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mardi 25 avril 2017

LES NORMANDS À DROITE TOUTE .....


Présidentielle. Normandie : le FN se hisse à un niveau historique



100 000 électeurs de plus qu’au premier tour de 2012, 200 000 de plus qu’il y a quinze ans. Arrivé en tête en Normandie dimanche avec 24 % des suffrages, le Front national continue de gagner des électeurs dans la région.



Entretien avec Cyril Crespin, politologue spécialiste du FN en Normandie, chargé de cours à l’université de Caen.


Pourquoi la Normandie a-t-elle placé le FN en tête dimanche ?
Ce n’est pas une surprise. C’est une région à part dans les régions françaises, à cheval entre l’Est, où le parti est très fort, et l’Ouest, qui reste une terre modérée. 

Un laboratoire où le FN a souvent envoyé des leaders nationaux :
 François Duprat dans les années 70, Carl Lang, Nicolas Bay.


Carl LANG : Le Parti de la France appelle à faire battre Macron, ancien ministre de Hollande et candidat de la gauche affairiste et antinationale. 

Carl Lang sur radio Courtoisie mercredi à 18h

Martin Pelletier recevra Carl Lang sur radio Courtoisie le mercredi 26 avril à 18 heures.





Le FN s’est implanté en deux temps. Les grands centres urbains avec le phénomène des banlieues à partir des années 90, puis les campagnes en 2000, comme cela a été le cas en Haute-Normandie.
Aujourd’hui, le parti arrive à l’étape de l’homogénéisation.


Le FN a gagné 100 000 voix depuis 2012 en Normandie. Une victoire ?
C’est historique, mais c’est une victoire en demi-teinte : le parti continue de capitaliser sur ses terres de prédilection mais peine à s’implanter ailleurs. Marine Le Pen fait un bond de six points dans l’Eure mais de 3,9 seulement dans la Manche, où la droite est restée forte.

Dans sa progression vers l’Ouest, elle se renforce dans le Bessin, mais sa progression a été un peu moins forte qu’on pouvait l’imaginer. Macron dans le Calvados, Fillon dans la Manche et l’Orne, elle a trouvé des concurrences dynamiques sur son chemin.

Elle est en difficulté dans l’agglomération de Caen, à Cherbourg, ou encore à Rouen, où elle perd des voix en pourcentage.

Quelle est la typologie de l’électorat frontiste ?
Le vote est très structuré sociologiquement. Il se concentre dans les deuxièmes couronnes périurbaines, à 20 ou 30 km des centres, des zones d’habitat subi.

Éloignées des services, elles sont habitées par dépit en raison du coût de l’immobilier, par des ouvriers ruraux et des fonctionnaires de catégorie C qui se sentent délaissés. 
 Sociologiquement, ils sont différents des ouvriers qui vivent dans les périphéries urbaines, comme Mondeville près de Caen. Là, c’est Mélenchon qui est arrivé en tête.

L’idée qu’il y a un vote de Haute-Normandie et un autre de Basse-Normandie va voler en éclats. Quand les territoires sont identiques, on finit par être identiques. Il y a un vote urbain, un vote périurbain et un vote rural, qui ne s’arrêtent pas aux frontières.


Que nous dit ce résultat des législatives à venir ?
En 2002, 2007 et 2012, l’électeur FN est resté chez lui aux législatives qui ont suivi les présidentielles. Ce sera peut-être différent cette fois. Plus structuré, le parti est en mesure de présenter des candidats qui ont une notabilité.

Et on ne sait pas encore quelle majorité peut se dessiner autour de Macron.
Cela fait beaucoup d’inconnues. Dans l’Eure, le Pays de Bray, du côté de Trévières, dans le Calvados, où le FN s’est qualifié au second tour des élections départementales avec 35 %, il n’y a rien d’impossible. Ailleurs, il sera freiné par le poids de la droite.


Le FN a eu plus de 450 000 voix dimanche, peut-il faire plus ?
Cela dépendra de la façon dont les forces politiques se reconstruiront. Un candidat de droite capable d’une synthèse entre libéralisme et conservatisme peut aller chercher ces électeurs.


Le parti peine aussi à attirer de nouvelles catégories comme les professions intermédiaires et les cadres.

Tous les scénarios sont envisageables, mais le FN n’est peut-être pas loin de son plafond de verre.

http://www.ouest-france.fr/elections/presidentielle