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vendredi 3 mars 2017

TRIBUNE LIBRE, PONT DE VUE ET CONSTAT !


Camarades !

Nous n’avons pas perdu notre cause.


L’entêtement du gouvernement, sa surdité,
ses mensonges, ses tentatives d’intimidation,
ses manipulations ridicules, le dispositif
impressionnant des forces de « l’ordre »
n’ont pas eu raison de notre mouvement.


Eugène Ionesco écrivait en 1978 :
« Le redressement des mentalités s’esquisse en France. »
Cela prend donc du temps, cela est loin d’être fini,
peut-être cela ne fait que commencer.



« Après tout, nous sortons tout juste du néolithique »,
a remarqué Maurice Dantec.


Malgré des mois, des années de contestation massive,
argumentée et légitime, l’État français, compromettant
toutes les institutions a poursuivi sa révolution
des consciences et ne nous donne plus voix au chapitre.


Il clôt le débat et prétend dicter le point final,
il transforme en fait accompli sa loi.


Mais ce qui suit est pire.


Son autisme politique nous déchoit symboliquement
de la citoyenneté dans notre propre pays.


Il compte, avec la complicité de tous les installés de cette terre,
nous expulser dès à présent de notre propre histoire, de notre lieu.
Il nous déclare irrecevables.


Il a menacé de nous dissoudre.


Nous sommes, camarades, les nouveaux invalides.
De rues en rues, de textes en textes, il continue
de nous faire la chasse méthodiquement car
il voudrait nous renvoyer dans nos foyers ;
que nous soyons définitivement comme
en exil à demeure chez nous.


Retraite anticipée pour tous ! Antifascisme !
Front populaire ! Internationale socialiste ! Dispersion !
Dernière sommation avant usage de la force…
Mais quels foyers, camarades ?


Quelle est notre place, quel est notre peuple,
quelle est donc notre langue et où est notre pays ?


Notre point de résistance ?


Bernanos avait expliqué ainsi la force d’arrêt patriotique
des combattants de la Grande guerre :
« Le front des cathédrales a tenu ! »
et le résistant juif français Valentin Feldman
(agrégé de l’université), vingt ans après, criait au peloton
allemand chargé de l’exécuter le 27 juillet 1942 :
« Imbéciles, c’est pour vous que je meurs ».
 


Camarades, nous sommes les nouveaux invalides,
dépositaires de tous les sacrifices donnés au nom
de la patrie dans leur portée universelle,
« la France des croisades et de la Révolution »,
disait Malraux.
C’est cela qu’il faut transmettre à ce siècle mourant,
le trésor de toutes ces vies empêchées qui jalonnèrent
l’histoire de France et assurèrent la transmission de l’avenir.
 


Nous ne voulons pas que cesse le beau, l’unique,
le long, le dernier printemps français.
En affirmant vos convictions parce qu’elles sont justes
vous avez déposé un témoignage devant le monde.
Il sera entendu.
« Dans ce monde de rigueur où il n’y a ni pardon ni complaisance…
l’extrême attachement a pour condition le détachement extrême »,
a dit Feldman.
 

Donc ne faiblissez pas, en vous désignant comme les perdants
ils se fourvoient ; en croyant vous marginaliser c’est notre pays
qu’ils déchirent ; en vous affublant d’oripeaux révolus
ils ne voient pas leur propre disparition.


Ils vous lancent des injures parce qu’ils ne font rien,
ne sont plus rien, ne construisent rien.
Ils tirent leurs dernières cartouches.
Encore un peu et ils abdiquent.


Le pays déjà entièrement vendu par eux en viager
à ceux qui attendent leur extinction est mort à leurs idées ;
depuis longtemps empoisonné par leur propagande il se rétracte.
Vous êtes les derniers, camarades !
 

Un siècle terrible a propulsé notre patrie d’un vague socialisme
soi-disant libertaire ne connaissant « ni dieu ni maître »
à l’hyper-grotesque pantomime de la République
traduisant dans le marbre de sa loi et la télévision
le « Familles je vous hais » de Gide, mais c’est la fin.
 


Indifférente aux innombrables charniers du darwinisme social
et du marxisme qui balisèrent la lâche débandade de la culture,
elle a fixé le leitmotiv de sa propagande d’État
pour réaliser, grâce aux « soviets plus l’électricité »,
la prophylaxie obligatoire de toutes les névroses possibles :
ni père ni mère.
 

Ce qu’il restait de la filiation s’exhale dans les fumées de la propagande légale.
Depuis deux générations le B-A BA miraculeux de l’IVG est inculqué dans les collèges,
et le « kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas »
n’a été prononcé pour aucun des cinq millions d’avortements français,
dont toute la descendance jusqu’à la fin des temps fait désormais
irrémédiablement défaut à notre monde.
 

Nul requiem ne sera dit pour ces témoins peccamineux de l’origine
que les enfants des futurs couples virtuels n’auront pas.
 

Le lent déracinement en nous de ce qui reste d’originel,
de culturel et de charnel atteindra son paroxysme stalinien.
On ne prononcera plus le mot procréation.
 

Le terreau des exigences transmises par filiation sera
impitoyablement dénaturé.
N’importe comment mariage pour tous !
 

Et puis divorce et IVG à volonté. La Grèce est morte.
La Bible et Dieu le père aussi.
Qui tue un homme tue un monde.
Qui tue le père, tue la mère, la femme, la fille, le fils et toute la sainte famille.

L'AVENIR DU PRINTEMPS
 Olivier Véron


source:  les provinciales