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dimanche 2 avril 2017

CES JEUNES DIPLOMÉS QUI QUITTENT LA FRANCE ........

🌍 🇫🇷 Ces jeunes Français qui partent à la recherche de meilleures opportunités

 
Tout juste avant d’avoir 24 ans et fraîchement diplômé, j’ai quitté la France pour m’installer et travailler en Albanie.

Je travaille chez Diamant Logistics, société albanaise, et suis en charge de la coordination logistique pour un contrat d’exclusivité pour le transport des tubes qui composeront le gazoduc TAP en Albanie. Ce projet représente le plus gros projet d’infrastructure de l’histoire du pays.

Je ne suis pas réellement « expatrié » étant donné que je travaille pour une société albanaise, je suis payé et cotise en Albanie, je ne suis plus affilié en quoi que ce soit au système français.

Qu’est-ce-qui m’a poussé à quitter la France ? Qu’est-ce-qui incite beaucoup de jeunes français à s’envoler vers d’autres horizons ? 
Pourquoi la France n’a pas su retenir ces jeunes éduqués et pleins de projets ?


J’ai personnellement travaillé pour un grand groupe français à Paris, dans le traitement de l’eau et des déchets. Cette entreprise était pour moi à l’image de notre pays, pleine de ressources et de possibilités, mais aussi « fatiguée ».

Victime d’un management inadapté au marché actuel, assommée par des coûts et dans l’incapacité de prendre les décisions nécessaires à la relance de l’activité et de la compétitivité.

Une des principales mesures de réduction des coûts consistait dans la mise en place de plans de départs volontaires et la fermeture complète des embauches externes. 
Cette dernière mesure signifie qu’aucune chance d’emploi n’est donnée à des jeunes diplômés, ou à toute autre personne talentueuse externe à l’entreprise. On rentre alors dans un management protectionniste de la masse salariale, on se renferme sur soi-même, on fait l’autruche en espérant que la tempête va passer.

Je donne cet exemple que j’ai vécu de l’intérieur, mais via d’autres connaissances travaillant ou ayant travaillé dans des grandes entreprises françaises, et via ce que je perçois de l’économie, cette situation tend à se généraliser en France.

En quoi j’assimile ce management des grandes entreprises françaises au management de notre pays, la France ? 

Notre pays est riche d’une industrie de pointe, d’une agriculture performante, d’un emplacement central en Europe, d’une jeunesse éduquée et d’une population plus jeune que beaucoup de pays européens, mais pourquoi restons-nous les mauvais élèves de l’économie européenne ?


Nos voisins allemands sont parvenus à afficher 1.9% de croissance économique en 2016 (presque deux fois plus que la France à 1.1%) alors que les entreprises françaises, les grands groupes comme les PME, peinent à exporter.

Les gouvernements successifs en France ont eu tendance à chercher à préserver l’économie dans son état actuel, tant au niveau de l’industrie que du marché du travail, plutôt que d’accompagner le changement avec des investissements dans l’éducation, la recherche, la formation ou encore l’innovation.

François Hollande avait même prévu pendant son mandat présidentiel d’annuler 134 millions d’euros de crédits sur la recherche avant d’y renoncer.

Est-ce ainsi que l’on peut gérer un pays dans un monde en plein changement ?

Quand une des principales mesures proposées par les gouvernements successifs et les différents candidats aux prochaines élections pour réaliser des économies consiste à réduire les effectifs de fonctionnaires, quand les « relances » de l’économie et l’augmentation du pouvoir d’achat passent par une hausse ou une baisse des taxes , quand l’insécurité et toute forme d’extrémisme sont combattues par un renfort du renseignement et des services de Police, je vois dans toutes ces mesures des solutions qui n’en sont pas.

Ces mesures sont autant de moyens pour cacher les problèmes réels, repousser les échéances, et prendre le risque, en réalité, de s'enliser encore plus dans nos problèmes.

A quand la réforme de notre pays en profondeur ? A quand la prévention plutôt que la répression ? A quand la formation et l’accompagnement plutôt que l’assistanat ?

C’est parce qu’on se conforte dans ce protectionnisme, dans cette peur du changement, que nos jeunes ambitieux n’ont pas les opportunités auxquelles ils aspirent en France et qu’ils sont poussés au départ. 
Trop peu d’entreprises de l’Hexagone investissent réellement dans la jeunesse et font confiance à ces jeunes.

Mais comment faire revenir ces jeunes ? Pour moi la vraie question est « comment donner des perspectives à la France ? ». 

Car c’est en redonnant un élan au développement de notre pays, en le réformant en profondeur, que nous pourrons donner des perspectives intéressantes aux entreprises, aux personnes éduquées, aux français de manière générale, et également à des investisseurs et cerveaux étrangers qui apporteront leur expérience à notre pays.

Cependant, je pense que ce départ ne doit pas être vue d’un mauvais œil pour la France, car si la situation se redresse et permet d’offrir des perspectives intéressantes dans l’Hexagone, ces jeunes qui étaient alors partis s’enrichir d’autres pratiques pourront amener de nouveaux savoir faire, de nouvelles visions et faire avancer notre beau pays.

A quand ces changements ? L'avenir proche nous dira si les élections de Mai 2017 apporteront ou non des solutions à certains de ces problèmes, et si notre nouveau Président saura redonner ou non de l'espoir et des perspectives à la jeunesse française.

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