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jeudi 30 mars 2017

L' ISLAM DE FRANCE ET LA CHARTE DE L' IMAM ???

30 mars 2017



Après la promulgation de la «Charte de l'imam» par le CFCM, cinq fédérations musulmanes accusent le conseil d'avoir procédé à une «officialisation de documents de travail non encore adoptés» (ici la Mosquée de Paris).
La publication, mercredi, par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) d'une «Charte de l'imam» a provoqué, jeudi, une motion de défiance de la part de deux très importantes fédérations, l'UOIF et la Mosquée de Paris, qui mettent en cause le président du CFCM.

Moins de 24 heures après la promulgation, ce mercredi, de la «Charte de l'imam» par le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM), le torchon brûle déjà entre les fédérations musulmanes.

Cinq d'entre elles - et pas les moindres puisqu'il y a la Mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) - accusent jeudi le président du CFCM, Anouar Kbibech, d'être allé trop vite en besogne en publiant «deux documents de travail, pourtant encore en cours d'élaboration».

Par communiqué cosigné par la Confédération islamique Milli-Görüs (CIMG) , le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP), l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et l'organisation Foi et Pratique, on reproche au CFCM d'avoir procédé à une «officialisation de documents de travail non encore adoptés» et «en l'absence des représentants de nos fédérations.»

Ces organisations ont ensuite fustigé Anouar Kbibech, le président du CFCM qui fut décoré le 28 février dernier de la légion d'honneur, à Matignon, par le Premier ministre, Bernard Cazeneuve. «Nous, fédérations musulmanes signataires du présent communiqué, rejetons avec force les méthodes employées par le président du CFCM qui, dans sa volonté de publier coûte que coûte sa charte de l'imam, s'est autorisé à nous citer comme signataires de ladite charte sans nous consulter ni se soucier de notre avis.», se sont-elles écriées.

«Nous avons considéré que le texte convenait à tous»

Les auteurs de cette charge virulente assurent qu'ils ont «toujours cherché à éviter toute précipitation sur ce sujet et toute injonction à vocation politique» et demandent que «la gestion des affaires du culte musulman en France se fasse dans le respect des règles statutaires du CFCM et reste toujours animée par l'esprit de collégialité et de concertation, loin de toute influence partisane et politique».

Joint par le Figaro, le président du CFCM, Anouar Kbibech, d'origine marocaine, dont le mandat se termine à la fin du mois de juin prochain, «trouve étonnante cette démarche commune» à son encontre.
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Le CFCM n'a aucun pouvoir réel sur les fédérations dont il dépend

En attendant, le projet de «charte de l'imam» du CFCM, très innovant et inédit, est compromis puisque le Conseil Français du Culte Musulman qui rassemble plusieurs fédérations de sensibilités et d'origines nationales opposées, n'a aucun pouvoir réel sur les fédérations dont il dépend.
L'un des articles phare de cette Charte devait marquer «l'attachement profond» de l'imam «aux valeurs universelles qui fondent notre République ainsi que l'attachement au principe de laïcité, garant de la liberté de conscience et du respect de la diversité des convictions et des pratiques religieuses». 

«L'imam exerce sa mission dans le respect des valeurs et des lois de la République», insistait le texte.

Cette nouvelle crise des instances musulmanes illustre au moins deux évidences. 

Il est clair, d'un côté, que le président du CFCM, Anouar Kbibech, en fin d'un mandat marqué par la crise des attentats mais aussi par une forte volonté de faire avancer la cohésion et l'organisation des instances musulmanes, a voulu accélérer le processus avant son départ mais aussi avant les élections présidentielles.

Mais il est tout aussi clair que la Mosquée de Paris - et Dalil Boubakeur, qui a présidé à plusieurs reprises le CFCM - a décidé de jouer la montre en attendant le résultat de l'élection présidentielle. 

Ainsi, la Mosquée de Paris, très proche de l'Algérie, avait déjà fait notoirement obstruction, le 22 février dernier, au projet de «Fondation pour l'islam de France», voulu par l'actuel gouvernement et présidé par Jean-Pierre Chevènement.

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Malaise. Dans une enquête Ipsos pour France Télévisions et Radio France, 61% des sondés estiment que la religion musulmane telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui dans notre pays n’est pas compatible avec les valeurs de la société française.

Le sondage, réalisé par Ipsos / Sopra Steria, porte sur les “rapports des Français à la place de la religion et la laïcité dans la campagne présidentielle”.

 Une question est posée à l’échantillon sondé sur la compatibilité entre le christianisme, le judaïsme et l’islam et les valeurs de la société française.

“En pensant à la manière dont chacune des religions suivantes est pratiquée en France”, les personnes interrogées doivent dire si ces religions sont compatibles ou non avec notre société.

Le résultat est sans appel et prouve le malaise qui entoure la question de l’islam en France. Pour 61% des personnes interrogées, la religion musulmane n’est pas compatible avec notre société.

Parmi ceux-là, 34% pensent qu’elle n’est “plutôt pas compatible” et 27% “pas du tout compatible”. 


En comparaison, 94% des Français estiment que la religion catholique est compatible, donc 47% “tout à fait compatible”. 

La religion juive est aussi jugée conciliable avec nos valeurs par 83% des sondés.

source     http://www.citoyens-et-francais.fr/2017/03/