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samedi 25 mars 2017

PRÉSIDENTIELLE, C' EST " RIVAROL " QUI EN PARLE LE MIEUX !

 

 

Présidentielle : un pour tous et tous pourris !


Présidentielle : un pour tous et tous pourris ! 

Par Jérôme Bourbon

 

C’est reparti pour un tour. Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, dont la carrière jalonnée de postes aussi prestigieux que rémunérateurs, n’a manifestement pas souffert du scandale du sang contaminé, a annoncé le 18 mars, au cours d’une conférence de presse rue de Montpensier, que onze candidats étaient officiellement habilités à briguer la magistrature suprême, la dixième au suffrage universel direct de la Ve République.


 De toutes les campagnes présidentielles depuis plus d’un demi-siècle, celle que nous vivons actuellement est de loin la plus insignifiante. 
Et ce ne sont pourtant pas les émissions politiques et les débats télévisés qui font défaut. 

Jamais une telle couverture n’a été donnée à une campagne, depuis les primaires des Républicains puis du Parti socialiste, jusqu’aux trois grands débats qui ponctueront les ultimes semaines avant le scrutin. 

La médiocrité du personnel politique n’a jamais été aussi abyssale qu’aujourd’hui. On se pince pour croire que ces vils politiciens briguent la fonction suprême de l’Etat et que l’un de ceux-là prendra ses quartiers à l’Elysée à la mi-mai.


Toute la campagne a été ponctuée par le déballage d’affaires politico-financières : François Fillon, qui était il y a quelques mois encore, le favori du scrutin, a été mis en examen le 14 mars pour « détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux et manquement aux obligations de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique » pour l’embauche présumée fictive de son épouse Pénélope puis de ses deux enfants Marie et Charles comme assistants parlementaires. 


Et si Marine Le Pen n’avait pas refusé sa convocation par la police puis par les juges d’instruction dans l’affaire des emplois présumés fictifs des parlementaires frontistes au Parlement européen, elle eût été mise en examen pour abus de confiance pour l’embauche de son chef de cabinet Catherine Griset, elle-même mise en examen pour ce délit. 

A cela s’ajoutent les interrogations sur le patrimoine d’Emmanuel Macron, qui aurait mystérieusement fondu alors que ce dernier a gagné des millions d’euros chez Rothschild, sur son utilisation des fonds de Bercy pour lancer sa campagne lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances, sur le financement d’une soirée à Las Vegas sans qu’il y ait eu d’appel d’offres au préalable comme la loi y oblige.

 Les media se sont montrés beaucoup plus discrets sur les affaires de Macron, leur candidat de cœur, que sur celles mettant en cause François Fillon et Marine Le Pen. 


Mais cette désinvolture dans l’usage des deniers publics, et le cynisme des politiciens qui se disent toujours innocents de tout, comme Dreyfus, même lorsqu’ils sont pris la main dans le pot de confiture, en disent long sur la décadence morale inouïe de notre époque. 

Autrefois cette corruption n’était pas générale : aussi acharnés qu’aient pu être leurs contempteurs, on n’a jamais pu reprocher aux différents régimes fascistes, non plus qu’au maréchal Pétain, le moindre scandale politico-financier, le moindre enrichissement personnel suspect. 


Autres temps, autres mœurs. Non seulement les politiciens d’aujourd’hui ne servent rien, sinon à nous détruire, mais de plus ils se servent !

Le plus frappant peut-être dans cette campagne — et le grand débat sur TF1 entre les cinq autoproclamés grands candidats le 20 mars l’a confirmé —, c’est l’absence totale de souffle, de vision et plus encore de transcendance, de verticalité, de spiritualité. 
Aucun ne voit ou ne veut admettre que la crise que nous connaissons, avant d’être politique ou économique, est d’abord morale et spirituelle. 

Il est vain d’espérer redresser le pays, d’inverser la courbe du déclin tant que les mœurs ne seront pas réformées et tant que l’on ne se mettra pas au service d’une cause supérieure qui dépasse et qui transcende, au service du bien, du beau, du vrai. 

Or, l’on sait d’ores et déjà que quel soit le candidat parmi les onze qui sera élu le 7 mai au soir le massacre industriel des enfants à naître se poursuivra, ainsi que son remboursement à 100 %. 

Or comment redresser une nation, construire un avenir, donner un sens à la vie si l’on tue légalement chaque année plus de 200 000 Français dans le ventre de leur mère et que l’on considère ce génocide bien réel comme un droit fondamental et une fantastique conquête ?


Parmi les différents postulants c’est d’ailleurs à celui qui ira le plus loin dans la culture de mort : les candidats de gauche, Hamon et Mélenchon, ont ainsi inscrit à leur programme la légalisation de l’euthanasie active et du suicide assisté et le héraut de « la France insoumise » entend même graver dans l’airain constitutionnel le droit à l’avortement, à l’euthanasie et au suicide. 

