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jeudi 27 avril 2017

PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE VUE D' ESPAGNE......

Le duel Macron – Le Pen vu d’Espagne

El Manifiesto

Le duel Macron – Le Pen vu d’Espagne

Javier R. Portella ♦

Il apparaît clairement que, si 20% du peuple Français souhaite défendre sa raison d’être, la raison d’être (ou de ne pas être) est quelque chose qui ne représente absolument rien pour 80% du même peuple

 

Et maintenant ? Quel état des lieux dresser après ce que l’on peut considérer à la fois comme une victoire et une déroute pour la force politique qui, en dépit de ses carences et défauts, représente actuellement en France l’unique possibilité d’en finir avec le système de la globalisation multiculturelle et apatride ?


Il y a eu une victoire. Il n’est certes pas négligeable de figurer au second tour des élections présidentielles, pas plus qu’il est anodin d’avoir mis en évidence que, malgré tout, il existe en France sept millions et demi de personnes qui se sentent concernées par le destin collectif de leur patrie (sept millions et demi, soit le meilleur score de toute l’histoire électorale du Front National).

 Résultat d’autant plus appréciable que l’ensemble des grands moyens de communication du Système n’a cessé un seul instant de malmener, insulter et défigurer le FN, comme à l’accoutumée. 


En effet, il suffit que les médias du Système recourent aux étiquettes habituelles telles que : “extrême-droite“, “xénophobes“, “racistes“, “fachos“, étiquettes certes usées jusqu’à la corde mais toujours efficaces, pour couper court à toute discussion auprès des masses et chez ce qu’il est convenu d’appeler le Peuple.


Mais il s’agit également d’une déroute. A moins d’un miracle assez peu probable, les jeux sont faits et Marine Le Pen n’a aucune chance de pouvoir s’imposer au second tour de l’élection face à l’homme du Système et de la Mondialisation. 


Tous les autres candidats, à l’exception de Mélenchon, se sont empressés d’enjoindre à leurs électeurs de voter pour Macron. 

Ceci nous promet d’assister le 7 Mai à un spectacle hautement divertissant : voir les progressistes et les électeurs de gauche voter pour le candidat des banques et du grand Capital (ou s’abstenir de voter afin de faciliter son élection) ; comme il sera tout aussi réjouissant de voir la droite éternelle (“la droite la plus bête du monde“, selon Alain de Benoist qui ne connaît sans doute pas très bien la droite espagnole), c’est-à-dire de voir les conservateurs, les réacs, ainsi que l’électorat catholique de Fillon voter pour le candidat qui a réussi à déclarer que “l’identité de la France n’existe pas” et qui, par conséquent, continuera d’appliquer la politique immigrationiste et apatride qu’un Fillon n’aurait certes pas manqué d’appliquer lui aussi, mais sans doute avec un peu plus de retenue.


Une déroute enfin, pour la simple et bonne raison que vient d’être clairement établi que si 20% du peuple français souhaite défendre sa raison d’être, la raison d’être (ou de ne pas être) est quelque chose qui ne représente absolument rien pour 80% du même peuple.

Otons nos œillères et reconnaissons que le peuple est ainsi fait – le peuple de France… pour ne pas parler des autres. 

Peut-être le moment est-il venu de nous demander s’il est très pertinent de continuer d’accorder autant de crédit que le font les populistes à cette entité qu’on appelle le “peuple” ; et à cette autre entité qui lui est habituellement associée : la démocratie.


(Traduit de l’espagnol par Lucas Navarro)
Source  : elmanifiesto.com, Avril 2017
  • Javier Portella est un écrivain, essayiste et politologue espagnol, notamment connu pour le lancement en 2002 du Manifeste contre la mort de l’Esprit