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lundi 29 mai 2017

MANCHESTER : L' HORREUR RADICALE ! TRIBUNE LIBRE !

 

Manchester : Après l’horreur radicale


« Il faut dire que les Occidentaux sont tentés par un pacifisme démissionnaire. On les attaque? Ils répondent en allumant des bougies, en déposant des fleurs. »

Par Mathieu Bock-Côté

Billet - toujours profond et pertinent, sans détours  - paru sur son blog le 25.05. On peut, d'ailleurs, s'y reporter, lire ses livres ...  LFAR

2760774407.2.jpgL’attentat de Manchester nous a rappelé, même si personne ne l’avait oublié, que le terrorisme islamiste fait désormais partie de nos vies en Occident.


Il prend plusieurs visages.


Un jour, on abat la rédaction d’un journal. 

C’est l’histoire de Charlie Hebdo. Ou alors, on mitraille en terrasse. 

C’est l’histoire du Bataclan. 
Un autre jour, on fonce avec un camion dans une foule pour faucher le maximum de personnes. C’est l’histoire de Nice, de Londres et de Berlin.

Et tout cela sans compter les agressions multiples à plus petite échelle. 

Pensons à Paris en avril.


Sadisme
Mais ce qui s’est passé lundi à Manchester a repoussé les limites de l’horreur, histoire de frapper encore une fois notre imagination. 

L’islamisme a voulu nous faire comprendre qu’il fera tout pour nous abattre.


Un islamiste fanatique a visé un concert rassemblant de jeunes ados autour de leur idole.

Il s’agissait clairement de tuer de très jeunes personnes. En revendiquant l’attentat, l’État islamique a célébré la mise à mort de croisés rassemblés dans un lieu de débauche.


On voit là tout l’imaginaire du fanatisme islamiste, qui assimile à la fois l’Occident à la chrétienté et à une perversion qu’il faudrait absolument châtier.
Il mène contre le monde occidental une guerre totale pour le soumettre.


Tout le monde peut être abattu. Le soldat en uniforme. La fillette qui assiste au spectacle de son idole. 
Lundi, des êtres humains revendiquaient fièrement le carnage des gamines.


La formule rituelle, dans de telles circonstances, c’est d’affirmer qu’on luttera avec encore plus d’énergie contre le terrorisme.

Mais le terrorisme n’est qu’un moyen, aussi détestable soit-il. Ce moyen est au service d’une cause: l’islamisme. Il faut le redire, car la tentation de nos dirigeants, trop souvent, consiste à ne pas le nommer.

Il faut dire que les Occidentaux sont tentés par un pacifisme démissionnaire. 

On les attaque? Ils répondent en allumant des bougies, en déposant des fleurs.


Ils se replient sur un slogan débile: «vous n’aurez pas ma haine». 

Les islamistes pourraient-ils au moins avoir droit à notre colère? Une vraie colère. Une colère juste. Une puissante colère.


Est-ce que devant l’islamisme meurtrier, la seule vocation de l’homme occidental consiste à comprendre pourquoi on le charcute, pourquoi on le tue, ainsi que ses enfants?


Patriotisme
La lutte contre l’islamisme repose sur le travail des services de renseignement et des policiers. 

Ils sont les seuls à pouvoir attraper à temps un assassin résolu à se faire exploser dans une discothèque ou à mitrailler une garderie.


Mais on ne pourra se contenter d’une politique sécuritaire contre l’islamisme. Il faudra aussi lutter idéologiquement contre lui.

Cela implique de reprendre confiance dans la valeur de notre civilisation.
Racisme, sexisme, xénophobie, homophobie, notre civilisation aime s’accuser des pires méfaits.

Nous ne gagnerons à terme la guerre contre l’islamisme qu’en développant un vrai patriotisme occidental.

Mais cette guerre prendra du temps. Et le sang coulera encore souvent. 

   
XVM7713ddbc-9f4e-11e6-abb9-e8c5dc8d0059-120x186.jpgMathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. 

Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise.

 Il est l'auteur d'Exercices politiques (éd. VLB, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (éd. Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (éd. Boréal, 2007). 

Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.