Peut-on aller plus loin dans la folie, dans la négation de la vie, dans les transgressions les plus effrayantes ? Aucun des candidats ne parle de l’accueil de la vie et de la défense de la famille, pourtant cellule de base de la société. 
Aucun n’évoque le combat pourtant essentiel contre la drogue et la pornographie dont les effets sont si dévastateurs pour l’ordre social et la dignité de l’homme. 

Sait-on assez qu’un enfant sur deux du primaire a déjà vu au moins une fois un film X ? 

Comment pourra-t-il demain croire à l’amour lorsque ce mot aura été à ce point profané, comment pourra-t-il construire plus tard un couple et un foyer stable après avoir subi de telles déformations ? Mais sur tous ces sujets les différents prétendants n’ont rien à dire ni à redire. 


Non plus d’ailleurs que sur l’aggravation du Pacs et l’institution du “mariage” homosexuel que tous entendent peu ou prou maintenir. 
Pendant les primaires le débat entre Juppé et Fillon, le prétendu catholique, était de savoir s’il fallait accorder aux “couples” d’invertis le droit à une adoption simple ou plénière ! 

Et Marine Le Pen entend substituer à l’actuelle loi Taubira une union civile homosexuelle qui donne aux homosexuels exactement les mêmes droits fiscaux, successoraux et patrimoniaux que les personnes mariées et hétérosexuelles.

Quel que soit le candidat élu, les vomitives Gay Pride continueront à s’ébranler dans nos rues, la laïcité, l’antiracisme unilatéral et l’idéologie anti-discriminatoire seront toujours enseignés et promus du berceau à la mort, de la maternelle à l’université.

 La religion de la Shoah continuera à régner de manière toujours plus implacable. 

Les lois Pleven et Gayssot resteront en vigueur. Ceux qui pensent que Marine Le Pen desserrera sur ce point le carcan s’illusionnent complètement. 


Elle a exclu son père pour avoir défendu le maréchal Pétain dans ces colonnes et avoir maintenu ses propos sur le “détail”, elle vient d’exclure l’identitaire Benoît Loeuillet qui, dans une caméra cachée, tient des propos historiquement incorrects. 

Et sa nièce Marion Maréchal Le Pen, elle aussi héroïque, a aussitôt exclu le coupable du groupe FN au conseil régional de PACA. L’exclusion est immédiate, définitive et sans appel.

 On ne badine pas au néo-FN avec la version officielle et obligatoire de la Seconde Guerre mondiale. 

Loeuillet n’a même pas le droit de présenter sa défense, de faire valoir ses arguments, de préciser de surcroît qu’il a été piégé, qu’il ne se savait pas filmé, que les propos tenus sont finalement prudents (il dit ne pas quoi savoir penser de la thèse révisionniste). 

Mais l’expression d’une simple doute, d’une interrogation est déjà un crime. 

Le silence même peut être coupable. Dans un communiqué Loeuillet a eu beau faire profil bas, dire que ses propos ont été coupés, qu’il n’a jamais contesté la Shoah, rien n’y fait, il est mort politiquement, il est mort socialement. 

Il est exclu à vie du FN. Il a commis le crime pour lequel il n’est ni oubli ni pardon. 

Qu’il est loin le temps où le bureau politique du FN votait à l’unanimité une motion de soutien à Bruno Gollnisch pour ses propos en 2004 sur les chambres à gaz, qu’elle est loin de nous, et sans doute définitivement révolue, l’époque où Georges Theil pouvait rester membre du Front national, avec l’accord explicite de Jean-Marie Le Pen, malgré ses propos publics explicitement révisionnistes.

Les différents candidats peuvent bien nous parler de liberté, de vérité, de redressement, d’honneur, de dignité, ces mots dans leur bouche sont une imposture. Ils sont tous menteurs et fourbes. 


Une promesse n’engage-t-elle pas que celui qui y croit, comme l’avait édicté feu Charles Pasqua ? Comme s’il suffisait d’un bulletin de vote pour que tout changeât, tout s’arrangeât. Comme s’il n’était pas évident que plus l’on fait voter les masses, plus on les conduit à l’abattoir. 

Plus l’on multiplie les scrutins en tous genres, plus s’accumulent les ruines, plus s’entassent les cadavres. 
Plus l’on organise de prétendus débats entre personnes qui ont sur l’essentiel la même vision du monde, professent les mêmes faux principes et acceptent les mêmes tabous, plus la libre recherche est étouffée, la libre expression interdite, la vérité et la justice mises sous le boisseau. 

Octave Mirbeau avait bien raison, lui qui écrivait : « Les moutons vont à l’abattoir, ils ne disent rien, eux, et ils n’espèrent rien.
 Mais, du moins, ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. 

Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des révolutions pour conquérir ce droit. »
Jérôme Bourbon
Éditorial de RIVAROL n°3275 du 23 mars 2017

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