monde) interpelle ceux qui se passionnent pour les débats politiques et médiatiques.

Cette coïncidence est heureusement ressentie par un extraverti comme moi qui éprouve de l’admiration pour les systèmes comme celui de l’Elysée, à l’heure actuelle capable de discrétion, de retenue, muré sans la moindre mauvaise conscience dans une communication totalement maîtrisée.
Et, surtout, déterminé à ne plus laisser la main aux journalistes politiques mais à changer le rapport de force avec eux.

Macron a-t-il décider de sélectionner les journalistes ?

Pour la visite au Mali, certains auraient été choisis au détriment d’autres. L’Elysée a démenti.
Mais la tendance est claire. 
Avant la présidence d’Emmanuel Macron, les politiques, notamment les plus hauts d’entre eux, avaient des devoirs et les médias des droits. Les premiers étaient tenus de se plier aux désirs d’information éperdue des seconds et ceux-ci avaient toute latitude pour s’ébrouer comme ils l’entendaient dans le champ démocratique. 
Ouvrir grand les portes et à tous étaient la règle et qui n’adhérait pas à cette universalité absurde n’était pas un bon républicain.

Avec le nouveau président de la République, les choses apparemment ont radicalement changé.
On a le droit de rêver. Pour moi qui suis moins passionné par l’univers médiatique que par la réflexion, après-coup, sur lui, je songe à la volupté de pouvoir se constituer sur tous les sujets, notamment politiques et judiciaires, un aréopage de professionnels dont la qualité et l’intelligence seraient garanties. Et dont on serait assuré que rien d’absurde ne sortirait des entretiens, des échanges.
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Un aréopage de professionnels pour un journalisme intelligent

ll pourrait y avoir Caroline Roux, Yves Calvi, Frédéric Taddéï, Serge Moati, Christophe Jakubyszyn, Frédéric Rivière, Audrey Crespo-Mara… Et évidemment Michel Field.
Si je termine par ce dernier, faisant référence au journaliste unique qu’il a été, peut-être trop intelligent – quel compliment ! – pour une mission de pur questionnement, c’est pour dénoncer les polémiques grotesques – défiance après défiance – dont il est accablé depuis qu’il oeuvre aux côtés de Delphine Ernotte.

Oser lui reprocher en particulier un article remarquable et critique (Libération) sur la manière dont France 2 avait rendu compte de la campagne présidentielle était d’autant plus aberrant, outre le corporatisme étriqué que cette dénonciation manifestait, que Field s’incriminait avec les autres et proposait une vision lucide se fondant sur les rares faiblesses d’aujourd’hui pour préparer la totale excellence de demain.

Remettre le journalisme politique à sa place

Dans « la communication selon Macron », j’apprécie que les interviews politiques soient relues mais qu’en revanche les entretiens traitant de la pensée, de la littérature, de la philosophie soient les seuls pour lesquels on fasse toute confiance à l’interlocuteur. 
Ainsi, questionné sur ce registre par Jérôme Garcin (L’Obs), Emmanuel Macron n’aurait jamais eu l’idée saugrenue de solliciter une relecture.

Cette manière de remettre le journalisme politique français à sa place me déplaît d’autant moins qu’elle détruit une trop haute conception qu’il a de lui-même, perçoit sa fiabilité relative dans l’analyse et les commentaires – quels sont véritablement les journalistes capables de damer le pion aux citoyens éclairés ? – et met en pièces cette surabondance de l’information continue qui s’imagine approfondir parce qu’elle répète. 

Alors que, se répétant, elle se prive inéluctablement de profondeur.

Un quidam dénonçant ces insuffisances est vite qualifié d’aigri ou de jaloux mais quand un pouvoir respecté fait le même constat et officiellement en tire les conséquences, une forme de noblesse tombe sur le thème et on a le droit de se réjouir modestement d’avancées dont on a été l’un des nombreux artisans civiques.

Vers un journalisme vertueux ?

Il ressort que les politiques n’ont pas que le devoir et les journalistes les droits. Ceux-ci, pour le FN comme pour toutes les manifestations de leur belle mission, ne sont à la hauteur de ce qu’ils exigent comme une automatique considération qu’à condition de faire preuve d’un certain nombre de vertus intellectuelles et morales.
 De pluralisme et d’honnêteté. L’honneur d’être journaliste se révèle après, pas avant l’obstacle.
J’espère que cette rareté de la parole présidentielle, cette « communication selon Macron » ne surgissent pas seulement maintenant pour éviter tout couac avant les élections législatives mais qu’elles dureront parce qu’elles ne sont pas pour rien, en si peu de temps, dans l’adhésion majoritaire au nouveau style présidentiel.

On avait besoin de respirer un autre air, d’une autre ère.

Sur le web

https://www.contrepoints.org/2017/05/22/290013 



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Le frère d’un important responsable de Libé nommé à Matignon!

Le frère d’un important  responsable de Libé nommé à Matignon!
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Directeur en charge des éditions de Libération, Johan Hufnagel a publiquement dévoilé que son frère travaillait auprès du Premier ministre. 

La société des journalistes et personnels du journal lui accorde sa confiance, mais se montre vigilante.

Dans une tribune publiée sur le site de Libération le 21 mai, Johan Hufnagel, directeur en charge des éditions du journal, révèle que le directeur de la communication du Premier ministre n’est autre que son frère, Charles Hufnagel.

Si la société des journalistes et personnels de Libération (SJPL) note dans un communiqué cité par l’AFP que ce lien de parenté «peut soulever des questions légitimes», elle assure qu’aucune «interférence» n’a été constatée par le passé de la part de Johan Hufnagel.

 La SJPL ajoute que ce dernier a promis à la rédaction que cette étanchéité professionnelle serait maintenue. Elle lui exprime par conséquent «sa pleine confiance», tout en restant «particulièrement vigilante».
«Lui, c’est lui, et moi, c’est moi», avance dans sa tribune Johan Hufnagel, jurant n’avoir aucun lien professionnel avec son frère. 
«Lui fait de la communication politique, moi du journalisme, et le plus loin nous sommes l’un de l’autre d’un point de vue professionnel, le mieux tout le monde se porte.

 Et cela va continuer», assure le journaliste.

«Durant nos parcours respectifs, nous avons toujours veillé à ériger un mur entre nous. Un double mur pour être exact. 
Pas d’interférence, pas de discussions, pas d’informations, pas de conseils», explique Johan Hufnagel.

«Je rappelle que la rédaction de Libération est totalement libre», écrit par ailleurs le directeur en charge des éditions, avant de souligner : «Les actionnaires n’interviennent jamais dans la ligne éditoriale, n’en déplaise aux paranoïaques et aux complotistes.»