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mercredi 8 mars 2017

LR SE RADICALISE ET LE FN SE GAUCHISE !

Alain Juppé est effrayé : au secours, les militants LR se sont radicalisés !

La mollesse, il y a les caramels pour ça.

Ecrivain, journaliste
Son blog
 
Alain Juppé, annonçant que, définitivement, il ne servirait pas de doublure à François Fillon, a évoqué, entre autres gentillesses, des militants LR « radicalisés »


C’est, pourrait-on dire, la réponse du berger à la bergère : « bande de radicalisés ! » Ali Juppé – puisque c’est ainsi que d’aucuns l’ont flingué – vous salue bien bas. 

Ou bien un autre genre de point Godwin, aussi expéditif que le premier et qui tend à le supplanter : on compare le FN à Daech et l’on parle, désormais, de noyau dur LR « radicalisé ». 

À mois que Juppé ne veuille manier, à l’instar d’Attali, la métaphore horticole et désigne ainsi la France obstinément, rageusement, solidement enracinée : les « radis »… calisés. 

Quoi qu’il en soit, on le comprend à la mine amère de celui qui l’a proféré : l’adjectif n’est pas flatteur. Et il a profondément choqué. Dans les faits, ce mot-là n’est utilisé, en effet, aujourd’hui que pour désigner un seul groupe d’individus : les islamistes, ou ceux qui sont en passe de le devenir. Il suffit, pour s’en convaincre, de taper le mot « radicalisé » sur Google : sort tout d’abord le site gouvernemental pour lutter contre le djihadisme… puis viennent aussitôt les déclarations d’Alain Juppé
Voilà nos sages manifestants de dimanche – proprets retraités ou jeunes gens bien élevés – en bien improbable compagnie.

Pourtant, si l’on s’en tient à la très neutre définition du dictionnaire – qui existait bien avant que le mot ne soit promu cache-sexe de l’islamisme -, l’emploi n’est pas foncièrement déplacé : « radicaliser : rendre un groupe, son action, plus intransigeants, plus durs, en particulier en matière politique ou sociale. »
 
Plus durs ? Soit. L’hypotonie pusillanime de la droite depuis des années, son élasticité infinie, ses contorsions de Barbapapa pour se fondre dans le moule imposé par la gauche ne pouvaient plus durer.
La mollesse, il y a les caramels pour ça. 

Plus intransigeants ? Il est un fait qu’ils en ont leur claque, de transiger. Ras le pompon, d’obligeamment composer – « ça va, là, j’ai bon ? Je m’écrase assez ? » Plein le dos, de céder à moitié puis, in fine, tout à fait. « On ne lâche rien », ce n’est pas faute, les gars, d’avoir prévenu.
Mais la « radicalisation », par nature, n’est pas statique.

Et son mouvement n’est permis que parce que l’engrenage conscience-vote s’est mis en branle, sous l’impulsion LMPT. Les deux roues tournent sur le même pignon, l’une donne la direction à l’autre, forcément, l’attelage de droite est tout de suite beaucoup plus efficace. Mais pour aller à fond les ballons, il ne faut pas avoir peur ni être frileux. 

Beaucoup – comme Juppé – sont déjà cul par-dessus tête, la mine défaite, le cheveu en pétard, sur les bas-côtés.

 François Fillon est, pour le moment, bien accroché sur le porte-bagages – il faut dire que ceux qui ont décidé de croire en lui l’y ont ficelé presque malgré lui. 

De toute façon, sur quelle trottinette plus plan-plan irait-il ? Ses seuls amis sont là. 


Mais qu’il ne donne quand même pas trop de coups de frein intempestifs, ou il risque de finir, lui aussi, dans le fossé.

http://www.bvoltaire.fr/gabriellecluzel 


ET AUSSI


Auriez-vous la mémoire courte ?

Ancien officier de Gendarmerie

Diplômé de criminologie et de criminalistique

 
J’avoue être surpris quand je vois des auteurs de Boulevard Voltaire vouloir sauver le soldat Fillon, le soutenir bec et ongles au nom de la défense de la vraie droite et larmoyer sur cette pauvre Penelope, recluse dans son château. Messieurs, je vous le dis : attention, auriez-vous la mémoire courte ?


Souvenez-vous, pour les plus âgés, à la suite des attentas du GIA algérien à Paris, Charles Pasqua, en 1986, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, déclarait : « Il faut terroriser les terroristes, car la guerre est engagée. » Pourtant, le combat contre l’islamisme est toujours aussi présent, il n’a pas été éradiqué, il a simplement muté en sortant du simple cadre algérien.


Souvenez-vous, en juin 1991, au cours d’un dîner-débat du RPR, Jacques Chirac prononçait un discours particulièrement explosif :
« Notre problème, ce n’est pas les étrangers, c’est qu’il y a overdose. Il est certain que d’avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d’avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français, qui habite à la Goutte-d’Or, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15.000 francs, et qui voit sur le palier, à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50.000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [Applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur [rires nourris], eh bien, le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. Nous n’avons plus les moyens d’honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s’impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s’il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d’une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu’ils ne paient pas d’impôts ! […] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu’il y a un problème de l’immigration. »

Jean-Marie n’aurait pas dit mieux, il aurait même été moins féroce. 

Résultat néant : rien n’a été entrepris et l’immigration continua de plus belle ! Souvenez-vous, Sarkozy, le 19 juin 2005, dans la cité des 4.000 à la Courneuve : « Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu’il faudra, mais ça sera nettoyé. » 
 Interpellé quelques jours plus tard à l’Assemblée sur le sujet, il persiste et signe : « Il faut nettoyer le quartier des trafics et des délinquants, réitère-t-il, avant d’ajouter : « Je ne retire rien. Je ne regrette rien. Je ferai ce que j’ai dit et nous aurons des résultats. Cela prendra le temps qu’il faudra. »

Hélas, cinq mois plus tard, les banlieues s’embrasaient et, douze ans après, il y a toujours plus de zones de non-droit. Quant au fondamentalisme, il se porte à merveille dans les quartiers.


Ce que n’ont pas compris certains, c’est que la droite n’a pas de volonté affirmée quand il s’agit de l’immigration et de l’islamisme. Dès que la gauche et les « racailles » s’opposent à ses mesurettes et descendent dans la rue, la droite abdique et, comme la seiche, lâche son écran de fumée avant de reculer et de fuir.

Les mots de François Fillon, dimanche sur France 2, en apportent d’ailleurs la preuve : « Ma principale adversaire, c’est madame Le Pen » (il n’a cité ni Macron ni Hamon). Ne vous illusionnez pas : le candidat de la droite se pliera comme ses « illustres » prédécesseurs au politiquement correct s’il accède en mai au pouvoir.

Bd Voltaire