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lundi 29 mai 2017

JUSTICE: LE DEUX POIDS, DEUX MESURES !

Scandale Ferrand : la justice se rend à la gueule du client…

Publié le 29 mai 2017 - par -
 

La protection dont jouit Richard Ferrand est un scandale qui n’honore pas le nouveau pouvoir, que ce soit le Président, le Premier ministre ou le garde des Sceaux. 

Après les révélations du Canard, la démission s’impose.

Tous ont fait de la moralisation de la vie publique leur combat majeur.

Tous nous ont promis de laver plus blanc que blanc. Mais la réalité est tout autre.


Il faut croire que seules les personnalités politiques de droite sont justifiables.

Emmanuel Macron protège son camp, c’est une évidence.

Quand on voit avec quel acharnement le PNF et la presse ont persécuté le candidat Fillon, qui n’avait pourtant manigancé aucune manœuvre frauduleuse, en comparaison avec le traitement de faveur dont bénéficie Richard Ferrand, on se dit que ce pays n’est plus un État de droit. 

La justice se rend à la gueule du client.


Deux poids, deux mesures. Car la transaction immobilière méticuleusement mise au point par Richard Ferrand est loin d’être un modèle de transparence et d’équité.
 C’est une opération savamment étudiée.

La droite a raison d’exiger une enquête. Mais le PNF et le parquet de Brest bottent en touche, estimant « qu’aucun des faits relatés n’est susceptible de relever d’une ou plusieurs qualifications pénales ».


Les procureurs n’avaient pas montré la même mansuétude envers Fillon.

Il fut cloué au pilori, présumé coupable dès le premier jour, par toute la presse et l’ensemble du système.

Mais rien de tout cela pour Richard Ferrand qui, fort de ses appuis politiques, se pose en victime !
Pourtant, l’avocat des Républicains estime que le montage juridique entre les Mutuelles de Bretagne et la société civile immobilière Saca est bel et bien susceptible d’être qualifié de « manœuvres frauduleuses ».

Qui plus est avec « préméditation », puisque Richard Ferrand ne pouvait ignorer qu’au moment de la signature du bail, la SCI de sa compagne n’était pas encore enregistrée et n’était pas encore propriétaire du bien loué.

Ce détail était-il connu des deux concurrents de la SCI  Saca, qui postulaient pour ce contrat de location ? Ont-ils été roulés dans la farine du début à la fin parce que les dés étaient pipés ?

Voilà une intéressante question qui n’intéresse ni le PNF, ni le parquet de Brest.

Et que dire des 184.000 euros de travaux financés par les Mutuelles de Bretagne sans contrepartie ?
N’est-ce pas un « abus de confiance » au détriment des Mutuelles ? Donc au détriment des affiliés ?

La valeur de la SCI a ainsi été multipliée par 3000 !  Joli coup de poker, et sans le moindre risque !
« On en reste pantois », dit l’avocat des Républicains.

Cette affaire, c’est comment faire fortune dans l’immobilier sans apport et sans risque.

Et Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement en rajoute une louche : « L’histoire de la transaction immobilière est parfaitement légale, c’était l’offre la plus intéressante en termes de localisation et de coût, et on est dans une logique de droit privé.
 Va t-on bientôt reprocher aux ministres d’avoir un compte épargne ? »

Quel mépris du citoyen, quelle arrogance !


Autrement dit, s’il y a soupçon de « manœuvres frauduleuses avec préméditation » et soupçon « d’abus de confiance », voire de « concurrence déloyale », tout cela n’est pas bien grave si nous sommes dans une logique de droit privé ! Bravo !

Curieuse conception de la moralité soi-disant exigée de nos ministres. Du pipeau.

Est-ce légal de louer un bien dont on n’est pas encore propriétaire, au détriment des concurrents ?
Rappelons qu’Emmanuel Macron avait repoussé de 24 heures l’annonce de la composition de son gouvernement, afin que la HATVP puisse vérifier si les heureux élus étaient blancs comme neige…
Cet épisode est un scandale qui discrédite notre nouveau président.

Où est le respect de la parole donnée ? Où est l’éthique ? Où est le changement ?
Où est l’exemplarité tant annoncée ?

A quoi bon une loi sur la moralisation de la vie publique si les « amis » et protégés du pouvoir sont au-dessus des lois ?

Il n’y a rien à attendre de ce président qui se salit déjà, à peine élu.

Il est donc comme Bayrou, il n’a aucune  parole. Pitoyable !

Jacques Guillemain     http://ripostelaique.com/scandale