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jeudi 30 mars 2017

MACRON; LE COUP DE GÉNIE DE FRANÇOIS HOLLANDE ?


30 mars 2017



macron_hollande
Dans tous les sondages récents pour l’élection présidentielle, Emmanuel Macron est donné qualifié pour le second tour, et futur président de la République, successeur de François Hollande.
Si un tel scénario se produisait – les sondages sont souvent trompeurs – il suffit de voir l’entourage proche d’Emmanuel Macron pour s’apercevoir que, loin d’un renouveau politique promis par ce dernier, il s’agirait en fait d’une prolongation du quinquennat de François Hollande, qui aurait ainsi réalisé un coup de génie.
Avec 77% de Français mécontents de lui selon les derniers sondages, et après un quinquennat désastreux où jamais le peuple n’aura paru aussi remonté et divisé dans l’histoire de la Vème République, François Hollande parviendrait en effet à hisser son poulain – après l’avoir fait passer médiatiquement pour un traitre et pour un jeune ambitieux – au sommet.
Si l’on se penche sur la « Galaxie Macron » dressée par l’AFP, cela devient flagrant 
On retrouve Manuel Valls, rallié tardivement, qui fût d’abord ministre de l’Intérieur puis Premier ministre, c’est à dire le garant de la politique de François Hollande.
On retrouve Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de la Défense, un ministère fondamental eu égard de la situation politique internationale actuelle.
On retrouve Bernard Poignant, ancien maire de Quimper et ex-conseiller du Président Hollande.
On retrouve François Bayrou, qui avait appelé à voter Hollande au second tour de la présidentielle 2012.
On retrouve Pierre Bergé,  riche soutien financier (il est millionnaire) et médiatique (il est copropriétaire du Monde) de la première heure du PS
On retrouve François de Rugy, qui avait quitté EELV pour apporter son soutien au gouvernement de Manuel Valls.
On retrouve Daniel Cohn Bendit, qui appela à voter François Hollande dès le premier tour en 2012.
On retrouve Bertrand Delanoë, ancien maire PS de Paris et proche de François Hollande.
On retrouve Richard Ferrand, bras droit d’Emmanuel Macron et soutien de la première heure de François Hollande en 2012.
On retrouve Barbara Pompili, actuelle secrétaire d’État sous le quinquennat de François Hollande.
La liste est longue des soutiens à Emmanuel Macron, qui promet, à longueur de campagne, de « faire du neuf ». N’empêche qu’il s’agit là de l’ossature principale qui a fait et refait les heures « sombres » du quinquennat.
Les ralliements – mineurs, de vieux briscards de la politique comme Alain Madelin, Bernard Kouchner, ou Robert Hue – ne sont pas là non plus pour « révolutionner » la politique.
Cela ressemble tout de même à une « reconstitution d’entente politique dissoute » !

Et si tout ceci n’était qu’une mise en scène ?

Sur son blog, Stéphane Guyot, candidat du vote blanc pour les législatives de 2017, livrait une analyse assez pertinente vu l’évolution de la situation ces derniers mois, analyse que nous reprenons ci-dessous (et publiée initialement en septembre 2016, d’où le passage sur Sarkozy).
Et si, dans une entente cordiale indéfectible, les deux hommes étaient en train d’exécuter un plan digne des plus grandes heures du mitterrandisme ?

Car si l’incompétence de Hollande à diriger le pays est aujourd’hui une réalité objective, il ne faudrait pas considérer trop vite que notre président soit totalement idiot.

Je le crois même suffisamment lucide pour savoir que son échec est général. Les frondeurs ont pourri son quinquennat, ses anciens ministres le trahissent les uns après les autres, la gauche de la gauche fait cavalier seul. 
Quoi qu’il fasse désormais, l’opinion publique ne lui pardonnera pas les 5 années qu’il lui aura fait subir.
Dès lors, se sachant incapable d’inverser sa courbe de popularité, le Parti socialiste prenant lui aussi l’eau de toutes parts, n’y aurait-il pas derrière l’apparente trahison de Macron un plan mortifère visant à faire sombrer définitivement le navire « Parti Socialiste », et avec lui, tous ceux qui l’ont réellement trahi ?
Et si, au contraire d’un traître, Macron était plutôt l’instrument de Hollande ; l’instrument de sa vengeance mais aussi celui de la victoire de la « Gauche » au sens large sur la « Droite » d’un Nicolas Sarkozy plus revanchard que jamais ?
L’objectif de ce sacrifice collectif : reconstruire une gauche « new look », débarrassée de son logo historique et poussiéreux aujourd’hui porté comme un fardeau par le peu d’adhérents qui lui reste. 
Sacrifier le Parti est un prix acceptable pour garantir la victoire de sa famille politique. 
Et après tout, Emmanuel Macron ne répète t-il pas à qui veut l’entendre qu’il n’est pas « socialiste » mais « de gauche » ?
« Si je tombe, vous tombez tous avec moi ». Telle pourrait être l’épitaphe rédigée de la main de Hollande sur la tombe du PS. 
Mais considérer le départ de Macron uniquement comme une allégorie de Brutus assassinant César reviendrait à ignorer trop facilement la réalité toute machiavélique du jeu des calculs politiciens.
Une réalité que Francois Hollande, en bon élève du gourou de Jarnac, maîtrise parfaitement, et que nous rappelle l’ancien président Franklin Roosevelt : « En politique, rien n’arrive pas hasard. 
Chaque fois qu’un évènement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi ».
Entre Brutus et Pygmalion, l’entente cordiale de Hollande et Macron n’a peut-être pas encore livré tous ses secrets.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2017, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine





ET AUSSI

30 mars 2017

Libération monte au créneau et dénonce Emmanuel Macron, qui «va de contradiction en contradiction» écrit le journaliste Grégoire Biseau.

