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vendredi 3 mars 2017

UN CLIMAT DE QUASI-GUERRE CIVILE ( FRANÇOIS FILLON !

A quel point l’ordre public est-il menacé en France ?

Article rédigé par Laurent Chalard, Michel Fize, le 02 mars 2017

A quel point l’ordre public est-il menacé en France ?
[Source : Atlantico]

La déclaration de François Fillon sur le climat de quasi-guerre civile en a choqué plus d'un. Pourtant, la montée des violences et la fragilisation d'un certain nombre de garde-fous n'assurent guère des lendemains chantant en cette période électorale.

La déclaration de François Fillon condamnant le "climat de quasi-guerre civile" actuel a entraîné une vague de critiques de la part de la gauche, accusant le candidat des Républicains d'attiser les tensions à des vues électoralistes. 

Mais au delà de cette querelle politique, les gardes-fous qui tenaient ensemble une société plurielle ne sont-ils pas de plus en plus fragiles (principes républicains, pacte social, crise identitaire, prospérité, sécurité, sécurité de l'emploi, de la santé, perspectives d'amélioration, rayonnement international) ?


Michel Fize : Je crois qu'il faut rappeler qu'il existe un profond désarroi et une colère plus ou moins forte aujourd'hui chez les Français.

Et ce compte tenu d'un climat économique, social et désormais politique pour le moins dégradé qui n'est pas rassurant quant aux perspectives d'avenir. 

On a un peu le sentiment d'une perte de crédibilité d'abord de toutes les instances qui nous gouvernement traditionnellement  que cela soient l'instance judiciaire, l'instance politique ou les instances représentatives sociales qu'elles soient politiques ou syndicales. Et cet espèce de terreau social éclaté voire pulvérisé qui fait que des actions parfois violentes vont se multiplier.  

Cela manifeste ce désarroi profond, un brouillage des repères, qui entraîne un éloignement de l'idée d'interdit qui est antinomique du principe de « bon plaisir » que notre société porte très largement aujourd'hui. Cette prise de distance se traduit par des actions qui peuvent apparaître comme des actions de désordres, des actions illégales pour un certain nombre d'entre elles. 

Ces actions sont mues par cette forte poussée de désarroi et de colère : encore une fois, je n'excuse pas bien entendu, pour prendre les devants de la critique qu'on adresse généralement au sociologue mais j'essaye de comprendre et d'expliquer.


Laurent Chalard : Si les propos de François Fillon sont effectivement excessifs, répondant à des fins électoralistes, comme ce fut le cas aussi concernant les propos d’Emmanuel Macron sur la colonisation en Algérie, il n’en demeure pas moins que les récentes évolutions de la société française dans plusieurs domaines, témoignent d’une fragmentation de plus en plus importante entre différentes « communautés » (au sens large, pas uniquement « culturel »), qui partagent de moins en moins de valeurs en commun les unes avec les autres. 

Les oppositions sur le plan économique, entre gagnants et perdants de la mondialisation, sur le plan territorial, entre grandes métropoles dynamiques et France Périphérique déclinante, sur le plan de l’emploi, entre fonctionnaires considérés comme privilégiés et les travailleurs du secteur privé exposés à la rude concurrence imposée par la mondialisation, sur le plan générationnel, entre retraités attachés au maintien de leur pension de retraites à un niveau élevé et des jeunes actifs qui vivent moins bien que leurs aînés, sur le plan culturel, entre d’un côté une partie de la communauté d’origine maghrébine tentée par les sirènes de l’islamisme radical et de l’autre une partie des jeunes d’origine européenne qui se radicalisent de plus en plus dans le cadre de mouvements identitaires xénophobes, conduisent au fur-et-à-mesure-du-temps à saper le principe de la République Une et Indivisible, d’autant que l’Etat ne semble plus en mesure d’exercer pleinement ses pouvoirs régaliens. 


Si les dirigeants français demeurent dans le déni de ce délitement du fait national, il suffit de lire la presse étrangère, qui ne peut-être, dans sa totalité, jugée comme francophobe, pour comprendre que notre pays ne va pas bien et que son évolution interne inquiète le reste du monde.


Quels sont pour vous les signaux les plus marquants d'une montée réelle de la violence dans notre société ?

Laurent Chalard : Tout d’abord, le premier signal qui témoigne d’une montée réelle de la « violence », entendue au sens large (physique et psychologique), est la montée de la violence dans le système scolaire, pour laquelle il apparaît difficile de disposer de statistiques fiables, puisque l’éduction Nationale pratique la « politique de l’autruche » en la matière. 

Cependant, il suffit de regarder le pourcentage d’absentéisme des enseignants dans certains quartiers populaires pour se rendre compte qu’il existe un réel problème.

Cette violence s’exerce autant entre élèves que des élèves vis-à-vis des enseignants, y compris à l’université.

Un deuxième signal concerne le maintien d’une violence quotidienne, qui débouche sporadiquement sur des émeutes plus ou moins importantes, dans les quartiers populaires. 

Elle n’est pas nouvelle, mais sa pérennisation sous-entend que dans un certain nombre de territoires de la République, la violence nihiliste, dans le sens qu’il s’agit d’une rage destructrice sans réelles revendications derrière, semble être devenue la norme au moindre problème entre les habitants et les représentants de l’Etat. 

Or, lorsque des individus sont accoutumés à la violence depuis leur enfance, les risques de dérives ultra violentes à l’âge adulte augmentent.


