Google+ Badge

vendredi 31 mars 2017

LE COMMUNIQUÉ DE L' INSTITUT POUR LA JUSTICE !




Chère Madame, cher Monsieur,
Chers amis,

Hier, vous avez dû lire dans la presse comme moi, que les chiffres de la population carcérale n’ont jamais été aussi hauts : 69 430 personnes incarcérées en France.
Il est vrai que cela représente du monde. Imaginez les populations de villes comme Bourges, Béziers ou Issy les Moulineaux enfermées dans des prisons.

MAIS, en fait, j’ai surtout été agacée hier car, dès lors que l’on parle de prisons, vous et moi (les honnêtes gens) sommes automatiquement culpabilisés par des médias bien-pensants qui nous décrivent en long, en large et en travers, « l’enfer carcéral ».
Attention, il m’arrive bien sûr d’être d’accord avec eux lorsqu’ils décrivent les conditions de vie réellement dégradantes dans certaines prisons. Mais, il ne faut en effet pas confondre confort et dignité.

Allons plus loin : malgré tout ce qui a été fait pour l’humaniser, la prison reste assez effrayante pour les gens ordinaires.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Sa raison d’être est de regrouper, de punir et de neutraliser des individus qui se sont rendus coupables (souvent à répétition) de crimes et de délits parfois très graves. Elle est évidemment effrayante, à moins d’être un criminel endurci.

Et c’est très bien ainsi !

Les médias semblent en effet oublier que, pour beaucoup de gens, c’est aussi cette description peu engageante de la prison qui fait partie des raisons pour lesquelles on fait en sorte de ne jamais y aller ! Son existence permet de dissuader les citoyens d’enfreindre la loi et de commettre les infractions les plus graves.

DISSUASION.

Voilà un concept qui n’intéresse pas beaucoup nos médias-faiseurs-de-tendances. Et pourtant, cela relève du bon sens. Prenons un exemple : lorsque vous étiez enfant, et probablement plusieurs fois, vous avez eu la tentation de faire une bêtise (voler quelque chose, casser les jouets de vos frères et sœurs, désobéir …).

MAIS vous ne commettiez pas cette bêtise, freiné(e) par la perspective de recevoir une sanction, probablement méritée, mais absolument pas voulue ! Et de fait, vous vous teniez tranquille pour le plus grand bonheur de votre entourage.

Il en va de même pour la prison. Cette sanction a une fonction très importante, car la crainte qu’elle suscite permet d’éviter à certains de choisir le chemin de la délinquance.

Revenons plus précisément à nos prisons. Nous disons donc 69 430 prisonniers pour à peu près 58 600 places de prison. Je ne suis pas très forte en mathématiques, mais il me semble que cela fait surtout appel au bon sens….

Les spécialistes nous disent que puisque 5000 places sont inoccupées, pour des raisons techniques de rotation, il y a non pas 10.000 mais 15.000 détenus en surnombre !

Et comme si cela n’était pas assez, il existe 100.000 peines de prison qui sont en attente d’exécution.

C’est pour cela que de nombreuses peines ne sont jamais exécutées.

C’est pour cela que de nombreuses peines sont transformées en des peines plus légères.

Et c’est pour cela que de nombreuses peines sont mises très tardivement à exécution.

Vous comprenez donc, tout comme moi, pourquoi la justice ne peut pas être crédible avec ce fonctionnement !

Laissez-moi vous donner quelques raisons qui expliquent pourquoi la surpopulation carcérale est un problème :

     -    Parce qu’en ayant trop de monde dedans, l’administration pénitentiaire est amenée à laisser des délinquants en liberté. J’ai notamment en tête l’exemple d’un délinquant placé sous bracelet électronique qui ne pouvait pas faire plus de 300 mètres autour de chez lui sous peine d’être signalé à la police.

Aucun problème, il a installé son trafic de crack et d‘héroïne au pied de son immeuble, avec un blanc-seing de la justice !

     -    Parce qu’il faut absolument faire travailler les prisonniers, leur donner des horaires, des cadres, des règles pour (re)mettre dans le droit chemin des gens qui en sont sortis.

Les remettre sur des rails, c’est nous mettre en sécurité. Il vaut 1000 fois mieux qu’un détenu ressorte de prison en ayant acquis la volonté de se racheter, au contact de personnels efficaces et dans un cadre non violent… et pour cela, il faut qu’il y ait suffisamment de places en prison !



N’oublions surtout pas qu’au bout de la chaîne, il y a d’innocentes victimes qui croisent la route d’un malfaiteur un jour et qui en sont marquées pour le reste de leur vie ….

Pour toutes ces raisons, et vous le savez, à l’Institut pour la Justice, nous réclamons plus de places de prison.
 Nos estimations nous poussent à penser qu’il faudrait de 20 000 à 30 000 places supplémentaires pour réguler la surpopulation et les peines en attente d’exécution.

Et nous avons déjà eu quelques satisfactions par le passé, en 2012 notamment.

Mais le quinquennat qui s’achève avec son lot de calamités nous laisse bien pauvres. Il y a même moins de places de prison que l’année dernière !

Fermer des prisons ? Est-ce vraiment la meilleure idée dans la situation actuelle ?

Alors même que nous sommes plus menacés que jamais par le terrorisme islamiste et que, d’après les sondages, trois Français sur quatre trouvent que la situation en matière d’insécurité s’est dégradée depuis cinq ans …

La solution de l’autruche semble en tout cas assez populaire chez nos candidats à la présidentielle !

Voyez-ci-dessous, nous avons voulu faire un récapitulatif de ce qu’ils proposent pour les prisons. En fait, il faut retenir :

     -    Que plus de la moitié des candidats trouvent que le statu quo est la meilleure solution

     -    Que certains font carrément du zèle en promettant beaucoup. Plus qu’ils ne pourront tenir ?

     -    Que notre sécurité ne semble pas vraiment les intéresser. Pour preuve, le débat entre les cinq candidats lundi 20 mars, j’ai chronométré : sur 3h12, le chapitre sur la justice et la sécurité n’a duré que 17 minutes, soit à peine plus de 3 minutes par candidat.


N’hésitez pas à envoyer cette infographie à vos proches par email ou sur les réseaux sociaux ; elle est simple, rapide à consulter et très instructive !

Avec tout mon dévouement,

Laurence Havel