« Le candidat donne l’impression de mettre son talent, non pas à offrir une vision, mais à répondre aux demandes d’un électorat composite aux aspirations contradictoires » constate Biseau.
Allant plus loin, Grégoire Biseau rejoint cette déclaration prêtée à Jean d’Ormesson : «Macron, c’est le grand flou. 

Entre l’électeur de droite et l’électeur de gauche qui votent pour Macron, l’un des deux, forcément, sera cocu, mais toute l’intelligence de Macron est de faire croire à l’un que ce sera l’autre et inversement», et le constat de Marc Endeweld, grand reporter à Marianne et auteur de L’ambigu Monsieur Macron* : «Il dit vouloir incarner le progressisme mais ça reste extrêmement flou».
«Son espace est ambigu, aussi bien que ses propositions», abonde Sophie de Ravinel, grand reporter au service politique du Figaro.
Pour Biseau, «il y a, dans la maison Macron, un vice de construction. Une contradiction dans les fondations même de son projet qui, les jours passant, est en train de fissurer la façade de son mouvement.»
«De tous les gros candidats à la présidentielle, Emmanuel Macron est celui dont le pourcentage d’électeurs certains d’aller voter pour lui est le plus faible. 
Cette faiblesse n’est pas conjoncturelle, mais congénitale… Puisque le clivage traditionnel gauche-droite est périmé… Macron allait donc offrir autre chose.
Or, depuis deux mois, le leader d’En marche ne propose rien ou si peu».
Biseau poursuit ainsi :
«Voilà sa contradiction ontologique»… Macron revendique de n’avoir rien à proposer «déclarant que “c’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne… 
Alors, il parle ; beaucoup, mais sans cohérence».

 

Rappel :

  • Macron dit que la colonisation est ‘un crime contre l’humanité’, mais qu’il faut en assumer les aspects ‘positifs’.
  • Il confie que les anti-mariage pour tous ont été ‘humiliés’, mais il défend la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes.
  • En trois mois, il a changé trois fois de position sur la légalisation du cannabis, pour finalement défendre le statu quo.
  • Le 9 novembre 2016, répondant à L’Obs, Macron estime que ‘quand on est jeune, 35 heures, ce n’est pas long’. Un mois plus tard, à Versailles au cours d’un meeting, il déclare : ‘la durée légale du temps de travail restera à 35 heures’. Sur les 35 heures, un de ses électeurs sera cocu. C’est celui qui pense que l’autre sera cocu. Et inversement…
  • Sur le peuple français, il fait là aussi trois allers-retours :
    • Dans un meeting à Lyon, il affirme : ‘Il n’y a pas de culture française’. Puis à Londres, il ajoute : ‘L’art français, je ne l’ai jamais vu’.
    • Dans un article du Figaro du 17 mars, Macron explique que la notion d’identité française est archaïque, et qu’il n’y a pas lieu de s’y accrocher.
    • Oui mais dans son discours de Bobigny en novembre 2016, il déclarait : ‘Une des raisons pour lesquelles la France va s’en sortir, c’est son histoire et son peuple.’
  • Et concernant le très symbolique Impôt sur la fortune, il déclarait en avril 2016 qu’‘il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF’, puis en juin de la même année : ‘le contexte n’est pas favorable à la suppression de l’ISF’. Il est évident qu’entre avril et juin, le contexte a profondément changé. Là encore, il y aura des cocus.
Une vidéo pour neuneus qui votent pour un homme sans se soucier des conséquences, reprend quelques unes des contradictions de Macron, sa marque de fabrique :
‘Bilan de l’action d’Emmanuel Macron après deux ans à la tête du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du numérique : la loi Macron… qui peut pourtant donner le sentiment d’avoir accouché d’une souris’, explique Olivier Passet dans Alternatives économiques, qui précise que ‘le premier effet tangible, c’est la création de 1500 emplois dans le secteur des autocars… 
Au final, cette loi à forte charge symbolique a davantage crispé la gauche qu’elle n’a déverrouillé l’économie.’
Macron se révèle non pas homme politique, mais produit de consommation. Sauf que là, le péril est grave. 
Si vous ramassez sur l’étagère de votre superette le beau produit et que la belle promesse de la marque est détruite par une triste réalité, vous n’achetez plus le produit.

 Sauf que là, vous ne pourrez changer le produit que dans 5 ans. Et les dégâts, c’est vous qui les subirez…
Alors… #MacronGirouette !
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Alain Leger pour Dreuz.info.
Sources :