Un troisième signal est le regain de la violence des mouvements d’extrême-gauche, qui s’ils sont très minoritaires en nombre, n’en demeurent pas moins très actifs dans les manifestations qui débouchent sur des destructions et des troubles à l’ordre public.

 Ils sont particulièrement présents dans l’ouest du pays, où l’opposition à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes perdure malgré le résultat d’un référendum, c’est-à-dire que les manifestants refusent le verdict des urnes...


Enfin, un quatrième signal concerne une violence moins souvent perçue comme telle, qui est celle s’exerçant dans le monde du travail, consécutive du chômage de masse, qui met en concurrence les individus les uns avec les autres, à l’origine d’une multiplication des violences d’ordre psychologique entre les travailleurs.

http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/ 


ET AUSSI

La France s’enfonce dans la décadence

Paru le 02 mars 2017
[Source : Dreuz info]


Je vis désormais à dix mille kilomètres de la France, dans l’Ouest américain. C’est un choix personnel. 

Je me suis longtemps battu pour que la France vive et soit libre. J’ai fini par penser à ma propre vie et à celle de ma famille.

Je n’oublie pour autant pas que je suis né en France et que ma langue maternelle est la langue française. J’écris en anglais, mais je n’aurai jamais à la langue anglaise le rapport que j’ai avec la langue française.


Et quand je vois l’évolution du pays dans lequel j’ai mes racines, j’ai le cœur serré.

Quand je pense à tous les Français qui ne peuvent pas partir ou qui, simplement, ne le veulent pas, parce que leur attachement à la France est charnel, j’ai le cœur plus serré encore.


Tout en continuant à penser que l’hypothèse Macron que j’évoquais voici peu reste une hypothèse sérieuse, j’ai très envie de me tromper, et je serais heureux si les faits montrent que je me trompe.
La déliquescence que connaît la France est effroyable, pathétique.


Des humoristes ironisent sur François Fillon, et ils ont raison. François Fillon incarne, en effet, la fin de parcours d’un fonctionnement politique à bout de souffle, où tout devient apparences, faux semblants, jeux de miroirs, coups montés, scandales grotesques, et où plus aucun dirigeant n’est digne ni crédible.

Des humoristes ironisent sur Emmanuel Macron. Ils ont, là aussi, raison, autant que lorsqu’ils ironisent sur Francois Fillon, voire plus raison encore. 

Dans le cas d’Emmanuel Macron, ils devraient d’ailleurs aller bien plus loin dans l’ironie.


Emmanuel Macron est vide, ignorant, et il peut se révéler ignoble et répugnant, comme on l’a vu voici peu lorsqu’il a incriminé le caractère « criminel » de la colonisation française en Algérie et lorsqu’il a fait cela sur le sol algérien, en présence de représentants de la dictature du FLN.

Les humoristes devraient ironiser aussi sur Jean-Luc Mélenchon et sur Benoît Hamon, incarnations grotesques d’une gauche suicidaire et destructrice.


Je ne crois pas aux chances, cette fois, de Marine Le Pen, et je n’apprécie ni la présence d‘antisémites encore au sein du Front National, ni le programme de Marine Le Pen, qu’il s’agisse de politique économique ou de politique étrangère.

Je ne voterai pas pour elle et j’ai dit déjà que je ne voterai pour personne.

Je ne me déplacerai pas de Las Vegas où je vis, pour me rendre jusqu’au consulat de Los Angeles et déposer un bulletin dans l’urne.

J’ai mieux à faire quand je me rends à Los Angeles.

Mais, quand bien même je ne voterai pour personne, j’apprécierais, je le dis, de voir le chambardement créé par une élection de Marine Le Pen.


Je l’apprécierais parce que c’est la seule alternative que je vois à l’hypothèse Macron. Parce que ce serait un séisme plus important encore que le Brexit au Royaume-Uni et que l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Ce serait, au cœur de l’Europe, le signe du désespoir et de la colère d’un peuple décidant de renverser la table, de dire non à toute une classe politique sans qualité et sans substance, au sein de laquelle les hommes de qualité peuvent se compter sur les doigts d’une seule main et n’ont aucune chance d’accéder aux plus hautes fonctions.

Ce serait le début d’une période chaotique où tous les grands médias révéleraient davantage encore leur vrai visage, entreraient en guerre ouverte contre le suffrage universel, et se conduiraient de manière fasciste au nom de « l’antifascisme ».

Ce serait le début d’une phase d’émeutes qui feraient apparaître celles qui viennent d’avoir lieu à Aulnay-sous-Bois et dans d’autres villes françaises comme un simple échantillon.

Ce serait peut-être le début d’une insurrection que seule l’armée parviendrait à mater. Peut-être, et je le dis sans joie, et sans le souhaiter, faudra-t-il en passer par là.

J’apprécierais l’élection de Marine Le Pen, non pas pour ce que Marine Le Pen pourrait faire au gouvernement, car elle ne pourrait sans doute pas gouverner, mais parce qu’elle serait un tremblement de terre de l’ampleur du grand tremblement de terre que les sismologues prévoient depuis longtemps en Californie du Sud.

Après le grand le tremblement de terre, il deviendrait possible de rebâtir, à condition que rien ne reste debout d’un système corrompu, corrupteur, asphyxiant, mortifère.

Je ne crois pas que le grand tremblement de terre aura lieu.

J’ai noté dans un livre, il y a un peu plus d’un an, que l’hégémonie de la gauche conduisait à l’anomie, c’est-à-dire à une société sans ordre ni structure.

La France me semble, hélas, être désormais dans l’anomie.


Guy Millière

http://www.libertepolitique.com/Actualite/