Google+ Badge

jeudi 30 mars 2017

PRÉSIDENTIELLE: LE GRAND DANGER DE LA DETTE PUBLIQUE !

 
 
31 mars 2017
By By By Résultat de recherche d'images pour "dette de la france"
Il serait grand temps que les candidats à la présidentielle prennent la mesure du danger qui nous guette. Ce n’est pas une stabilisation de la dette qu’il faut viser, mais une diminution de son encours à travers un désendettement massif.
Par Romain Ryon.
À moins d’un mois des élections présidentielles, les propositions des candidats concernant la dette publique sont presque inaudibles dans une campagne totalement phagocytée entre les affaires personnelles et les promesses irréalisables. 

Le sujet de la dette publique est laissé de côté alors même que l’explosion des déficits publics implique, plus que jamais, une prise de conscience de la classe politique.


UNE SITUATION FINANCIÈRE DÉLÉTÈRE

Avec la crise bancaire de 2009, la crise européenne encore en cours, la France a vu sa dette croître à un rythme effréné, et atteindre un niveau particulièrement préoccupant.
La dette publique comprend à la fois la dette de l’État, des Collectivités territoriales et de la Sécurité sociale. 
Au premier trimestre 2017, elle s’élève à 2.200 milliards d’euros, se rapprochant de la barre symbolique des 100% du PIB.
À cette dette « officielle », il convient de comptabiliser un autre type de dette, qui n’est pas pris en compte dans le bilan des comptes publics, les engagements hors bilan de l’État.
Ces engagements correspondent aux dépenses futures de l’État (paiement des retraites des fonctionnaires, mécanismes européens de stabilité financière, cautionnement…).
Selon les derniers chiffres de l’État1, cette dette « cachée » avoisinerait les 3. 300 milliards d’euros.
En additionnant ces deux montants, on comprend bien pourquoi la France relève, au même titre que la Grèce et le Portugal, du volet correctif du pacte de stabilité et de croissance. 
La dette publique française n’a cessé d’augmenter sans discontinuer en valeur nominale depuis 1974.


UNE DETTE ÉTOUFFANTE POUR L’ÉCONOMIE

Mais est-ce réellement un problème ? Oui ! Cette augmentation continue de la dette publique présente un effet néfaste pour l’économie.
 Les travaux3 de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff attestent empiriquement d’une corrélation négative entre le taux de croissance et le niveau de la dette publique. 
La France est aujourd’hui la vice-championne du monde de la pression fiscale, ce serait un euphémisme d’affirmer que cela affaiblit la compétitivité de nos entreprises ainsi que l’attractivité de notre territoire.
En 2017, les Français paieront 1000 milliards d’euros de prélèvements obligatoires, cette spirale infernale semble bien loin de s’arrêter, les intérêts de la dette représentant le second poste de dépense de l’État.
Il serait grand temps que les candidats à la présidentielle prennent la mesure du danger qui nous guette. 
 En France, le premier déficit reste avant tout le déficit de réalisme ; ce n’est pas une stabilisation de la dette qu’il faut viser, mais une diminution de son encours à travers un désendettement massif. 
Nos politiciens ne cessent de parler de vision, de projet, de programme, mais au delà d’une rhétorique bien maîtrisée, quelles actions ?
 
  1.  Compte général de l’Etat pour 2015. 
  2.  
  3.  Mission Engagements financiers de l’Etat, PLF 2017. 
  4.  
  5.  Reinhart C., Rogoff K. (2010), « Growth in a Time of Debt », American Economic Review (Papers and Proceedings), vol. 100, no. 2, pp. 573-5